Voici quelques tissus que je suis allée chercher chez Mondial Tissus hier pour la scène du Banquet chez Alcinoos.
Je pensais mettre celui avec les têtes de Boudha sur les rideaux du fond ... ?!
Voilà voilà.
le blog de la 1L et de la TL théâtre du lycée Montesquieu d'Herblay







Peter Lorre dans M le Maudit, Firtz Lang, 1931
2. La question scénographique
Décrivez le dispositif scénographique.
Montrez la différence des partis pris scénographiques concernant la représentation de la foire et des attractions foraines entre Simons et Koek d'une part et Demarcy-Motta d'autre part : quelle(s) place(s) nouvelle(s) tiennent les attractions, les manèges, les échoppes et le moment de l'exhibition des monstres de foire ? Comment interprétez-vous ce choix ?
Il est intéressant aussi de réfléchir sur l'importance de certains figures géométriques dans la scénographie : montrez notamment l'importance du cercle, figure particulièrement déclinée, et commentez sa signification.
Commentez l'épisode du cheval.
L'échafaudage qui occupe le fond de scène est surmonté de fils barbelés : comment l'interprétez-vous ?
3. La musique, le son, les chansons
Quelle place tiennent-ils dans la pièce ?
Les chansons vous paraissent-elles apporter joie, harmonie, légèreté ?
Pendant que vous vous gelez les pieds et le coeur dans la boue d'Oradour,"Quel voyage ! Quand vous sortez du Théâtre du Soleil, après avoir vu les quatre heures des Naufragés du Fol Espoir, vous êtes secoué, pensif et comblé, comme après une lecture qui vous a emmené dans une enfance ouverte à tous les vents du voyage, au bout du monde et de l'utopie, avec "de l'inconnu, de l'amour, de l'aventure, de l'ambition, du danger, de l'amitié", comme l'annonce le programme.
Mais il y a beaucoup plus : ce sentiment de bonheur extraordinaire que donne le théâtre quand il est porté par un élan collectif comme celui du Soleil. Un élan capable de tout réinventer devant les spectateurs, l'enfance de l'art, le mouvement de la vie, l'envol des idées, et des images, des images, mamma mia !, aussi belles que celles de Jules Verne, dont la lecture a inspiré le spectacle d'Ariane Mnouchkine.
Les Naufragés du Fol Espoir empruntent leur titre aux Naufragés du "Jonathan", un roman difficilement trouvable (sauf par Internet), signé Jules Verne mais écrit par son fils Michel, d'après En Magellanie (Folio n° 3201), un manuscrit laissé par son père à sa mort, en 1905, et jugé trop noir par l'éditeur Hetzel. Ariane Mnouchkine et Hélène Cixous, coauteur du spectacle, se sont inspirées de ces deux livres, tout en puisant aussi dans Le Phare du bout du monde (Folio n° 4036). Mais le spectacle est totalement celui de la troupe, qui navigue entre la Terre de Feu et une guinguette bien française, Le Fol Espoir, le 29 juin 1914.
"Jamais jour n'avait été aussi lumineux !", dit une voix off. Eh oui, rien ne semble alors devoir arrêter le progrès : chaque jour apporte son lot de nouveautés - zeppelin, chemin de fer, téléphone, gramophone et cinéma, cet art naissant dont est fou Félix, le patron du Fol Espoir. Cet homme enthousiaste prête le grenier de sa guinguette à Jean, qui veut réaliser un film. Jean ne doute pas que l'art a sa part dans le grand mouvement vers l'avenir, où l'espoir de la fraternité s'ouvre aux nouvelles générations. Il se lance dans son entreprise : tourner l'histoire d'émigrants partis en bateau de Cardiff, en 1895, pour rejoindre l'Australie, et échoués en Terre de Feu, dans un désert d'eau et de glace.
Ainsi, le plateau du Soleil est porté par un double mouvement, liant le théâtre et le cinéma. Et c'est merveille de voir comment tout cela s'agence et avance. Il n'y a rien dans le grenier de la guinguette. Il faut bricoler des décors, trouver les comédiens, dompter la technique. Tout le monde s'y met, accrochant des filins à des poulies, tirant des décors peints, inventant mille astuces. La première scène montre Rodolphe de Habsbourg dans le pavillon de chasse de Mayerling, en Autriche, en 1889. Il est assassiné à cause de son credo révolutionnaire, qu'il partage avec son ami Jean Salvator : "Au XXe siècle, il y aura une nation extraordinaire, elle s'appellera l'Europe. Deux siècles plus tard, elle s'appellera l'Humanité."
Jean Salvator échappe aux meurtriers de Rodolphe. On le retrouvera en Terre de Feu, où se croisent des utopistes et des requins capitalistes, des missionnaires et de pauvres hères, des amoureux et des solitaires, sur cette terre des Indiens Alakalufs menacés par la cupidité des colonisateurs. C'est fou tout ce qu'on traversera, dans cette épopée tournée en France au moment où l'Europe bascule. Au fil des jours, la vie devient électrique dans le grenier où le temps presse : la guerre est déclarée le 3 août 1914, et le film n'est pas terminé.
Voilà tout ce que raconte le spectacle du Soleil, qui revendique l'innocence et donne autant que les rêves peuvent imaginer : les vagues furieuses du cap Horn, des tempêtes de neige et des scènes d'aventure restituées avec une invention et une beauté à couper le souffle, des moments graves et d'autres burlesques. Mais, plus fort que tout, il y a cet esprit de troupe porté par le désir de ne jamais renoncer. En ce sens, Les Naufragés du Fol Espoir racontent aussi l'histoire du Théâtre du Soleil, qui fête ses quarante-cinq ans. Là aussi, quel voyage !"Brigitte Salino


