jeudi 7 avril 2011

Journal de Bord - Séance du 07/04

Durant la première heure, nous avons comme à chaque début de séance fait le point sur notre travail, tout en profitant du soleil dans la cour du lycée. Dans un premier temps nous avons parlé du tissu à utiliser pour notre projet, qui doit de préférence être légé. Puis nous avons abordé le sujet de l'insertion de Matamore dans notre travail, puisque je le rappelle, notre travail consiste à construire un projet cohérent d'un point de vue dramaturgique à partir de trois œuvres théâtrales différentes : L'Acte Inconnu de Valère Novarina, Agamemnon d'Eschyle et enfin l'Illusion comique de Pierre Corneille. Matamore qui est un personnage masqué de la comedia dell'arte participerait donc à la production générale en tant qu'ouvrier du drame, mais s'en échapperait parfois en prenant le contrepoint de ce qui se joue. En effet, Matamore est un vantard, un fanfaron qui pourrait être une figure parodiée du personnage d'Agamemnon, de l'Agamemnon qui justement jusqu'ici était "absent" dans notre travail (si ce n'est lorsqu'on voit son cadavre et celui de Cassandre). De plus Matamore aurait de la peinture sur le visage , comme les autres personnages: mais il reste encore à trouver de quelle couleur serait la peinture et de quelle manière l'étaler. Personnellement je pense que le jaune et le rouge sont des couleurs primaires qui iraient parfaitement au personnage de Matamore, rappelant à la fois la comedia (couleurs vives) et le personnage d'Agamemnon. Matamore pourrait être "masqué" de peinture sur tout le haut du visage, ne laissant apparaître que la bouche (puisque Matamore est un personnage du langage), ou encore même l'inverse. Nous avons ensuite fait la distribution de la conduite de travail et donc nous avons pu prendre du recul et avoir un regard global sur là où nous en étions. Nous avons notamment fait la distribution du personnage de Matamore :
- le premier Matamore, pris en charge par Assia apparaîtra lors de l'énumération des créatures Novariniennes faite par Agnès dans la première partie.
- le deuxième Matamore, pris en charge par Valentine apparaîtra en fait comme une figure parodiée du personnage d'Agamemnon, à son retour de Troie : puisqu'il s'agit d'un moment épique et que c'est à ce moment là que Matamore se vante de ses "prouesses" guerrières. La parole donc à la fois burlesque et épique du personnage donnera à voir au spectateur un Agamemnon parodié, vantard, et cela établira en même temps un lien entre les différentes pièces (=cohérence).
- le troisième Matamore, pris en charge par moi-même, apparaîtra de nouveau comme une figure parodique du personnage d'Agamemnon, juste avant les premières Clytemnestre. Il s'agirait donc de faire apparaître/naître un Agamemnon fanfaron, qui se vante et parle de ses conquêtes suprêmes (comme Cassandre).
- le quatrième Matamore, pris en charge par Margot, précédera l'épisode des Cassandre. Il s'agit du discours menaçant que Matamore lance à Clindor dans l
'Illusion comique, mais qui ici serait à destination de Cassandre, puisque l'étrangère va être violemment tuée par Clytemnestre par la suite.
- enfin le dernier Matamore, pris en charge par Elodie, apparaîtra avant les scènes de massacres en prononçant un discours de peur et de fuite annonçant donc bien ce qui arrive.
Nous nous sommes également posé une question cruciale à propos du personnage de Matamore qui est : comment le jouer ? Je pense que la réponse à cette question nous viendra en travaillant sur le plateau, et chacune de nous (Assia, Margot, Valentine, Elodie et moi) devra trouver son propre Matamore. Mais nous avons tout de même établit une "contrainte" qui est qu'il faut démarrer à partir du plateau pour jouer Matamore : comme si il naissait en quelque sorte du plateau. Pour conclure, nous avons parler du stage qui approche maintenant à grands pas et du matériel dont nous aurons besoin une fois là-bas : tout d'abord du matériel d'enregistrement pour l'éloge théâtrale finale qui sera un assemblage/un mix de toutes nos voix, puis des draps et de la peinture en suffisance (peinture que nous aurons distribuée et mise en bouteilles le 28 avril).

