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jeudi 9 juin 2011

Trombinoscope Morgane Pinto Da Costa





Je m'appelle Morgane Pinto Da Costa, je suis en terminale L en option théâtre. Cela fait trois que je fais du théâtre en option lourde, depuis la seconde plus précisément. Mon imagination est ce qui me « dirige » dans la vie, d’un naturel spontanée, sociable et extravertie, on peut dire je que parle, et que j’agis sans réfléchir comme par instinct. Cette bulle énergique, plein de bizarrerie a souvent eu du mal à se faire comprendre et acceptée par les autres tant l’univers onirique entretenue quotidiennement par toutes sortes de figures de dessin animés est dominant chez celle-ci. Il fallait alors sortir de cette boucle, dans la quelle je vivais, dans un monde rose sur des nuages avec des maisons-pâtisseries, et des amis imaginaires. Le seul compromis possible était de converser mon naturel créatif et imaginaire tout en redescend sur terre afin de créer des liens avec les personnes de « la vraie vie ». Et comme par enchantement, ma maitresse de CM2 organisait un spectacle de théâtre, j’avais l’impression d’être dans un tourbillon de sirop à la fraise tant mon excitation était grande : j’avais l’occasion de me montrer aux autres, de leur prouver que je valais quelque chose, et peut être de me faire des « amis en chair et en os».





J’ai donc commencé le théâtre en primaire dans des petits sketches, ma première approche du théâtre était un peu naïve, et légère, mais bon sang qu’est-ce que ça fessait du bien d’être considéré au même rang que les autres. Après cette représentation, tout est redevenue à la normal, à un détail près, le théâtre était dans mon cerveau comme une petite puce qui sautait en permanence. Comme si depuis que je l’avais rencontrer, mon esprit le réclamait. Ma deuxième approche du théâtre s’est faite au collège suite à des minis scènes, je suis alors remonté sur le cheval fougueux et me jetant sur la scène pour clamer mes misérables phrases, cependant à l’inverse de ma première approche théâtrale, cette fois là ma « sympathie » est devenue apparente aux autres : J’avais réussis ma mission ! La puce devenait alors de plus en plus grande, elle créait sans cesse des nouveaux visages avec lesquels je pouvais parler, cette présence théâtrale était telle que j’ai inventé et mis en scène une vingtaine de personnages, créatures avec des caractéristiques propres à chacun (basés sur des caricatures, et des clichés). C’est alors qu’en troisième, je fais la découverte de l’option théâtre au lycée Montesquieu, la puce me rongeait alors jusqu’à ce que je constitue mon dossier et me présente à l’entretien. Cependant lors de mes démarches afin d’instaurer ma « future troupe », mon entourage n'a pas pris mon choix au sérieux car en général le théâtre n'est pas considéré comme un art qui s'apprend, que l'on travaille et que l'on étudie notamment dans le cadre scolaire. J’ai tout de même passer l'entretien et j'ai été acceptée, ce qui leur cloua le bec.
En seconde, l'équipe pédagogique qui ne nous soutenait pas, ce qui a influencé inconsciemment le groupe qui n’était pas soudé, cela m'a extrêmement déçue, d’autant plus que chez certain il y avait un désintérêt total pour le théâtre. En première, nous avons tout repris à zéro à la demande du groupe car nous avions changé de professeur et de comédien. Dans un premier temps, nous avons travaillés sur le groupe, pour cela nous avions différents exercices, celui qui m'a marquée est celui où j'étais assise sur une chaise, en face du groupe, la consigne était simple je devais répondre à toutes les questions qui m'étaient posées. Le but de cet exercice était de mieux se connaître dans l'enceinte du groupe. Cependant ce n'est que cette année, que j'ai pris une place plus ou moins importante dans le groupe, car je me suis rendu compte que j'étais trop attachée au théâtre pour « gâcher » ma dernière année, et que je sais qu'en restant spectatrice je l'aurais regrettée.
Ce qui me plaît dans le théâtre c'est qu'il y a un esprit collectif où le partage et l'échange sont primordiales, on peut s'épanouir et s'élever dans un groupe qui nous soutient et dont on a confiance. Le théâtre est une leçon de vie, car grâce à cet art j'ai pu grandir et prendre confiance en moi tout en créant des liens avec le reste du groupe.








Cette année, en vue du baccalauréat nous avons toutes eu la même dose de travail, ce qui a pu rééquilibré la présence de chacune dans le groupe et sur le plateau. Afin de nous défouler et d’ouvrir nos esprits, trois œuvres : L’Illusion Comique de Corneille, Agamemnon d’Eschyle et L’Acte Inconnu de Novarina.

L’Acte Inconnu , est une ratatouille d’ ingrédients que j’affectionne particulièrement au théâtre: prenez des créatures sans queue ni tête, ajoutez des phrases à rallonge qui à priori sont dénuées de sens et qui au final en disent long, et saupoudrez le tout d’une pincée d’imagination et de créativité. Et vous obtiendrez des univers personnels et intimes mises à nue pour votre plus grand plaisir.

