mercredi 27 janvier 2010

Réécriture Chant IX

Voilà la réécriture du Chant IX (les Cyclopes)
-Morgane, Élodie, Alice, Amanda-

" (L'ingénieux Ulysse alors lui répondit:)
« Nous reprîmes alors la mer avec tristesse,
heureux d'être vivants mais pleurant nos compagnons morts.
Nous atteignîmes un pays de hors-la-loi, les Cyclopes.
Ils habitent le haut des plus hautes montagnes
en des antres profonds.
Lorsque parut la fille du matin, l'aube aux doigts roses,
je réunis mes gens et je leur déclarai:
« Restez ici pour le moment,
Moi avec mon bateau et mes seuls compagnons,
j'irai sonder ces gens, apprendre qui ils sont,
si ce sont des violents et des sauvages sans justice
ou des hommes hospitaliers, craignant les dieux. »
Sue ces mots je montai à bord, et j'invitai mes gens
à monter à leur tour et à larguer l'amarre.
Mais comme nous touchions à cette terre peu lointaine,
au bout du cap, nous vîmes une grotte sur la mer.
Là vivait un géant.
C'était un monstre gigantesque.
Bientôt nous arrivâmes à son antre; il n'était pas
chez lui car il menait ses gras troupeaux dans les pacages.
Il rentra, nous aperçut et nous demanda:
« Qui êtes-vous? D'où venez vous? »
A ces mots, notre cœur éclata,
effrayés par sa voix profonde et sa grande taille.
Néanmoins je luis dis en guise de réponse:
« Nous sommes des Achéens venant de Troie.
Nous voici donc à tes genoux
dans l'espoir que tu nous accueilles et que, de plus,
tu nous fasses un don, selon la coutume des hôtes. »
Je dis. Ce cœur cruel ne me répondit rien
mais, sautant sur mes gens en étendant les bras,
il en pris deux d'un coup, et comme de chiots, sur le sol
les assomma. La cervelle en giclant le sol mouilla le sol.
Découpés membre à membre, il en fit son souper.
Il les mangea sans rien laisser, entrailles, chair et os remplis de moelle.
Puis, lorsque le Cyclope eut bien rempli sa vaste panse de chair humaine,
il s'étendit dans l'antre.
Lorsque parut l'aube divine
il fit sortir ses gras troupeaux,
sans peine déplaçant la grande porte,
puis il la ferma sur nous comme un couvercle
et je restais à chercher ma revanche.
Or voici le projet que mon cœur jugea le plus sage:
Nous aiguisâmes un pieu d'olivier,
ensuite j'ordonnai à mes gens de tirer au sort
celui qui oserait avec moi le soulever
et le tourner dans l'œil quand le doux sommeil le prendrait.
Vers le soir le cyclope revint, ramenant ses brebis laineuses.
Puis, soulevant l'énorme bloc il, il en boucha l'entrée.
Il attrapa deux autres de mes gens pour son repas.
C'est alors que j'approchai pour lui parler,
tenant entre mes mains la jatte de vin noir:
« Tiens Cyclope, bois ça pour arroser ces chairs humaines. »
Il prit la jatte, la vida, le doux nectar
le ravi à tel point qu'il en redemanda:
« Sois gentil, donne m'en encore, et dis moi ton nom,
que je te fasse un cadeau qui te plaise! »
Ainsi dit-il, trois fois je l'en servis, et trois fois l'imprudent le but.
Puis, quand le vin lui eut embrumé les esprits,
je lui soufflai ces mots aussi doux que du miel:
« Je m'appelle Personne , et Personne est le nom
que mes parents et tous mes autres compagnons me donnent. »
A ces mots, il repartit d'un cruel cœur:
« Eh bien, je mangerai Personne le dernier
et les autres d'abord. Voilà le don que je te fais! »
Le sommeil le gagna, de sa gorge du vin jaillit
et des morceaux de chair humaine.
Mes compagnons, s'emparant du pieu d'olivier acéré,
l'enfoncèrent dans l'œil; moi, appuyant par en dessous,
je tournai.
Ainsi, tenant dans l'œil le pieu affûté à la flamme,
nous tournions, et le sang coulait autour du pieu brûlant.
Partout sur la paupière et le sourcil grillait l'ardeur
de la prunelle en feu; et ses racines grésillaient.
Il poussa un rugissement, la roche en retentit,
nous nous enfuîmes apeurés; alors, il arracha
le pieu qu'un sang nombreux salissait de son œil.
En entendant ses cris, les Cyclopes habitant les grottes des alentours
accoururent de partout et, demeurés dehors, lui demandèrent se ennuis:
« Quel mal t'accable Polyphème, pour que tu cries ainsi
dans la céleste nuit, et nous empêche de dormir?
Serait-ce qu'on te tue par la ruse ou la force? »
Du fond de l'antre, le grand Polyphème répondit:
« Par la ruse, et non par la force, amis! Mais qui me tue? Personne! »
En réponse, on lui dit ces paroles:
« Si tu est seul et si nul ne te fait violence,
contre la maladie qui vient de Zeus, on ne peut rien. »
Ils s'éloignèrent sur ces mots, et mon âme riait
de les voir abuser par mon nom et par ma personne.
Le Cyclope geignant et torturé de douleur,
Vint enlever en tâtonnant le bloc d'entrée.
Sans bruit, je liai mes hommes sous des béliers d'épaisse toison.
Les bêtes aussitôt bondirent vers le pâturage.
Embarqués promptement
mes compagnons frappèrent de leur rame la mer grise.
Mais, quand on se trouva à la portée d'un cri,
je lançai ce discours moqueur à Polyphème:
« Cyclope, si jamais quelque mortel
t'interroge sur ta cécité,
dis-lui que tu la dois à Ulysse, Fléau des villes,
fils de Laërte et noble citoyen d'Ithaque! »
A ces mots, il me répondit en gémissant:
« Hélas! Voilà les vieilles prédictions réalisées!
Il y avait ici un noble et grand devin.
C'est lui qui me prédit que des mains d'Ulysse je perdrait la vue...
Mais moi je m'attendais à voir venir ici
un grand et beau guerrier, doué d'une extrême vigueur:
et c'est un petit homme, un lâche, un rien du tout
qui vient me crever l'œil en me noyant de vin!
Mais viens un peu, ami, que je te fasse mon cadeau!
Je demanderai ton retour au Maître de la terre, il est mon père. »
A ces mots, il pria le seigneur Poseidon.
« Écoute Poseidon , Maître des terres!
Si je suis vraiment ton fils, toi qui prétend m'avoir fait
empêche de rentrer chez lui cet Ulysse, Fléau des villes!
Mais, si son sort est de revoir les siens,
de revenir dans sa belle demeure et sur le sol de son pays,
que ce soit après bien de maux, tous ses compagnons morts,
pour trouver chez lui d'autres peines! »
Telle fut sa prière, et le dieu sombre l'exauça. "

