jeudi 10 février 2011

Journal de Bord : séance du 10 février

Lors de cette séance nous nous sommes replongé dans la peinture avec Novarina. Mais cette fois ci nous avons joué sur un drap, non plus sur du papier. J'ai en effet trouvé que cela était plus pratique puisque le drap ne se déchire pas, et ce n'est pas spécialement compliqué de l'attacher lorsque nous voulons le surélever. Nous avons tout de même rencontré quelques difficultés en rejouant l'Acte Inconnu, particulièrement dues je pense au fait que nous ne l'avions pas joué depuis un certain temps. Nous nous sommes coupé entre l'Acte Inconnu et l'Illusion Comique, donc nous n'avons pas vraiment "vécu" la transition entre les deux, qui va être, je pense, un passage assez difficile.

Nous nous demandions donc où et comment surélever le drap quand nous passons à L'Illusion Comique. L'idée que nous avons trouvé pour cela est de le placer au centre de la pièce. Cela, grâce aux lumières, crée un effet d'ombre intéressant. Nous jouons de ce fait assez proche du jury, ce qui, je pense, n'est pas une contrainte. Au contraire, surtout dans le contexte de l'Acte Inconnu, cela l'inclue presque au sein de la pièce, et fait donc vivre le spectateur avec les acteurs. Tout est à vue dans Novarina, et plus le spectateur sera proche de la toile, plus il sera "surpris" lorsque celle-ci sera relevée.

Pour ce qui est du jeu d'ombre que crée la toile lorsqu'elle est surélevée. Je trouve que cela peut rendre l'entrée des Clytemnestre à la fois belle et inquiétante si nous l'exploitons davantage. J'avais aussi dans l'idée que nous pourrions utiliser ces effets d'ombres lors du passage des cadavres, quand Clytemnestre parle de sa fille Iphigénie, peut être pourrions nous apercevoir à cet instant sa silhouette ? Cela me rappel un passage durant le dernier Harry Potter, fait tout en dessin/ombre :



Ce passage m'avait d'ailleurs fait penser au film Prince et Princesse de Michel Ocelot (qui a également fait Kirikou !) :


Ce n'est pas réalisable j'en suis consciente ! Mais je pensais que ça pourrait, peut être, être une source d'inspiration...

Au début de la pièce, quand nous installons les bâches et le tissu pendant l'épisode des émissaires, il faut être le plus discret possible. Néanmoins, j'ai trouvé que le bruit de la bâche n'était pas si gênant que ça car le retour des émissaires ne se fait surement pas sans bruit, et ces sons peuvent aussi rappeler ceux de la mer, ainsi que le mouvement des bâches et du drap... Le bruit permet aussi à Laurine et Valentine de plus accentuer ce qu'elles disent, avec plus de conviction. De plus cela crée un décalage intéressant qui nous plonge déjà dans Novarina tandis que nous entendons le texte de l'Illusion Comique.

Cette dernière séance nous a permise de nous rendre compte que nous avons besoin de mieux nous organiser. C'est à dire, avant de commencer à jouer, faire nos mises, remplir les bassines de peinture avec les bonnes couleurs (marron, bleu, vert), mettre sur le côté les objets dont nous allons avoir besoin. Quand nous sommes en jeu, il ne faut pas hésiter à reprendre de la peinture dès que ça nous est possible (même en jouant).Nous avons aussi besoin de revoir le texte et savoir quoi faire à quel moment, afin de nous rassurer, et de ce fait être plus libre dans la manière de jouer, je pense.

Concernant le premier passage des Clytemnestre que nous avons fait pour la première fois en peinture. Lorsque celles ci passent sous le drap relevée, j'ai trouvé que cela donnait une très belle image. Nous voyons apparaitre en tout premier leurs mains, qui sont aussi les mains du futur crime. Cela amène un côté à la fois monstrueux mais attire néanmoins le regard. Nous voyons ensuite leurs vêtements rouges qui se démarquent des autres couleurs qu'on a pu voir jusque là. Enfin leur visage plein de peinture apparait, et transmet une impression très frappante, accentuée par la musique en fond. Je trouve que cela colle parfaitement pour l'entrée de la reine. On ressent tout de suite une certaine ambiguïté entre la femme aimante et vengeresse.