Dans L’Illusion Comique, je donne ma voix au gigantisime Alcandre. Personnage qui me plaît particulièrement tout d’abord c’est une créature mi humaine, mi divine, est ceun homme ? Une femme ? Un vieillard ou bien un enfant ? Nous n’en savons rien, c’est à nous de le découvrir. Permettre à notre esprit de nous le représenter est très enrichissant pour notre culture et notre réflexion. Le fait que ce soit notre imagination qui prenne le dessus et qui nous « domine » en quelque sorte me plaît particulièrement. Cette puissance créatrice s’est également imposé dans mes deux autres partitions dans L’Acte Inconnu (dont je viens de vous parlez) et dans Agamemnon où je joue Cassandre : Figure fragile, seule, condamnée au silence, princesse qui est réduite à une simple esclave sous les yeux d’une épouse bafouée et vengeresse. Personnage qui a fait remonté beaucoup de choses personnelles qui étaient enfouies en moi, et qui tout d’un coup sont remontées à la surface. Ce décalquage, ce parallèle que j’ai pu effectuée est le fruit d’une confiance et d’une écoute mutuelle que le groupe s’est donné tout au long de l’année et que je me suis accordée. C’est en me mettant à nue, en écoutant cette petite puce d ans mon cerveau que j’ai pu rencontré le théâtre donc ma troupe qui m’a écouté, acceptée, prise au sérieux et que j’ai pu par la suite le leur rendre dans Materia Incognita.

vendredi 3 juin 2011

Journal de bord du 3 Juin 2011

Dernière ligne droite ! Dernière séance avant la représentation de notre travail au théâtre Roger Barat. Ces dernières heures ont mêlées excitation et remises en questions, doutes avant le bouquet final.

Durant les deux premières heures, nous avons faits un récapitulatif des conduites techniques de chacune. Pour la première fois, nous avons essentiellement travaillées les transitions, les gestes techniques de chaque élève et les mesures de sécurité sans jouer. Le fait de consacrer deux heures spécifiques aux points techniques de notre travail, nous a permis de nous rendre compte de la difficulté ainsi que de l’importance de ceux-ci. Nous avons dû intensifier l’écoute car il fallait considérablement réduire les nuisances sonores, parce que ces « transitions techniques » sont réalisées en même temps que le jeu sur le plateau ce qui implique une concentration extrême du groupe, afin de ne pas troubler la « comédienne » qui est en jeu.

Troisième heure : FILAGE ! Nous avons dues jouer avec chaque « contraintes techniques » travaillées aux heures précédentes. La difficulté a été de devoir mêler la concentration textuelle ainsi que la concentration technique, l’association des deux a provoqué chez certaines des oublis de texte, des « troues » (pour rester dans l’ambiance novarinienne) ou des chutes. Car la difficulté de notre travail est de passer d’un univers à l’autre soient différents soient-ils, et notamment d’être en permanence ancré, en relation avec notre travail ne serait-ce que dans les coulisses et les mises techniques.

 

 

Cette dernière séance a été celle où je me suis posé beaucoup de question, vis-à-vis de notre travail et de ma partition personnelle. Le fait que l’on arrive à la fin, me place face au doute : Est-ce que je vais là où il faut ? Comment mon travail va-t-il être reçu, par les spectateurs et le jury ? Toute sorte d’appréhensions liées à une excitation collective, afin de montrer de quoi nous sommes capables et une légère pointe de nostalgie, voici l’état d’esprit dans lequel je suis. Ce qui est paradoxal, c’est que cette séance a accentué mes doutes, mais l’énergie et la fraternité du groupe les a effacés, comme si le groupe était en quelque sorte le « remède » de mes craintes, et de mes angoisses. C’est alors dans un corps flottant, confus par tant de questions liées aux derniers jours qui nous restent avant la fin de notre travail, que je me dirige vers les représentations scéniques de notre travail.

Morgane.

Pour ma part cette séance était surtout un moyen de me rassurer en me disant que j’étais sûre des points techniques et que je pouvais déjà partir avec une certitude. Mais pas une seconde j’ai pensé au fait que c’était notre dernière séance ensemble ; c’est seulement au moment de rédiger ce jdb que je me rends compte que celle-ci était donc décisive en quelques sortes. Et finalement après cette séance je prends conscience que je ne me sens pas prête du tout, mais paradoxalement je ne me sens pas non plus stressée à l’idée de présenter notre projet à un public un peu plus grand en nombre que le précédent.

Charlène

dimanche 15 mai 2011

Matamore









Grâce au stage théâtre, nous avons pu voir "les Matamore" et pleins d'images me sont venues en tête concernant ce personnage. Notamment un personnage fictif de jeu vidéo

de la série Tekken
de Namco, qui apparait aussi dans la série SoulCalibur : Yoshimitsu.




Ce personnage est fasciant dans le sens où il se transforme à chaque épisode, sa gestuelle est très expressive, il a un accent espagnol et pousse des cris humoristiques lors des combats ( tout comme Matamore, Yoshumitsu est un guerrier). Une éventuelle ressemblance entre Yoshumitsu et Matamore semble alors impossible, cependant en lisant l'Illusion Comique, Matamore était selon moi un personnage clownesque qui vit dans son monde qui est berné d'illusions, ce qui le rend grotesque étant donné qu'il n'est pas dans la même "dimension" que les autres personnages. La scène 9, de l'Acte III souligne le fait que Matamore est un personnage boulversé sans doute par la métathéâtralité de la pièce et que c'est pour cela que Clindor lui ouvre les yeux sur sur le "monde réel".





