jeudi 14 octobre 2010

Extrait d'analyse de Pacifique Nasser Martin Gousset par Marine


Novarina me fait penser à un eccyclème humain pour la présentation des cadavres d'Agamemnon et de Pacifique de Nasser Martin Gousset est une démonstration de danse. Dans cette représentation on trouve comme principaux thèmes ceux du James Bond des années 70, celui de l'eau et de l'identité.

L'approche de la vague:

Au début de la représentation nous entendons une sirène de caserne de pompiers retentir. Nous avons ici une alerte donnée. Cette alerte plonge le spectateur dans un moment d'attente, retenu par cette alarme angoissante. Il s'attend à quelque chose, car l'alarme ici peut remplacer les 3 coups au théâtre. La chorégraphe nous donne l'illusion d'être au cinéma. Le film commence. On voit alors une forme de mise en abîme du théâtre dans le théâtre, ou ici du cinéma. Nous plongeons vers le reflet de la vie. Vie factice remplie d'apparences trompeuses. Pacifique est le reflet de notre vie. Elle reflète comme l'eau peut prendre la fonction de miroir. Mais dans une eau agitée tel que dans l'océan Pacifique regarder ne suffit par car le reflet reste abstrait, déformé. C'est pourquoi il nous faut nous immerger totalement. Cette alarme prend alors l'allure d'un conseil: "Prenez votre respiration, nous allons bientôt plonger." Cette alarme implique donc le spectateur dans la représentation, elle le prévient de l'arriver de la vague qui se prépare à s'abattre sur nous.

La traversée de la vague:
Nous passons ensuite sur le bateau où sont introduits des mannequins qui font guise de partenaires. Ceci incite l'aspect du faux. Les relations ne sont que des couvertures, des camouflages. Le fait que les mannequins ne tiennent pas sur leurs pieds montre qu'ils jouent bien un rôle de marionnettes. Introduisant le thème du déséquilibre tout comme la catastrophe du bateau qui coule. Le bateau de rêve se transforme en cauchemar. La réalité refait surface. Les personnages sont confrontés à la rampe sur le plan physique et à la vague sur le plan psychologique. Ils perdent l'équilibre. Ce qui avant était leur élan leur tremplin, sur lequel ils étaient à l'aise devient leur calvaire. Ils ne parviennent pas à remonter la pente, à traverser la vague. La réalité est trop dure. Ils chutent. Ce déséquilibre montre la finesse de l'épaisseur entre le factice et le réel. Le déséquilibre, la chute, démasque et peu nous ramener dangereusement à la réalité. Ce retour brutal mime le mouvement de la vague lorsqu'elle s'écrase sur nous. La claque de l'eau lorsqu'elle s'abat, c'est la claque de la réalité qui nous rattrape. La traversé de la vague est une étape dangereuse, et difficile.

Pacifique est une belle leçon de vie. Notre monde est rempli de mascarades et d'apparences superficielles. Pacifique est la métaphore des péripéties de l'océan de la vie. Pacifique exprime l'étroitesse entre le réel et le superficiel. Il n'y a qu'un pas pour passer de l'autre coté, mais la réalité est beaucoup plus dure à affronter lorsqu'elle nous rattrape.


Tableau de Joseph Mallord William Turner (Tempête de neige en mer) cassandre

1 commentaire:

  1. Oui, Marine, c'est comme cela qu'il faut procéder : publier une synthèse de votre travail sur quelques points essentiels dans ce volume-là à peu près. En profiter pour la remanier, l'approfondir ou la préciser, en vous appuyant notamment sur mes remarques de correcteur.
    L'exemple proposé ici est parfaitement conforme aux attentes - fautes d'orthographe exceptées....

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