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J'ai essayé de récapituler "qui fait quoi à quel moment", dans les grandes lignes. Pour que nous n'ayons plus besoin de le répéter à chaque cours. Si je me suis trompée dans les noms ou autre, dites le...

- Quand Valentine (émissaire) dit : "Donc, faites-lui fête comme il le faut"
- Nataly et Cynthia ouvrent les rideaux sur les côtés.
- Charlène, Clémence, Élodie et Alice déroulent la bâche.
- Jane, Margot, Agnès et Anastasia déroulent le drap.
- Amanda et Camille gaffent.

- Passage de l'Acte Inconnu à l'Illusion Comique quand Élodie dit : "Quels sont les peuples qui ont le plus commis d'actes répréhensibles au cours de l'histoire de la Déshumanité ?"
- Les "morts" dé-gaffent le drap.
- Les Clytemnestre l'accrochent.
- Nous devons prendre notre temps pour nous placer à genoux, le temps que les Clytemnestre se préparent.

Photo de travail "Clytemnestre et les cadavres"

Voici l'une des propositions de travail faite par le groupe "Clytemnestre et les cadavres" lors de cette séance du 3 février. Il s'agit de la scène après le meurtre d'Agamemnon et de Cassandre, les filles ont fait leur entrée par le fond de la scène en amenant les corps pour montrer la vengeance de Clytemnestre. Le corps d'Agamemnon était apporté par Alice et Nataly sur une sorte de chariot représentant ainsi le trône funèbre, le cadavre (interprété par Marine) est ensuite déversé sur le sol. Cassandre, quant à elle, repose sur une table poussée par Assia et Camille, on peut apercevoir des parties de son corps comme le pied et le mollet, le bras, l'épaule ainsi que le cou, ce qui connote les relations entre Agamemnon et Cassandre. Cette idée de mise en scène me fait penser à celle de Peter Stein, les cadavres sont aux pieds de Clytemnestre sous un draps rouge et l'idée du vomissement des cadavres est bien là. Cette image est très forte en effet, les cadavres sont présentés de manière très brutale et Clytemnestre présente son crime très fièrement.


lundi 7 février 2011

Revue de web : L'Acte inconnu

Un lien instructif et directement à vous adressé, ô candidates méritantes au baccalauréat :
http://educ.theatre-contemporain.net/pieces/LActe-inconnu/spectacles/LActe-inconnu/createurs/role/scenographie/

vendredi 4 février 2011

Sortie du 31 mars à Sartrouville

Pssssssssstttttttttttt !
J'ai oublié de vous dire hier : pour la sortie du jeudi 31 mars 19h30 à Sartrouville (une variation/adaptation sur La Maison de poupée d'Ibsen par un m/s argentin), pas de car : le rdv est sur place. Organisez-vous.
La pièce dure 1h15. Donc : rdv 19h15 au théâtre et sortie du théâtre vers 20h45.
Raterez même pas la rediffusion de Derrrick sur TV Breizh...
Pour les curieuses :
http://www.theatre-sartrouville.com/index.php/les-spectacles/saison-10-11/henrik-ibsen