jeudi 24 mars 2011

Journal de bord du 24 mars


Nous avons commencé cette séance en évoquant les différentes dates du bac ( le 23 juin au matin ( à partir de 10 heures) la préparation du plateau, et le 24 juin : l’épreuve pratique) ainsi que la représentation de notre travail au théâtre Roger Barat le 6 juin au soir. Etant donné que la séance dernière nous avions travaillé sur le tableau des Cassandre nous en avons reparlé et fait une sorte de récapitulatif, nous avions dans l’idée de conserver ce cube noir dans lequel nous avons travaillé Cassandre depuis le début, donc de remplacer la page blanche de l’esprit de Novarina par un drap noir en faisant écho au drap rouge, fil conducteur de la mort d’Agamemnon et de Cassandre( référence à la mise en scène de Py). Nous nous sommes alors interrogés sur l’espace qui serait utiliser pour l’épisode de Cassandre, car en conservant la page blanche ainsi que la peinture, Cassandre pourrait alors peindre les visions d’horreur qu’elle voit. Cependant, depuis le début de l’année nous avions comme contrainte de ne pas sortir du cadre d’où l’idée de reconstruire la boîte noire pour Cassandre. Tout en parlant des Cassandre, nous avons parlé de l’écoute qui est capitale au théâtre car c’est elle qui connecte les comédiens entre eux, cette écoute est alors essentielle dans l’épisode de Cassandre car nous jouons toute le même personnage dans des « états » différents, par moment elle est en transe car elle voit sa mort prochaine, parle de la malédiction des Atrides et du retour d’Oreste. Il faut alors avoir une réception sensible quant à l’énergie de l’autre ainsi que du message qu’il vient délivrer, il faut que quelque chose circule entre les différents comédiens sur scène. Concernant ma partition dans Agamemnon, où je suis en binôme avec Marine, l’écoute à laquelle je dois prêter attention est celle du corps. Je suis de nature, une personne très spontanée qui parle très vite contrairement à Marine qui est très calme, nos personnalités influencent inconsciemment notre façon de jouer ce qui est problématique car l’écart entre nos deux partitions est trop grand. C’est pour cela que nous devons trouver un rythme commun qui nous permettra d’être comme en osmose, car même si nos partitions sont différentes il ne faut pas oublié que nous jouons le même personnage, nous devons alors comme dans un terrain d’entente s’écouter afin de créer une certaine unité. La question de l’écoute n’est pas seulement valable à mon échelle mais est la clé du théâtre, car celui-ci est un lieu où différentes personnes se réunissent dans un lieu commun afin de créer un travail collectif propre au groupe.






En deuxième heure, nous avons travaillé sur l’écoute grâce à l’exercice suivant : nous devions dans un premier temps, circuler dans l’espace tout au fermant les yeux et lorsque l’on rencontrait quelqu’un d’autre nous devions le toucher, non pas dans le but de reconnaître la personne mais « d’écouter » ses réactions suivant les parties du corps que l’on touche, car la sensibilité de chacun est propre à sa personne. Dans un deuxième temps, nous devions lorsque nous entrions en contact avec quelqu’un conserver ce lien qui devait durer quelques instants jusqu’à ce qu’il soit désagréable. Nous avons terminé cet exercice les yeux ouverts en se déplaçant dans l’espace tout en regardant les personnes que l’on rencontrait dans les yeux, si l’on sentait une sorte de connexion suite aux regards, nous nous arrêtions face à face tout en continuant de nous regarder. En partant de cette « situation », nous avions trois options : l’a regarder puis partir, lui serrer la main ou l’enlacer. Ce moment fut le plus difficile pour moi, car il faut être très attentif aux signes que donnent la personne qui est en face de nous, et pour cela il faut être très concentré et être à l’écoute car elle n’est plus auditive mais corporelle. Afin de communiquer, nous utilisons la parole, donc ce sont les mots qui expriment ce que l’on veut ou l’on ne veut pas, cependant le langage corporel est difficile à déchiffrer car ce n’est pas notre « langage maternel » dans le sens où l’on ne l’utilise pas quotidiennement et il est très difficile de comprendre à travers les gestes.






En troisième heure, nous avons travaillé le tableau des Clytemnestre après les meurtres d’Agamemnon et Cassandre. Nous avons travaillé sur le fait qu’il fallait dessiner les mots qu’ils traversent notre bouche afin de créer une sorte de beauté extérieure de part le langage. Pour cela, nous avons fait un exercice de respiration les quatre Clytemnestre étaient allongées sur le dos alors qu’une personne été allongée perpendiculairement sur chacun de leur ventre. Les quatre Clytemnestre devaient alors dire leur texte en respirant par le ventre, si elles réussissaient la fille allongée sur leur ventre devait se surélever. Si l’on a travaillé la respiration c’est pour que l’on puisse parler la langue d’Eschyle en respectant la ponctuation, parce que le problème avec cette langue est qu’elle est lente et qu’en fin de vers nous devons transmettre le relais à la personne qui nous suit et que c’est pour cela que nous devons tenir jusqu’au dernier mot et ne pas descendre dans notre déclamation. Le but de cet exercice était de travailler sur l’unité de parole dans un groupe de personne jouant le même personnage, en évitant d’attirer l’attention sur la transition du biais de parole mais plutôt de mettre en avant le texte (ce qui est dit)






Cette séance nous a permis de travailler en groupe, car même si notre partition est personnelle nous devons sans cesse être en connexion avec les personnes qui nous entourent. Cette séance m’a aidé à me rendre compte de mes difficultés concernant la lenteur qui était à la base personnelle mais qui à présent touche le groupe. Cependant le fait que l’on doit transmettre une énergie bénéfique à tout le groupe, nous permet de nous dépasser et outrepasser nos difficultés, suite à cette prise de conscience collective je pense que nos barrières ainsi que ce qui nous freinait auparavant vont faillir sous le poids de l’écoute ainsi que du soutien que le groupe se porte mutuellement.


Morgane







jeudi 3 mars 2011

Analyse Dealing with Clair


La pièce Dealing with Clair de Martin Crimp raconte l’histoire d’un couple qui essaie de vendre leur maison, cette scène quotidienne n’est alors que très banale cependant c’est en partant d’une situation familière que Crimp va dénoncer une société qui n’est


préoccupée que par le profit qui implique un certaine violence. Dans la mise en scène de Sylvain Maurice cette dénonciation est évoquée et assimilée à une étrangeté à laquelle tous les personnages sont confrontés, nous pouvons alors nous demander : comment représenter un événement quotidien tout en y incorporant du bizarre ? Afin de répondre à cette question, nous traiterons les deux parties suivantes : Une satire sociale ancrée par la violence, et des « monstres  contemporains ».


