mercredi 19 janvier 2011

Analyse de spectacle: Ithaque (Botho Strauss / Jean-Louis Martinelli)

Au niveau de la scénographie, on remarque que dans le décor, il y a un mélange d’Antique et de contemporain. En effet, le large escalier et les colonnes représente le côté Antique et la couleur du décor, c'est-à-dire l’aspect béton et le palais recomposé montre le côté contemporain. De plus, le décor est mobile. Les colonnes en béton noires se transforment en ascenseur pour Athéna (montre son aspect guerrière et triomphante) et l’immense escalier où est posé le lit blanc de Pénélope s’avance devant les prétendants (Pénélope fait la morale à Anthinos). Le fait que l’escalier avance et recule peut montrer la colère de Pénélope et le fait qu’elle veut se faire entendre. Dans Ithaque, on remarque que c’est une femme de caractère. Le lit de Pénélope est blanc. Cela peut montrer son côté pure, amoureuse, innocente, pure et fidèle. Au début de la pièce, à l’avant-scène il y a un plan d’eau et un voile représentant des rochers. C’est l’arrivé d’Ulysse à Ithaque. Il est échoué au bord d’une plage et ce voile de rocher représente la façade entre la mer et la terre. Cela nous plonge directement dans l’histoire d’Ulysse et nous sommes captivés par ses moindres faits et gestes. Cela amplifie le côté onirique. Enfin, à la fin de la pièce, un arbre suspendu est placé au milieu de la scène. Il est blanc, symbole de pureté et parle. A chaque parole, une lumière verte l’éclaire. Cet arbre représente les dieux. C’est un symbole d’espoir et chance tout comme la couleur vert choisi pour apaiser les paroles.

Beaucoup de personnages sont présents mais tous essentiels dans Ithaque. Tout d’abord, il y a trois femmes qui nous content l’histoire d’Ulysse. Dans le texte d’origine, elle n’existe pas. Elles sont habillées soit avec des robes noires, soit blanches (comme si les moments horribles ou tragique se reflète au niveau de la couleur de leur vêtement). Ces femmes sont une invention de Bortho Strauss et elle décalque et modernise le texte d’Homère. On ne sait pas vraiment ce qu’elles sont mais pour moi, elles représenteraient le chœur. En effet, ces trois femmes forment une unité (bijoux à une partie différente du corps pour chacune d’entre elles) et nous éclaire sur l’histoire. Puis, il y a les prétendants. Ces hommes sont habillés de façon moderne (décalage avec l’Antiquité + apporte le côté contemporain à la pièce). Ils portent un pantalon noir, simple et une chemise. Ils ont un côté bad boy et le côté gang est omniprésent (parallèle au film Grease avec John Travolta). Ils représentent aussi des hommes d’Etat car ils veulent avoir le pouvoir. Athéna, elle, représente bien la déesse de la guerre et de la sagesse. Ses costumes la distingue bien des autres personnages (Soit elle est habillée en blanc rappelant son coté déesse, soit elle porte un casque et est habillée comme une guerrière). Dans cette pièce, je trouve qu’on amplifie le fait qu’Ulysse n’est rien sans Athéna. C’est une femme importante, c’est le soutien d’Ulysse et sans elle, il n’aurait pas pu parcourir tous ce chemin, surmonté ses épreuves et retrouvé sa terre, Ithaque. Pénélope est une femme importante et ayant beaucoup d’importance. Botho Strauss ne la représente pas comme dans l’Odyssée, c'est-à-dire une femme sans caractère et douce mais plutôt une femme qui ne se laisse pas faire, qui a du répondant et ayant beaucoup de caractère. Au début de la pièce, Pénélope porte une robe noire (symbole du deuil) et est énorme (amplifie son côté indésirable et repoussante). Puis, lorsqu’elle rencontre Ulysse, elle porte une robe rouge et est mince. La couleur rouge rappelle l’amour, la passion qu’éprouve Pénélope envers Ulysse et rappelle son côté royale et son triomphe sur les prétendants. Enfin, Ulysse représente le côté guerrier et l’homme doté de maturité et de sagesse (grâce aux épreuves qu’il a endurés). Il porte différents vêtements. Au début, lorsqu’il est échoué, il porte un habit en cuir (côté guerrier), ensuite il porte un habit de mendiant (grosse chaussure, vieux habits) et enfin, à la fin de la pièce, il porte son costume d’apparat, c'est-à-dire une armure et un casque en or. Dans cette pièce, Ulysse représente bien le garant de l’ordre, de la tradition et est accroché à son mythe de héros.