jeudi 3 février 2011

Journal de Bord : séance du 3 fèvrier


Nous sommes revenus d'abord sur le JDB de Nataly, ses différentes impressions quant à la dernière séance, en revenant plus sur la prestation des Émissaires (métaphore de cohésion : ce ne sont pas des vieillards mais des "revenants de guerre" encore dans l'épuisement, la poussière et le traumatisme de Troie) et des Cassandre, mettant le doigt sur la difficulté de leur représentation : nous expérimentons le difficile frottement entre ce que l'on dit et ce que l'on fait, doit on systématiquement céder au mode illustratif ? La langue poétique d'Eschyle nous donne la réponse : non. Elle doit traverser la matière corporelle sans forcément induire le mime, mais créer des images qui font sens pour nous, et dans l'imagination du spectateur qui donnera sa propre interprétation à ce qu'il voit une fois de plus, notre langue personnelle, qui revient décidément dans toutes les étapes de notre travail jusqu'à présent. Marine a décrit la "cacophonie d'images" qui agresse Cassandre, posant le problème de sa mise en scène : dans l'imaginaire populaire, elle est associée à une sorte de sabbat, et on peut tomber rapidement dans l'écueil du cliché, car cette image est coriace en nous. M. Dieudonné a proposé une idée de jeu pour les 6 Cassandre : s'appuyer tout simplement sur la toile décor qui sera réalisée pour elles dans le monde Novarinien, garder à l'esprit cette transe "pytiesque" quand les ouvriers du drame peignent, sans représenter ses visions (à savoir : la guerre de Troie, l'infanticide anthropophage, sa propre mort et celle d'Agamemenon... ) mais en utilisant des couleurs violentes, des mouvements de peinture qui traduisent son trouble... et elles pourraient même continuer de peindre la toile tout en évocant ce qu'elles voient (et se maquiller à vue ?) , là aussi le langage du corps transcendé est primordial, en cela une unité n'est pas forcément nécessaire dans les mouvements. L'idée d'éclatement est intéressante car elle traduit son trouble, les sentiments variés et extrême qu'elle éprouve. Le travail est en constante évolution face aux impasses que plusieurs d'entre nous rencontrent, mais c'est positif ! :D
Après un exercice d'adresse du texte (en cercle, les Clytemnestre post-meurtre devaient viser une phrase de leur partition avec puissance "entre les 2 yeux" fermés d'une des filles, qui devait sentir qu'elle lui était particulièrement adressée) nous avons d'abord abordé la partition de Camille, Assia, Nataly et Alice. Elles sont censées toutes porter une robe blanche resserrée sous la poitrine par un tissu rouge, cheveux détachés. Elles ont repris leur idée très belle et judicieuse de l'eccyclème (un chariot roulant) sur lequel gisaient les corps de Marine (Agamemnon) et Amanda (Cassandre), avançant lentement vers nous, très impressionnant, la scène accompagnée de leur musique de Seigneur des Anneaux. Elles l'ont développée en portant Marine sur un diable et Amanda sur la table : il y a eu un grand travail sur l'exposition "bouchère" des corps, l'obsenité de la chair à nue (montrer le pied : //morgue).

La manière dont Nataly et Alice ont jeté le corps d'Agamemnon, m'a fait penser à la manière dont on jetait les cadavres démantibulés des juifs dans les fosses, comme des déchets. Ca m'est tout de suite venu à l'esprit, l'image de Marine, le sac plastique sur la tête (très "bébé sous cellophane" congelé) s'affaissant mollement devant nous était saisissante. le diable devient pour Agamemnon un trône ironique et macabre.
Amanda, tête, épaule et jambe nues, enrubannée dans le drap rouge comme son amant, comme dans un cocon mortel, m'a évoqué l'affiche du film le Parfum. Morte, elle garde tout de même une certaine sensualité, une beauté esthétique et quasi picturale (dont Alice a trouvé de très beaux exemples de tableaux) sa mort reste une image poétique. Dans la posture des cadavres (qu'on a pas mal experimenté l'an dernier avec le massacre des prétendants) on peut penser aux corps en putréfaction du radeau de la Méduse (détail ci dessus).
Le jeu des Clytemnestre est riche : en relevant la tête ensemble elles expriment le triomphe suite à leur meurtre, la victoire. Elles "sourient" le texte. A l'évocation du massacre, les filles veulent tomber à terre les mains dans une bassine remplie de rouge, image plastique très belle et juste : se peinturlurant le visage, elles jouissent du sang qui les féconde, comme un sperme symbolique. Eros et Thanatos sont là, notamment dans le jeu d'Alice et de Nataly avec le cadavre de Marine, l'enjambant (un peu comme Nada Strancar de l'Agamemnon d'Olivier Py) et "jouant" avec son corps comme une marionette (matière plastique) pour créer des images : elles se caressent avec sa main, montrent avec brutalité son visage d'assassin au public, et sont un même corps : "l'oeuvre de ma main droite" dit Nataly en brandissant le point serré d'Alice. Le sacrilège est là, rituel tribal.
Camille crée un jeu très émouvant avec le corps de sa rivale Amanda/Cassandre, qu'elle prend dans ses bras hantée par l'image d'Iphigénie sacrifiée, dans sa douleur la mère déchirée trouve un ersatz de sa fille, et le serre comme un doudou, ça m'a donné des frissons. Alice a trouvé le détail de "Guernica", très saisissant, comme scène de douleur maternelle. J'ai aussi trouvé un tableau de Jacques Stella, Le Christ mort sur les genoux de la vierge (ci dessous) qui me rappelait l'attitude très "picturale" de Camille avec le cadavre (décidément Jésus se retrouve aussi dans beaucoup d'étapes du travail). Assia, pendant que les 3 autres Clytemnestre trainaient les cadavres au loin pour les unir dans une étreinte grotesque et morbide (image très violente), se dressait victorieuse sur la table/chariot et lançait le défi au choeur : cela me rappelle à la fois la Clytemnestre sanglante et "nazifiée" de Peter Stein sur son char (car une dictature s'installe), mais aussi la figure allégorique de Marianne du tableau d'Eugène Delacroix, "la Liberté guidant le peuple" (détail ci dessous), sauf qu'ici ce n'est pas la Liberté mais la Tyrannie qui se lève fièrement au dessus de nous, rieuse et vengée.