 


La pièce commence par une vue extérieure qui donne sur l’appartement de Claire, le contraste entre la luminosité de son appartement et l’obscurité de l’espace qui l’entoure qui symbolise la ville est frappant. Le fait que la délimitation de ces deux espaces soit si fort est pour montré la solitude de Claire, cependant ce choix scénographique dénonce également une sorte de mise à distance actuelle où l’on se renferme de plus en plus sur soit -même. La « ville » dénonce également cet

isolement car c’est un espace bruyant alors que celui-ci est vide, ce « dépouillement  de population » renforce la bizarrerie de la pièce qui nous installe dès la première scène dans un univers inquiétant et étrange. L’autre espace « vivant » ou plutôt habité de la pièce est la maison de Mike et Liz tout comme l’appartement de Claire, c’est un espaces clos qui semble englobé dans un univers violent qui est caractérisé par le bruit, qui est très fort et très saccadé. Par ailleurs le fait que notre regard donne sur l’intérieur d’un maison donc sur l’intimité des personnages peut faire référence au voyeurisme qui est de plus en plus courant de nos jours notamment à cause des télé réalité, le personnage qui est du même point de vue du spectateur lors de la première scène est celui de James, on apprendra à l’avant dernière scène qui l’était en train de l’observer. Le fait que le spectateur soit assimilé à ce personnage renforce la critique faite par le metteur en scène Sylvain Maurice.

Le décor n’est pas le seul élément scénographique qui dénonce la violence de la société, lors de la première scène , une conversation est engagée par le biais d’un téléphone entre Claire et sa mère, ce qui montre que de nos jours afin de communiquer ou entretenir des relations sociales, nous utilisons les technologies (téléphone, ordinateur …) ce qui nous enferme dans une certaine solitude alors que l’utilisation de ces technologies doivent nous permettent de conserver un lien voire d’en créer, ce qui est paradoxal. Lors de la rencontre entre Claire et le couple de Mike et Liz, ils sont très distants par ailleurs il y a de nombreuses répétitions que ce soit dans le langage suite à des bégayements ou hésitations, le langage est alors assimilé à une arme avec laquelle on essaie de convaincre , « les mots sont des pistolets chargés » Parain, ou bien dans les positions du corps car il y aura une symétrie entre deux scènes : une jouée par Mike et Liz et l’autre par Claire et James. Ces répétitions semblent faire référence à une espèce d’habitude que l’homme a pris, suite à des codes que la société impose.


 




 


Dans Dealing with Clair, les personnages ont une caractéristique qui leur est propre, comme s’ils étaient des personnages « traditionnels » dans le sens où ils incarnent des valeurs et représentent un statut social habituel, par exemple Claire qui est une femme indépendante, le couple Mike/Liz qui est honnête et sympathique et James qui est un homme aimable et fortuné, cependant celles-ci vont changées tout au long de la pièce.


Claire est un personnage qui habite seule et qui semble être indépendante ce qui montre une sorte de force intérieure. Cependant cette « puissance » va être dépassée par ses propres problèmes ( la cigarette, la situation difficile qu’elle entretient avec sa mère) et plus précisément par James suite à ses nombreuses visites. Une certaine familiarité va alors s’installée entre eux, ce qui causera la perte de Claire car elle réduira ses distances vis-à-vis de lui et baissera sa garde.


James, est un homme fortuné et marié, il est alors le symbole d’une certaine réussite sociale. Le fait qu’il soit sociable et mette à l’aise Claire, lui donne la fonction d’une certaine invitation à l’évasion, au voyage et au rêve. Cependant ces visites régulières et répétées peuvent faire penser à un animal tournant autour de sa proie, se préparant à bondir sur celle-ci. Au fil de la pièce sa véritable nature qui est celle d’un être dérangé et effrayant va être révélée, notamment dans la scène où on le voit reproduire la première scène de la pièce (où Claire était au téléphone avec sa mère) il est au téléphone avec la mère de Claire et hurle le prénom de celle-ci. Ces cris et hurlements nous permettent de voir son vrai visage qui est celui d’un psychopathe, obsédé par Claire.


Le couple Mike/liz est un couple traditionnel et parents d’un enfant, et ont engagé une fille au paire afin de s’occuper de celui-ci. Au premier abord, ils représentent une famille plus ou moins idyllique du point de vue de la société et ne veulent pas profiter voire arnaquer les prochains acheteurs de la maison suite à la hausse des prix dans le domaine de l’immobilier. Leur déchéance va entrée en scène lorsque l’on apprend qu’Anna, leur jeune fille au paire vit dans une chambre où il n’y a aucune fenêtre ( on peut alors parler d’une exploitation), leur côté calculateur et profiteur est également mis en avant lorsqu’au final ils préfèrent profiter de la hausse des prix.


Ces personnages qui sont dès le départ représentés comme des personnages conventionnels auxquels des spectateurs peuvent s’assimiler, vont vite sous le poids de l’étrange dévoiler leur facettes cachées que tout être veut dissimuler. Suite à leur défauts qui sont évoquées avec une intensité démesurée, on peut alors parler de ces personnages comme des « monstres contemporains » tout d’abord à cause de leur cruauté, car ils sont censés faire réagir le spectateur suite à leur similitudes. Si cette « révélation » est possible c’est parce qu’ils sont confrontés à leur détériorisation intérieure qui prendra de plus en plus d’ampleur tout au long de la pièce.


 





En conclusion, dans la pièce Dealing with Clair, la société est assimilée à un univers écrasant de par sa cruauté et de par sa bizarrerie qui touche les personnages au point de leur faire endosser un statut inquiétant comme celui du personnage de James. Par ailleurs, le fait que

Sylvain Maurice fasse bouger la maison dans divers sens ( de biais, en avant, en arrière, …) fait directement référence aux spectateurs, car suite à la déchéance des personnages celle-ci change de point de vue les concernant, ce qui est caractérisé par la maison qui bouge et que l’on voit sous différents angles de vue.