Analyse de spectacle/ Ithaque/Jean-Louis Martinelli/ Nanterre



Scénographie:






La mise en scène de cette pièce nous donne en spectacle de multiples procédés:on a quelque part l'impression d'être retourné à la période des théâtres antiques dans toute leur dimension spectaculaire, puisque l'on peut remarquer qu'il y a un réel travail sur la magnificence et la beauté d'un spectacle de théâtre, mais on a à la fois l'impression d'être dans une salle de cinéma aujourd'hui, grâce à l'utilisation de plusieurs procédés vidéo. (Ulysse pourrait même être devenu le héros d'un jeu vidéo auquel le spectateur serait en train de jouer, il recevrait les conseils d'Athéna pour avancer dans le jeu).



On remarque que certains éléments de la mise en scène rappellent des éléments du théâtre dans l'antiquité: par exemple lorsque la plateforme où se trouve la chambre de Pénélope se met à avancer, cela peut nous faire penser à un éccyclème. Comme dans l'antiquité c'est une pièce qui nous présente des partis pris visant à éblouir le spectateur, tout est mis en œuvre pour qu'il soit émerveillé: par exemple la présence de l'eau sur l'avant scène, ou encore tous les procédés moderne comme la vidéo projection, les micros qui permettent de faire résonner les voix des acteurs ainsi que tous les objets qui descendent des cintres (comme le tulle, le rideau de maille, les vêtements...) ou encore tous les effets d'ombres ( Athéna, le massacre...).Tous ces procédés peuvent nous rappeler aussi d'une certaine manière l'aspect magique de ce mythe puisqu'il est difficile de le représenter sur une scène de théâtre contrairement au cinéma où les effets spéciaux peuvent prendre place et donner vie a la magie. On se rend compte que toute référence à l'antiquité fait appel à des dispositifs modernes, ainsi le mélange des époques est d'autant plus mis en avant puisque d'une certaine manière c'est grâce au nouveau que l'on peut faire revivre l'ancien. Il est aussi important de remarquer que le dispositif scénique permet aux comédiens d'avoir une certaine déambulation sur le plateau,(Athéna se place souvent dans des endroits de la scène qui lui permettent grâce à l'éclairage d'être illuminée de façon à faire ressortir malgré son aspect humaine la déesse qu'elle est. On remarque également que l'endroit où se trouve la chambre de Pénélope est un espace surélevé qui n'est pas accessible à tous les personnages. Les prétendants et les servantes n'y ont jamais accès bien qu'à plusieurs reprises ils tentent d'y accéder, ils ne franchissent jamais l'escalier. De plus c'est l'espace d'intimité d'Ulysse et Pénélope ,l'endroit où chaque prétendant voudrait remplacer Ulysse or, aucun n'y parvient ce qui se rapporte au récit dans lequel aucun prétendant ne parvient à prendre la place d'Ulysse. Pénélope quant à elle y semble comme une princesse prisonnière d'un donjon puisqu'elle ne se déplace pratiquement jamais hors de cette chambre, mais en même temps elle ne semble pas avoir envie de s'en échapper en souvenir de son époux. C'est une chambre représenté uniquement par un lit blanc, les alentours sont vides et froids comme la blancheur du lit ce qui pourrait nous amener à penser qu'elle représenterait le vide dans la vie de Pénélope et la fraicheur du lit dans lequel elle dort depuis le départ d'Ulysse. D'ailleurs au début de la pièce Ulysse arrive à terre et petit à petit il va accéder aux niveaux supérieurs jusqu'à arriver au sommet ce qui représente la figure de l'homme qui par la force et le courage devient un héros.



Cependant, malgré toute cette splendeur de la mise en scène beaucoup d'évènements sont cachés par le tulle qui devient presque comme un tableau de peinture représentant une muraille, puis rapportés ensuite par trois femmes en robe noire qui pourraient avoir le rôle de narratrices. ( par ex: le massacre des prétendants ). Ce qui je trouve casse légèrement la magnificence qui est extrêmement mise en avant dans cette mise en scène puisque les moments les plus spectaculaires et auxquels s'attend le spectateur lui sont pour ainsi dire éludés.



Au début de la pièce Athéna propose à Ulysse de lui montrer sa femme et son fils et fais descendre le tulle par magie et l'on voit derrière une scène entre Pénélope et Télémaque, on est donc face à une mise en abyme du théâtre dans le théâtre, ce qui m'a beaucoup rappeler le moment où Alcandre montre à Pridamant son fils Clindor dans l'Illusion Comique de Corneille.