Puis nous sommes passés à la pratique lors des deux dernières heures, et nous avons complètement traversé le Novarina 2 (soit la seconde partie du travail sur Novarina). En effet, sans prendre la peine de nous échauffer, nous avons repris le travail de Novarina là où nous l'avions laissé, et nous avons fait comme si on reprenait tout à zéro. Pour ma part j'avais une petite appréhension par rapport à ce qui allait se passer sur le plateau, or je pense que chacune de nous a finalement bien compris comment se pratiquait le théâtre de Novarina (notamment grâce au exercice de diction de la semaine précédente). De plus, n'ayant pas de partition à charge dans cette partie du travail j'ai pu beaucoup observer les autres ; ce qui fut à la fois plaisant et intéressant. Lorsque l'une d'entre nous entrait en jeu, elle s'appropriait directement le plateau et l'espace, en étant très engagé. Nous étions en fait pendant ces deux heures en plein travail de création. En arrivant sur le plateau, il ne fallait plus penser à son texte , mais au contraire se laisser emporter par celui-ci et voir où cela nous conduisait. Pour jouer Novarina, il faut en quelque sorte s'abandonner sur le plateau ; nous devons trouver notre "monstre" novarinien, laisser parler notre imagination, notre corps. De plus, il fallait pouvoir entrer sur le plateau à n'importe quel moment du jeu : ainsi chacune de nous était présente, attentive et réactive à ce qui se passait sur le plateau. De ce fait, de belles propositions sont nées comme par exemple lorsque Assia en jouant sa partition de texte se retourna vers Clémence, qui réagit alors instinctivement, comme si ce qu'elle venait de dire lui était adressait, en faisant un bond sur sa chaise et en poussant un petit cri. Il fallait notamment être en jeu dès que l'on entrait sur plateau et ce qui était intéressant était de voir par quelle extrémité de notre corps nous pouvions entrer, et dans quel dynamique. Je pense alors à la proposition de Cynthia qui entrait sur le plateau en étant comme "guidé" par son doigt : le reste de son corps ne faisait que suivre son doigt, ce qui tout en créant quelque chose de l'ordre rythmique/chorégraphique provoquait également le rire. Pour jouer Novarina, il ne faut pas penser avec notre tête mais avec notre corps. Il ne faut notamment pas hésiter à entrer sur le plateau même si ce n'est pas encore à notre tour de jouer : notamment comme ce fut le cas pour Marine, Nataly et moi-même qui n'avions pas de partition de texte dans cette partie. Après avoir traverser entièrement le Novarina 2 nous l'avons refait à nouveau et cette fois nous devions toutes les trois tenter d'intervenir. J'avoue qu'au début je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire et cela m'est en fait venu naturellement. Lorsque Assia s'est levée et est entrée en jeu je l'ai suivi comme une sorte de "double", je copiais exactement chaque geste et expression qu'elle faisait, et un jeu se créa donc entre nous. Puis je fus moi-même surprise par Amanda qui entra en scène juste après et se mit à "jouer" avec moi : une seconde proposition naquit alors à la suite de celle que j'avais avancée. Mon corps ne faisait que suivre le rythme, le mouvement et je ne pensais strictement à rien: j'offrais simplement des propositions de jeu. Enfin, ayant toutes très bien compris "le système" du théâtre Novarinien, nous avons même eu le temps de commencer à travailler le Novarina 3 (que nous reverrons entièrement lors de la prochaine séance), pour lequel de belles propositions sont nées également, notamment avec le chien. Pour jouer Novarina il ne faut donc pas hésiter à prendre des risques, cela ne peut-être que bénéfique à la progression du travail et à notre propre progression en tant que comédienne : c'est un travail collectif et de création (infinie). Je pense que cette séance fut très constructive, et j'y ai personnellement pris beaucoup de plaisir ( que se soit en tant que comédienne ou en tant que spectatrice). Je pense que nous avons beaucoup progresser et avancer dans le travail lors de cette séance.

1 commentaire:

  1. C'est une très bonne contribution, Laurine, qui pointe bien les enjeux du travail d'un point de vue dramaturgique et analyse très finement l'expérience novarinienne.... mais que de fautes ! Avec une simple relecture, je suis sûr que tu peux en corriger les trois quarts.
    N'oubliez pas que vous êtes des élèves de L et que le/la professeur(e) du jury sera certainement chatouilleux/se sur ce point.

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