 


 

mercredi 19 janvier 2011

Extrait d'analyse d'Ithaque.



Ithaque est une pièce retraçant le retour d’Ulysse dans sa patrie d’où son nom Ithaque, est le dernier chant de L’Odyssée. Nous sommes alors confrontés aux retrouvailles du couple d’Ulysse et de Pénélope, mais également du combat que doit mener Ulysse afin de récupérer ses biens ( son épouse, son palais,…). Nous pouvons alors nous demander pourquoi mettre en scène une épopée quasi mythique, que tout le monde connaît car rare sont les personnes n’ayant jamais entendu les aventures d’Ulysse . Nous pouvons également nous demander pourquoi Jean-Louis Martinelli a voulu s’approprié Ulysse et ses aventures le temps d’une mise en scène, car en choisissant une épopée antique et « archi-connue » il y’avait un risque considérable. Ce qui nous amène à nous poser la question suivante : Comment jouer une épopée antique tout en la réinventant afin qu’elle soit moderne, et qu’elle corresponde à notre époque actuelle. Afin de répondre à ces questions, et cerner les enjeux d’Ithaque, nous traiterons l’axe suivant : les représentations inhabituelles et contemporaines des personnages.


 



 


Ithaque, est une « réécriture » des derniers chants de L’Odyssée, cette écriture a alors conserver des éléments de cette œuvre, mais également se basé sur d’autres œuvres telles que L’Iliade, notamment afin de donner une description des personnages.


Dans Ithaque, le comédien jouant Ulysse est un homme assez vieux ce qui fait écho à ses vingt ans d’absence ainsi qu’au poids de ses aventures qui lui ont « dérobées » sa jeunesse. Le comédien a donc un corps vieux, pas spécialement harmonieux et pas spectaculaire contrairement à la vision du spectateur qui image un homme viril, beau, fort et bien battit suite à sa description dans l’Odyssée. En prenant le comédien Charles Berling afin d’interpréter Ulysse, Jean-Louis Martinelli a fait le choix de représenté un Ulysse victorieux de part sa ruse. Cependant cette représentation d’un homme sage fait de l’Ulysse d’Ithaque une sorte d’anti héros. Celui-ci ne parvient pas à s’exprimer clairement au début de la pièce, il bégaye, et pleurnichera à plusieurs reprises, comme dans la scène suivant le massacre Ulysse s’effondrera et pleura comme une enfant, c’est alors la nourrice qui s’occupera de lui et l’assiéra sur une chaise en bois qui ressemblera étrangement à celles des petits enfants. Ulysse est alors caractérisé comme un homme vieux, sage, sensible qui lui donnera l’image d’un homme-enfant ce qui ne correspond pas à la vision « universelle » que l’on se fait de ce personnage. Dans L’Odyssée, Ulysse est une héros extraordinaire de part son inventivité et est une victime de sa beauté auprès des femmes et déesses telles que Calypso ou Circé. Contrairement à l’Iliade où Ulysse n’est tout d’abord pas un personnage central à l’intrigue et est connu grâce à ses plans un peu saugrenus et ses tromperies permanentes, il n’incarne pas le personnage héroïque contrairement à celui de L’Odyssée. Nous pouvons alors penser Strauss s’est principalement inspirer de l’Iliade afin de dresser le portrait d’Ulysse tout en utilisant les aventures de celui-ci évoquées dans L’Odyssée.


Le personnage de Pénélope a également été confrontée au changement d’époque dans la mise en scène d’Ithaque. La comédienne jouant Pénélope est Ronit Elkabetz, une femme très orientale de part son accent et ses rondeurs. Le choix de Jean-Louis Martinelli s’est alors poser sur la représentation d’une Pénélope étrangère et guerrière. Lors des premières apparitions de l’actrice celle-ci est énorme da part sa corpulence, elle semble monstrueuse à cause de cette difformité : son visage et très beau et son corps assez laid. Elle ne peut se déplacer seule, elle est essoufflée à chaque mouvement, elle semble pathétique, ridicule comme vulnérable en l’absence de son époux. Même les symboles de féminité sont ici répulsifs, sur sa robe bordeaux une sorte de soutien gorge est dessiné en viole, cela fait alors ressortir son importante poitrine qui n’a plus la connotation d’un certain érotisme. Cependant cette difformité cache l’intelligente de celle-ci car elle a dissimulée son propre corps, en effet lorsque la nuit tombe celle-ci ôte sa robe bordeaux bouffante qui lui donne cette allure. C’est alors afin d’effrayer et de repousser les prétendants qu’elle se déguise, par ailleurs cette astuce met en avant sa puissance, elle n’est pas seulement un épouse attendant son mari mais une battante et une reine. Même si la robe insiste sur sa monstruosité et son étrangéité, celle-ci lui permet également d’exercer son autorité, ses fromes font de ce personnage une guerrière prête à se battre afin de conserver son palais et de garder dans les mémoires le souvenir d’Ulysse, elle doit résister à l’omniprésence et l’arrogance des prétendants qui ne croient guère au retour d’Ulysse. D’ailleurs lorsque celle-ci sermonne les prétendants sur leur comportement irrespectueux envers elle, Télémaque, Ulysse et son palais, l’estrade avant vers eux comme si la colère de Pénélope était telle qu’elle parvenait à touché physiquement les prétendants; par ailleurs ce dispositif scénique n’est pas sans rappeler celui du théâtre antique (skéné). L’accent de la comédienne ainsi que son maquillage font référence au voyage notamment à l’Orient, son maquillage avec beaucoup d’eye liner fait penser à une autre femme très puissante qui est Cléopâtre quant à son accent celui-ci apporte une certaine mélodie à son discours qui peut faire penser à celui des sirènes ( même si ces deux « chants » n’ont pas les mêmes connotations). Cette représentation de Pénélope est très surprenante, car c’est elle qui incarne la figure du héros en quelque sorte car comparé à un Ulysse qui se complaint de leurs pleurs même lorsqu’il arrive chez lui, Pénélope semble avoir beaucoup plus de poids face au « chaos » qui règne à Ithaque. C’est comme si dans cette pièce, il y avait une inversion de la figure du pouvoir, qui correspond sans doute à l’évolution du statut de la femme qui est à présent égal à celui de l’homme, peut-être que Botho Strauss souligne le fait que la femme est autant capable de régner qu’un homme, si ce n’est mieux que celui-ci. Contrairement à L’Odyssée où Ulysse est le personnage dominant et où la seule fonction de Pénélope est de l’attendre.