Nous avons commencé à travailler la partition de Cynthia, enveloppée d'une traine rouge, élégante et apaisée. Nous devions soumettre son jeu à une contrainte physique : nous avons imaginé qu'elle se déplaçait entre un monceau de cadavres, allégorie de son propre crime et des charniers de Troie, sur le quel elle marche avec difficulté, l'empêchant d'avancer vers son amant, presque insouciante et souriante, car enfin elle est comblée. Son attitude douce et aimante crée un grand décalage ironique, là aussi très saisissant, une scène fantastique . Relevant Egisthe de l'enchevêtrement des corps, masse créatrice, elle appelle à l'apaisement, et l'enlace tendrement, tout en convaincant le Choeur (où sera-t-il : dans le charnier ? Pourquoi pas) de cesser leurs imprécations. Le charnier, pour que l'image marquante ne s'éteigne pas tout de suite dans l'imaginaire du spectateur doit se faire grouillante, comme les vers en boule d'un pêcheur. Avec Camille, nous avons toutes les deux pensé à cette scène géniale du film Le Parfum (eh oui encore, n'hésitez pas à la voir si ce n'est pas déjà fait !), une scène d'orgie. Jean Baptiste Grenouille le héros/méchant du film, a assassiné des dizaines de jeunes femmes pour créer le parfum suprême qui pourrait mettre à sa merci le Monde tout entier. Cette orgie extatique est générée par le parfum relevant du divin qu'il diffuse dans l'air : cette scène est intéressante pour l'effet grouillant des corps. Je vous met un petit extrait où on voit un peu la scène.

J'ai trouvé cette séance très enrichissante, même si plusieurs d'entre nous (dont moi) avions envie de les rejoindre sur scène pour jouer, cela nous donne de bonnes directions de jeu pour les différents passages d'Agamemnon. Notamment pour la scène du retour du roi qu'Anas, Charlène et Elodie travaillent avec moi. On comprend ce que Clytemnestre veut dire à travers l'image de la racine qui repousse, du moucheron qui l'empêche de dormir, de la pourpre, du mat : notre jeu est pour le moment assez investi au niveau de la parole, qui traduit l'ambiguité de ce que dit la reine, mais en voyant les filles créer tout ce jeu de corps, cela nous motive pour sortir de notre staticité (pour le moment, le mouvement était plutôt réduit à un regard vers le choeur et vers Agamemnon) et faire passer l'invitation au plaisir de la chair par le corps, mais de manière imagée. C'est une prochaine étape de notre travail que nous allons bientôt expérimenter.





Recherche iconographique : l'épisode des cadavres

J'ai fait quelques recherches de tableaux qui me feraient penser à Agamemnon, en particulier au passage du meurtre.