Si vous en pensez quelque chose, dites-le! :)

3 commentaires:

  1. J'en pense que c'est très bien (un peu long ?).
    Mais qu'on aimerait voir comment se répartissent les voix (narrateur, personnages) et les comédiennes (qui prend en charge quoi ?) et même avoir le découpage et le document de travail.
    Bref, votre partition à vous.
    Mais bon, c'est déjà pas mal.
    On attend d'ailleurs avec impatience le texte ou la partition des autres groupes... (notamment du groupe Calypso et du groupe Les Dieux)

    RépondreSupprimer
  2. Bonsoir, je publie notre texte sous forme de commentaire (désolée, mais mon ordi refuse me laisser devenir une des contributrices du blog). Vous l'avez vu mardi dernier, mais je vous le remet quand même, au cas où vous auriez une remarque éventuelle à nous faire quant à la longueur du texte :
    Panneau 1 : Tandis qu'Ulysse l'endurant dormait là bas
    Panneau 2 : Nausicaa, fille du généreux Alcinoos, escortée de ses servantes
    Panneau 3 : Arriva au cours du beau fleuve pour laver le linge le plus sale.
    Panneau 4 : Attendant que le linge sèche aux feux du Soleil, elles jouèrent.
    Panneau 5 : Ulysse s'éveilat et émergea des broussailles, une branche de figuier pour cacher sa virilité.
    Panneau 6 : Seule resta l'enfant d'Alcinoos.
    Panneau 7 : "Suivantes, demeurez ! Ce n'est qu'un naufragé malheureux ! Donnez lui une tunique et lavez-le dans le fleuve en un lieu abrité du vent !"
    Panneau 8 : "On dirait un des maîtres des vastes ciels !"
    Panneau 9 : Approche étranger ! Je te mène au Palais de mon sage père.

    RépondreSupprimer
  3. Le texte me va très bien.
    Il aurait été bien que vous proposiez aussi le synopsis complet de votre travail en associant aux panneaux la description succincte des séquences jouées.
    Il vous faut aussi réfléchir à la réalisation concrète de ces panneaux, qui doit être soignée, et à la manière de les introduire : qui les présente ? Comment ?

    RépondreSupprimer