Dans Ithaque, les prétendants sont habillés en costume noir et la plupart portent des lunettes de soleil. Leur rôle n’est traité différent si ce n’est qu’ils ressemblent à de vrais machos qui ne voient qu’en Pénélope un trône et rien d’autre. La figure des prétendants peut être assimilée à celle de la mafia du fait qu’ils soient manipulateurs et « profiteurs », ils escroquent Ulysse en mangeant toutes ses bêtes et en s’acharnant sur son épouse Pénélope. Tout comme l’actrice Ronit Elkabetz, la majorité des prétendants ont un accent afin de rappeler le fait qu’ils viennent de régions différentes et qu’ils viennent seulement conquérir une autre terre, leur intérêt est donc politique. La représentation de Télémaque est quasi similaire à celle des prétendants, il est jeune et est vêtu de noir, en l’absence de son père c’est alors à lui de prendre le pouvoir cependant il ne semble pas assez fort et ne parvint à chasser les prétendants.






En conclusion , Jean-Louis Martinelli donne des images à disposition du spectateur afin que celui-ci imagine le massacre ou la figure de Zeus. Chacun à sa propre vision de l’Odyssée et c’est pour cela que le metteur en scène nous « laisse le choix » afin de nourrir notre imagination. Grâce à de nombreux dispositifs scéniques Jean-Louis Martinelli a su faire voyager Ulysse et son palais à notre époque, même si l’intrigue reste inchangée la mise en scène et le texte de Botho Strauss transposent les problèmes politiques, familiaux à un homme contemporain. Cependant cette comparaison entre la figure d’Ulysse et un homme moderne pose la question suivante : Est-ce qu’un homme serait il prêt à utiliser la ruse, la dissimulation, l’art du langage afin d’atteindre comme Ulysse son objectif ?

jeudi 13 janvier 2011

Clytemnestre




Aujourd’hui, on a parlé des «costumes» que l’on va portés pour Agamemnon, et pour celui de Clytemnestre, j’ai eu en tête cette tenue portée par Lady Gaga. Bien entendu, on ne va pas porter de la viande, mais cela peut nous donner des pistes. Quand je pense à Clytemnestre, j’ai en tête le sang et le meurtre, cette robe en viande serait alors comme un trophé de sa vengeance. Par exemple, quand je joue Cassandre je dois dire : «Tenant à pleines mains leurs propres chairs, nourriture familiale. Misérable fardeau où je vois clairement cœurs et viscères dont un père a goûté».



De ma lecture de la pièce, cette robe fait référence :





  • À la malédiction des Atrides, dont le crime originel de Tantale qui donne son fils Pélops, à manger aux dieux.






  • Aux corps d’enfants tués et dévorés par leurs propres parents. Donc de l’infanticide et du cannibalisme.






  • Aux entrailles d’une mère, Clytemnestre qui pleure sa fille, Iphigénie sacrifiée par Agamemnon.






  • Au meurtre d’Agamemnon, la robe serait alors symbolique de la vengeance ainsi que du «pouvoir» de Clytemnestre et serait alors constitué de la chair d’Agamemnon.

jeudi 16 décembre 2010

Recherches pour la pièce d'Agamemnon

Depuis que je suis sortie du lycée, je n'arrête pas de penser a Agamemnon, je sais que c'est très prématuré mais bon. Concernant l’évolution du drame, comprenant le meurtre d’Agamemnon et celui de Cassandre, j’avais pensé à cette musique : http://www.youtube.com/watch?v=SmijKjosplM&feature=related , bon elle est archi connue et je ne pense pas que cela peut nous être bénéfique dans notre travail, cependant elle reflète ma lecture personnelle de la pièce. J’ai écoutée les musiques proposées par Margot et elles sont très calmes, puis ensuite il y a comme un montée en puissance et cela correspond à la vision que j’ai de l’atmosphère de la pièce.

Ensuite, j’ai fait une recherche sur Scylla car elle était évoquée dans ma partition de Cassandre. Je sais que c’est une recherche personnelle, cependant j’ai jugé que cela pourrait aider « d’autres Cassandre » à la compréhension du texte.


Il s’agit d’une recherche Wikipédia :


Dans la

mythologie grecque

, ce nom est porté par plusieurs personnages, notamment :




Scylla, nymphe qui fut changée en monstre marin et associée à Charybde


:


Ces

deux figures constituaient une métaphore des dangers guettant les premiers marins grecs lors du franchissement d'un détroit considéré dans l'antiquité comme celui de Messine, au large de la côte de la Sicile. Un tourbillon y est causé par la confluence de courants, mais il est rarement dangereux. D'autres thèses proposent par ailleurs une origine au voisinage de la Grèce, sur sa côte nord-ouest, près de l'île Leucadeé, ou dans le Bosphore

 




Scylla fille de Nisos, princesse de Mégare, qui trahit son père par amour pour Minos


.


Alors que Minos assiège la ville de Mégare, il réussit à gagner la faveur de Scylla, fille du roi. Celle-ci, profitant du sommeil de son père, coupe la mèche de cheveux qui lui garantit l'immortalité et la sécurité de sa ville. Mégare tombe, mais Scylla, tourmentée par le remords, se métamorphose en aigrette.