Caravage, "Judith tuant Holoferne", peinture sur toile, 1598.


Ce tableau m'a évidemment fait penser au meurtre d'Agamemnon. On croirait que Clytemnestre se dédouble pour arriver à ses fins. C'est tout à fait l'image que je me fais d'elle. Commettant un acte affreux, tout en étant sereine le visage doux/apaisé.
"Et moi je me réjouis autant que resplendit la plante fécondée"
La femme se trouvant à droite se tient à l'écart comme si elle avait un certain dégout. Je ne pense pas que ce dégoût soit du au fait qu'elle est en train de commettre un meurtre, mais plutôt vis à vis de cet homme.
Je trouve d'ailleurs que le visage de cet homme en train de se faire assassiner est saisissant avec, de plus, le sang dégoulinant sur les draps. On le verrait presque dire ici
"A moi ! De nouveau je suis frappé d'un nouveau coup."
(Bien qu'à mon avis il ait un peu de mal à parler dans ces conditions...) Je pense qu'on pourrait s'en inspirer pour le cadavre d'Agamemnon.

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Eugène Appert, "Néron devant le cadavre d'Agrippine".
2e quart 19e siècle. Conservé au Musée Ingres.


Pour ce tableau j'ai pensé à Cassandre et Clytemnestre (Bien que le personnage de gauche soit un homme....). Néron soulevant le drap ne semble pas inquiet, il parait très calme. Pour se rapporter à Agamemnon, c'est comme si Clytemnestre contemplait son "œuvre".
"Et le cadavre est l'œuvre de ma main droite.
Bonne ouvrière, juste travail. Voilà. C'est ainsi."
Je trouve que nous pourrions nous inspirer de la posture de ce cadavre pour celui de Cassandre, bien qu'elle se rapproche beaucoup de celle que nous avons déjà proposé aujourd'hui. La table que nous utilisons est trop haute pour que ce soit possible mais je trouvais que les cheveux du cadavre trainants sur le sol, se mélangeants aux draps donnaient une belle image.

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Louis Matout, "Femme de Boghari tuée par un lion".
3e quart 19e siècle. Conservé au musée des Ursulines.



Voici un autre cadavre donc nous pourrions nous inspirer pour Cassandre.

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Picasso, "Guernica", partie gauche du tableau, 1937.


Pour ce tableau, c'est en effet (légèrement !) difficile à représenter, mais je voulais quand même le mettre, parce que j'y ai tout de suite vu Clytemnestre qui pleure sa fille sacrifiée. Cela m'a rappelé le passage où Camille prend le cadavre d'"Iphigénie" dans ses bras.
"Il a sacrifié sa propre fille, la mienne, ma chérie,
Le fruit de ma douleur,
Pour enchanter les vents de Thrace !"

Clytemnestre et les cadavres : l'exemple de Nadja Michael



Naddja Michael est une soprano allemande. Je publie un petit montage photo sur quelques rôles qu'elle a interprété car vous allez le voir il y a beaucoup de références pour notre travail. Des pistes sur lesquelles nous sommes déjà pour la plupart.
Cela résume notamment notre séance du 3 février. J'ai tout de suite pensé à elle en rentrant chez moi.
La première photo me fait penser aux Clytemnestres après le meurtre. La robe blanche ensanglantée, les cheveux détachés, très féminine. C'est l'image de la tueuse Clytemnestre qu'on a en ce moment en tête.
La deuxième photo où la soprano interprétait le rôle de Cassandre peut nous ouvrir d'autres pistes sur son personnage.
La troisième photo est pour moi Clytemnestre en final, comme nous l'avons fait aujourd'hui , l'amas de cadavres sur son chemin en rapport avec ce tapis de cranes.
La quatrième photo, la Clytemnestre après le meurtre d'Agamemnon, notamment au passage d'Alice.