mes, des couleurs et des formes à partir des corps des camarades.


B.A. Sieur de Rochemont, Observations sur une comédie de Molière intitulée Le Festin de pierre (libelle paru en 1665 à Paris, chez N. Pepingui)
Qui peut supporter la hardiesse d'un farceur qui a fait plaisanterie de la religion, qui tient école du libertinage et qui rend la majesté de Dieu le jouet d'un maître et d'un valet de théâtre, d'un athée qui s'en rit et d'un valet, plus impie que son maître, qui en fait rire les autres ?
Cette pièce a fait tant de bruit dans Paris, elle a causé un scandale si public, et tous les gens de bien en ont ressenti une si juste douleur que c'est trahir visiblement la cause de Dieu de se taire dans une occasion où sa gloire est ouvertement attaquée, où la foi est exposée aux insultes d'un bouffon qui fait commerce de ses mystères et qui en prostitue la sainteté, où un athée, foudroyé en apparence, foudroie en effet et renverse tous les fondements de la religion...
Il serait difficile d'ajouter quelque chose à tant de crimes dont la pièce est remplie. C'est là que l'on peut dire que l'impiété et le libertinage se présentent, à tous moments, à l'imagination ; une religieuse débauchée, et dont l'on publie la prostitution ; un pauvre à qui l'on donne l'aumône à condition de nier Dieu ; un libertin qui séduit autant de filles qu'il en rencontre ; un enfant qui se moque de son père et qui souhaite sa mort ; un impie qui raille le Ciel et qui se rit de ses foudres ; un athée qui réduit toute la foi à deux et deux sont quatre et quatre et quatre sont huit ; un extravagant qui raisonne grotesquement de Dieu et qui, par une chute affectée, casse le nez à ses arguments ; un valet infâme fait au badinage de son maître et dont la créance aboutit au Moine bourru, car pourvu que l'on croie le Moine bourru tout va bien, le reste n'est que bagatelle ; un démon qui se mêle dans toutes les scènes et qui répand sur le théâtre les plus noires fumées de l'Enfer ; et enfin un Molière, pire que tout cela, habillé en Sganarelle, qui se moque de Dieu et du Diable, qui joue le Ciel et l'Enfer, qui souffle le chaud et le froid, qui confond la vertu et le vice, qui croit et ne croit pas, qui pleure et qui rit, qui reprend et qui approuve, qui est censeur et athée, qui est hypocrite et libertin, qui est homme et démon tout ensemble : un diable incarné comme lui-même se définit...
... Il faut avouer que Molière est lui-même un Tartuffe achevé et un véritable hypocrite.