Cette trame fait l'objet de nombreux motifs. La première occurrence de la légende se trouve dans

les Choéphores
d'
Eschyle. Le chœur énumère une liste de forfaits : le meurtre de Méléagre par sa mère Althée, le crime des Lemniennes

, meurtrières de leurs maris, ainsi que celui de Scylla, qui n'est pas nommée. Chez Euripide, Scylla est corrompue par Minos grâce à des colliers d'or crétois.


La seconde occurrence se trouve dans le Ciris (« l'Aigrette »), un poème attribué par les Anciens à

Virgile mais probablement apocryphe. Ici, Minos poursuit un dénommé Polyidos, qui prend refuge à Mégare. Les Moires prédisent que la ville ne tombera pas tant que Nisos conservera sa mèche. Parallèlement, Héra punit Scylla, coupable d'une offense à son encontre, en la rendant amoureuse de Minos : elle coupe la mèche, tuant ainsi son père. Finalement, elle est traînée derrière les bateaux de Minos, sans doute pour parricide, jusqu'à ce qu'Amphitrite, prise de pitié, la métamorphose en aigrette. Zeus transforme alors Nisos en aigle

, prédateur de l'aigrette.


Ovide livre ensuite la version la plus connue du mythe : Minos se rend à Athènes pour venger le meurtre de son fils Androgée par le roi athénien Égée

. En chemin, il assiège Mégare. Scylla, apercevant Minos des remparts de la ville, s'en éprend et coupe la mèche. Minos, horrifié, abandonne Scylla, qui se jette dans la mer. Son père et elle sont ensuite métamorphosés.

mercredi 8 décembre 2010

Extrait d'analyse Klaxon,Trompettes... et pétardes




Klaxon, Trompettes

et pétarades est une pièce satirique où de nombreux sujets sont critiqués et controversés tels que la politique ainsi que la figure du patron. Dans la mise en scène de Marc Prin, ces deux thèmes sont évoqués. Cependant suite à son partis-pris, la chirurgie esthétique à outrance est critiquée et définie comme une sorte de masque. Ce choix fait de la pièce de Dario Fo, une pièce comique dans laquelle on rit des sujets qui fâchent. En mettant en scène une pièce aussi engagée que celle-ci, nous pouvons nous demander comment utiliser le rire afin de dénoncer des sujets importants ? La place du spectateur est alors centrale. De plus il sagit dune pièce qui le concerne « obligatoirement » ne serait ce que dans la relation patron/employé. Pour dégager les partis pris et répondre à cette problématique, nous traiterons l'axe suivant : le côté bricolé de la pièce.


La scénographie est assez épurée. On peut alors penser que les seuls éléments scénographiques ont une importance et une place capitale car ce sont eux qui « créent » le décor. L

espace de jeu est délimité par quatre portes qui représentent différentes salles dun hôpital, celles-ci sont peintes en vert et sont sur roues. Il sagit dun détail important, car grâce à celles-ci nous pouvons tourner les portes et passer de lhôpital au salon de Rosa, les portes deviennent alors rouges. Le fait davoir choisie des couleurs différentes afin de représenter deux espaces aide le spectateur qui aide le spectateur à se retrouver dans cette confusion permanente qui domine la pièce. Suite à cette délimitation du plateau peu importe de part sa taille, nous accédons aux « coulisses » des comédiens, que ce soit dans les coulisses ou sur le plateau, les comédiens sont toujours à vue. Il y a alors deux représentations qui se jouent en quelque sorte. Nous voyons au premier plan lhistoire qui se déroule, et, au deuxième plan, les comédiens qui entrent dans un personnage ou qui passent dun personnage à un autre. Ce partis pris met en avant le bricolage du décor ainsi que celui des comédiens, puisquils sont en permanence en train dincarner des personnages différents. La seule barrière de la scénographie ne sont pas les portes mais notre imagination, le metteur en scène nous met à disposition les comédiens ainsi que lhistoire après cest au spectateur de rentrer dans le dispositif scénographique selon son imaginaire. De plus, la confusion entre Agnelli et Antonio est si importante que de surenchérir avec un décor lourd et imposant, pourrait nous faire perdre le fil. Quant au modelage des comédiens, celui-ci réside dans leur polyvalence à jouer plusieurs rôles. Chaque comédien interprète un rôle qui lui « appartient », cependant ils peuvent également jouer des seconds rôles. Par exemples, la comédienne qui joue Rosa se transforme afin d incarner le « policier transsexuel », ainsi que le comédien qui incarne Agnelli ,Antonio et un infirmier en même temps et Lucia le juge.Concernant le choix des comédiens, celui-ci est basé sur des stéréotypes. La comédienne qui joue Rosa, est petite et assez ronde et porte des robes simples voire banales. En prenant une comédienne au physique sans artifice et non superficiel, il est possible de s
identifier à son personnage. Le fait de prendre des comédiens qui vont à lencontre de leffet dévastateur du faux et des apparences, renforce la critique de la société qui nous pousse à lutilisation de produit, ou dartifices afin d être beau et jeune.



L

élément le plus flagrant du bricolage dans cette pièce est le visage du médecin qui est défiguré par la chirurgie. Le thème de la chirurgie esthétique, qui de nos jours prend une ampleur importante est poussée à lexcès. Celle-ci est tournée en dérision, car elle est utilisée dans la pièce à outrance, comme si il ny avait pas de limites. Le fil conducteur du rire est la surenchère, le médecin semble porter un masque alors quil sagit de son propre visage. Le fait que ce soit le médecin qui est défiguré, renforce la critique de la chirurgie à outrance, car ce sont les médecins qui construisent (ou détruisent) des visages. Le médecin rentre alors dans le cercle vicieux de la recherche de la perfection, ce qui devait être attirant devient repoussant voire effrayant, en obtenant leffet contraire le rire se déclenche aussitôt. Et cest en travaillant sur l excès et la surenchère que cette pièce peut dénoncer et critiquer certains aspects de la société.