Je ne sais pas si cet article est très pertinent mais ça m'a beaucoup fait penser à Nadja Michael, qui à également jouer le rôle d'Iphigénie et de Médée.
Petit lien pour voir ses différents rôles : http://www.nadja-michael.de/r_index.php?article_id=88

lundi 31 janvier 2011

DEVOIR SURVEILLE AGAMEMNON


Pssssstttt !
J'ai oublié de vous le rappeler :
1) Mercredi, de 9h30 à 13h00, il y a un DS sur Agamemnon dans les conditions du bac
2) Il faut que l'une d'entre vous vienne chercher les sujets au CDI à 9h25 avant que vous vous rendiez en salle 326
3) Apportez vos textes et vos brochures Agamemnon : ils sont indispensables pour traiter convenablement le sujet et pour analyser certains documents iconographiques.


Masque dit d'Agamemnon

samedi 29 janvier 2011

TROMBINOSCOPE Point technique

Vous l'avez peut-être remarqué, mais deux nouvelles pages ont été récemment publiées = pour y accéder il faut cliquer sur leur intitulé en haut à droite de la page d'accueil.
La première s'intitule "Comment ça marche ?" : elle est surtout destinée aux visiteurs occasionnels ou au jury pour expliquer l'objet et le fonctionnement du blog (et notamment les différentes navigations possibles via les libellés : par rubriques, par élève, par oeuvre, etc.)
La seconde s'intitule "Trombinoscope" : elle est encore vierge.
C'est à vous de la remplir.
L'idée est que chacune y publie un message où elle se présente, explique sa relation à l'option théâtre et au théâtre en général, donne un aperçu de sa personnalité et renseigne le jury sur sa place dans le travail collectif (rôles, postes assumés, etc). Le tout accompagné d'une jolie photo (comme celle jointe...) où vous êtes reconnaissable (pour aider le jury à vous identifier le jour du bac.. on me reconnaît bien, là, non ?).
A vous de jouer !