 En conclusion, nous avons constaté que les principales armes du rire dans Klaxon, Trompettes

et pétarades sont la démesure, lincompréhension ainsi que la surprise. Tout en abordant des thèmes aussi importants que dérangeants, le spectateur nest pas mis à l écart de ce questionnement mais au contraire, il est invité à participer ne serait ce que par le rire.





 




 

jeudi 2 décembre 2010

JDB du jeudi 2 décembre 2010

Nous avons commencé la séance par une heure de réflexion et de recherches concernant notre « mise en scène » de l’Acte inconnu de Novarina avec cette citation : «  Tu soignes tes entrées, tu soignes tes sorties et entre les deux tu fais ton métier » de Maurice Chevalier qui est cité par Johny Hallyday puis par Novarina. Nous avons dit que les entrées et les sorties chez Novarina sont essentielles, car ce sont grâce à elles, qu’une créature peut naître ou disparaître. Nous allons parler ensuite des journaux de bord de Marine, qui a exprimé ses impressions suite à la lecture de Novarina : « 

je n’y comprenais rien, mais j’y voyais tout ». Suite à cette déclaration, Mr. Dieudonné nous a dit que le Novarina c’est un langage du corps personnel et que c’est comme si notre corps fonctionnait comme un instrument à vent. Quand j’ai lu l’Acte Inconnu, il est vrai que ça m’a paru incompréhensible, cependant j'ai eu l’impression de voir certains « personnages», notamment celui de Irma Grammatica. Je pense que lire du Novarina, c’est ouvrir son esprit et fait sortir quelque chose d’assez personnel en nous, étant donner que les « personnages » ne sont pas décrits, on laisse notre imagination les voir. Il est donc quasi impossible d’avoir deux prestations scéniques identiques, étant donner que notre vision des créatures est personnelle. Quand je joue l’homme à la triple base, j’essaie d’être une machine à parole sans penser à ce que je dis. Je prononce les mots, et ce sont eux qui dirigent mon corps et mes gestes, c’est automatique, je ne réfléchis pas à la manière de faire c’est comme si l’homme à la triple bas naissait. Marc nous a dit que « nous sommes notre propre instrument », notre créature relève de notre imagination alors c’est à nous de laisser sortir toutes nos idées et illusions, et c’est grâce à l’écriture imagé de Novarina que nous pouvons y arriver.

Suite au journal de bord de Charlène, nous avons appris qu’elle a besoin d’être dirigée et qu’elle n’arrive pas à « trouver son chemin ». Mr Dieudonné nous a alors conseillé de nous approprier le texte et de prendre des risques. Les premières fois où l’on a « joué » l’Acte Inconnu, j’étais assez sceptique dans le sens où justement la pièce n’avait pas vraiment de sens et que je n’arrivais pas à représenter les créatures de Novarina en leur rendant vivants. Afin de trouver une place dans ce projet, j’ai essayé de faire plusieurs créatures, plusieurs de mes propositions n’étaient pas bonnes, car je me forçais à faire semblant. Suite à mes nombreuses propositions, j’ai pu m’approprier une créature qui est la machine à dire oui, en sachant que j’étais sur la bonne voie, j’étais beaucoup plus confiante pour la suite. L’envie de me surpasser et d’avoir une vraie place dans l’Acte Inconnu est principalement dû au fait que j’aime le théâtre de parole où notre créativité et notre vision personnelle nous permettent de « cerner » le texte et en quelque sorte de réussir.

Nous avons ensuite parlé des matériaux que nous allons utiliser à la prochaine séance. Afin de peindre notre parcours, nous avons décidé d’utiliser du papier peint afin que la peinture ne coule pas durant les représentations d’Agamemnon et de l’Illusion Comique. Nous avons également rappelé le principal objectif de cette année en théâtre qui est une présentation de notre travail qui grossièrement est une photographie de chaque œuvre pour le bac. Pour cela le groupe doit être collectif, comme solidaire et investie, car le travail sera la représentation du groupe.

Durant les deux heures suivantes, nous avons travaillé sur une partition des chantres 1 et 2. Et notamment où de nombreuses images sont citées, nous avons dû « mimer » les actions du texte, le travail reposait sur le langage et le corps. extraterrestres. Le groupe était divisé en plusieurs villes qui étaient en guerre, puis ensuite mimer d’autres actions ou créatures telles que des vampires. Cette séance nous a permis d’ouvrir notre imagination afin d’imiter des images et de travailler collectivement parce que tout le groupe est sur le plateau. Selon moi, le point positif de cette séance a été que même Jane et Agnès sont devenues deux Protovolsques, elles ont dû alors trouver un nouveau langage ainsi qu’une nouvelle démarche, afin de devenir des montres, des les personnes qui n’avaient pas de texte lors de cette partition ont pu jouées donc avoir une place importante. Personnellement, je me suis sentie « utile » lors de ce travail, car le fait de prendre le texte afin de le représenter à dû aider Marine et Cynthia qui ont une partition assez importante. Lors de cette séance, j’ai eu l’impression que l’on était toutes connectée afin de former un ensemble plutôt homogène et symétrique, j’ai vraiment ressentie cette solidarité entre nous. D’ailleurs ce que je préfère dans le travail, c’est l’échange que ce soit avec les spectateurs ou le groupe.

Je pense sincèrement que cette séance a été intéressante pour toutes, étant donner qu’elle était basée sur l’échange. En effet, nous avons toutes à peu près, trouvé notre place plus ou moins importante. Suite à cette séance, nous avons mis en pratique l’aspect imagé du texte de Novarina, ce qui nous a aidés à mieux comprendre ce texte complexe.