jeudi 27 janvier 2011

JDB du 27/01/2011

Comme à notre habitude, nous avons commencé notre séance en parlant de ce que nous avons fait la séance précédente, et cette fois-ci nous avons directement abordé ce sur quoi nous allions travailler pendant toute la séance. Dans un premier temps, nous nous sommes interrogés sur la question de comment commencer notre représentation? Ainsi plusieurs possibilités ont été mises sur le plateau afin d'essayer de trouver la meilleure des réponses possibles. Plusieurs d'entre nous ont proposé des débuts, tous aussi différents les uns que les autres: en effet, ce qui s'est tout de suite dit, c'est que nous commencerions avec les Émissaires dans Agamemnon. Nous avons donc ensuite cherché à savoir comment les faire rentrer (Valentine et Laurine donc), et quand, comment entrent les "ouvriers du drame" par la suite. Plusieurs propositions ont été faites, mais celle que nous avons retenu pour l'instant est la suivante: Laurine et Valentine entrent sur scène, puis un petit groupe rentre à son tour pour laver et habiller les émissaires. Le fait de les laver est comme un rituel religieux où elle seraient purifiées de tous les sacrifices, tous les malheurs dont elles ont souffert. Ce serait donc une purification de l'âme et du corps qui leur permettrait de passer des "revenants de la guerre" à des "ouvriers du drame" par la même occasion. Enfin, un dernier petit groupe s'occuperait d'installer le matériel pour Novarina.
La deuxième heure nous avons toute de suite commencé la pratique avec les Emissaires. Les filles ont donc joué et nous ont montré une mise en scène particulière: elles entrent par le rideau de derrière, dans le même pull pour ne former que « un » personnage. Puis Laurine est sur le dos de Valentine, ce qui a pour effet de créer une image de monstre à deux têtes. C’est une entrée royale et très intéressante. Cependant comme je l’ai dis, je ne sais pas si l’idée d’être toutes les deux dans le même pull a un vrai sens. Pour moi lorsqu’elles jouaient côte à côte leur donnait plus d’ampleur dans le jeu et de présence. Le système avec le pull est assez impressionnant et marche assez bien, mais l’idée d'une figure monstrueuse, devient pour moi presque hors sujet. Les émissaires sont deux personnes qui reviennent de la guerre, qui sont fatigués et qui ont beaucoup souffert. L’entrée me paraît excellente parce que comme nous l’avons dit, elles portent sur elles un poids très lourd, celui de revenir de la guerre. Mais rester dans le même pull tout le long n’est pas très nécessaire pour moi. Elles pourraient peut-être l’avoir pour le début, pour former ce poids mais ensuite le retirer afin de dire leur texte. Cela donnerait plus d’impact à mon goût.
Nous avions dit qu’il serait bien si deux d’entre nous les déshabillait pendant qu’elles disent leur texte. Nous avions convenu que ce serait vers la fin de leur texte. Personnellement, je pense qu'il serait mieux de leur enlever le pull en début du texte, afin qu’elles ne soient pas un « monstre à deux têtes » tout au long de leur scène. C’est donc Cynthia et moi-même qui devons nous occuper de les déshabiller, puis de les rhabiller. Nous avons également dit que c’est lorsque Valentine dit « Faite lui fête » qu’il y aurait quatre ouvriers du drame : Clémence, Alice, Charlène et Marine qui entrent sur scène et commencent à installer la bâche.
Puis entre ensuite un autre groupe d’ouvriers du drame qui sont: Assia, Camille, Anastasia et Jane avec le drap blanc. Une fois tout le matériel installé chacune va chercher sa bassine pour commencer le « rituel sacré » qui est celui de se laver les pieds.
Ensuite la deuxième heure nous avons vu le passage des Clytemnestre, avant le meurtre. Leur proposition était à peu près la même que la semaine dernière, elles ont juste rajouté le maquillage qui leur donnait plus de puissance et qui les aidait, je pense, à plus entrer dans leurs personnages. Leur idée de mise en scène est très intéressante parce qu’elles prennent à témoin tout le monde. En effet devant elles il y a un petit groupe en forme d’arc qui représente le chœur. Nous sommes donc touchés d’avance par leurs paroles. D’autre part, elles avaient toutes des maquillages différents: elles avaient mit du rouge sur des parties différentes de leur visage pour chacune, cependant je pense qu’il serait mieux si toutes les quatre ont du maquillage (donc de la peinture) sur la même partie du visage. Cela montrerait bien qu’elles ne sont qu’un personnage: Clytemnestre. Même si elles veulent montrer les différentes « facettes » de ce personnages, je pense qu’il serait mieux d’avoir les mêmes parties du visage maquillées pour toutes, sans doute cela aiderait à la compréhension pour nos spectateurs.
Enfin nous avons terminé en regardant le passage de Cassandre. En comparaison avec la séance précédente les filles ont changé la mise en scène mais pas assez pour qu’il y ait quelque chose de surprenant et de marquant. En effet, elles étaient toutes regroupées et lorsqu’une d’entre elles devait dire son texte, une autre devait la tenir afin de garder toujours le contact et de montrer que c’est un envoûtement, une vision. Également, cette fois-ci elles ont ajouté un petit texte en fond qui n’est autre que le début de « Una fortiva lacrima » pour montrer que ce n’est pas son état réel, Cassandre est envoûtée, sous l’emprise d’une vision. C’est donc intéressant de montrer qu’elles ont été comme « ensorcelées », on comprend bien que Cassandre et en transe et face à sa vision. Cependant, je pense que le fait qu’elles soient toute en groupe, dans la même position et dans les mêmes gestuelles ne correspond pas au personnage de Cassandre. Je pense, que ce serait peut-être mieux si elles étaient séparées, et que lorsque l’une d’entre elles doit dire quelque chose alors les autres accourent vers elle pour savoir ce qu’elle va dire. Tout en continuant à chanter, à murmurer leur chanson envoûtante. Pour moi cela aurait plus d’impact et le public serait sans cesse surprit de savoir laquelle d’entre elles va parler, ce qui va se passer, etc. De plus, il y aura un peu plus d’animation sur le plateau, ce qui pourrait par exemple former la métaphore du cerveau et des pensées de Cassandre: tout est confus pour elle, elle est en transe et voit des choses. La « panique » sur le plateau pourrait donc donner un aspect inquiétant et surprenant. C’est comme cela que je verrai la mise en scène du passage de Cassandre.
Nataly