L'un des moments qui m'a le plus plu dans cette mise en scène, est le moment où les prétendants après avoir été massacrés par Ulysse et Télémaque tombent dans le trou au sol de la scène. C'est un moment qui se déroule en musique douce et attirante et l'on voit les prétendants se jeter littéralement dans cet sorte de gouffre qui semble les engloutir. Ce qui rend cette scène spectaculaire à mon goût c'est aussi le fait que l'on entende aucun bruit lorsque les prétendants tombent dans le vide un peu comme si ils étaient attirés par le royaume d'Hadès en silence ce qui rend cette scène inquiétante et belle et belle à la fois. Cependant l'effet est une fois de plus brisé par un évènement postérieur qui est de ramener tous les cadavres des prétendants les uns a coté des autres alignés de manière grotesque presque comme des poissons que l'on aurait péché alors que leur disparition était éblouissante.









Les personnages:






J'ai trouvé que la distribution des personnages n'était peut être pas toujours en adéquation avec le texte et surtout avec l'image que notre culture a batti d'un Ulysse grand, beau et fort dans notre esprit. Depuis toujours Ulysse est comme un symbole de virilité, de masculinité, de beauté, d'aisance et de force puisque c'est le héros de l'Illiade et ensuite de l'Odyssée or, là on est face à un Ulysse qui nous apparaît comme plus vieux et plus dépité, la dimension héroïque semble avoir été mise de coté, le Ulysse que l'on nous présente est un Ulysse qui témoigne par son corps, sa diction, et son jeu de l'atrocité de la guerre et les blessures qu'elle a pu laisser sur lui ainsi que la peine qu'il endure d'être loin de sa patrie et de sa famille. En effet on remarque qu'il ne se tient pas toujours très droit et qu'à certains moments il se met carrément à pleurer dans les bras de la nourrice. Tout au long de la pièce il est habillé de manière étrange mais jamais de manière contemporaine sauf à la fin de la pièce où il enfile une veste de costume noire pour rejoindre les comédiens un peu comme si finalement tout cela nous était présenté comme une pièce de théâtre et qu'avant même la fin de la pièce elle même les comédiens venaient se présenter à nous.



Pénélope au contraire elle, est présentée comme une femme forte presque à l'image d'une guerrière ce qui met l'accent sur des choses qui je trouve sont la plupart du temps laissées de côté. En effet Pénélope est sans cesse représentée comme une pauvre femme abandonnée qui attend sagement son époux et qui se fait courtiser par des prétendants abusant de son hospitalité et chérissant son statut. Cette Pénélope est pour ainsi dire totalement différente: au tout début de la pièce elle est représentée avec un corps difforme ce qui la rend étrange et en même temps un peu comique puisqu'on voit qu'elle a du mal à se déplacer c'est un moment où elle ne sort pas de sa chambre (peut être parce que l'effort physique que la comédienne doit fournir face à cette contrainte serait trop importante) alors qu'au fur et à mesure de la pièce elle retire son costume extra large et apparaît dans une robe plus fine et seyante dans un style très orientalisé ; de même que son accent dut a son origine la rend étrangère. Ce qui m'a rappelé la mise en scène d'Agamemnon par Ariane Mnouchkine qui témoignait du fait que finalement pour faire revivre une histoire telle qu'une tragédie antique (ou encore ici un texte comme l'odyssée) il fallait aller chercher ailleurs puisque ce sont des textes qui malgré toute traduction sont devenus partie intégrante une culture étrangère.



Les prétendants également représente pour moi dans cette mise en scène les étrangers car ils ont tous un accent différents ce qui pour moi témoigne du fait que ce sont des hommes venus de provinces différentes pour courtiser la même femme et donc qu'ils sont tous de pays voisins et qu'ainsi ils représentent à eux seuls toute une culture venue d'ailleurs. On remarque cependant que comme dans le texte il existe une hiérarchie au sein même des prétendants: il y a les meneurs (Antinoos) et les suiveurs. Malgré cet aspect étranger ils représentent aussi le monde moderne, d'aujourd'hui par leur vêtements, leur attitude, et l'on remarque que dans sa traduction Botho Strauss les fait très souvent dire des injures.



Télémaque, lui, m'a énormément rappelé les adolescents d'ajourd'hui qui essai de faire entendre leurs voix tout comme lui essaie de le faire auprès de sa mère ainsi que parmi les prétendants.



Les servantes jouent un rôle secondaires dans la pièce mais cependant elles témoignent aussi de l'étrangeté de la mise en scène, puisque dans un premier temps elles apparaissent avec des vêtements noirs un peu souillés différentes de tous les autres personnages de la pièce , de plus elles ne parlent jamais ce qui pourrait venir du fait qu'elle ne parle pas la même langue que les autres personnages de la pièce. Elles apparaissent également plus comme des courtisanes que comme des suivantes elles dansent devant les prétendants, s'adonnent à des jeux de séduction sexuels avec eux, et l'on apprend qu'en réalité elles se sont comportés comme des filles de rues et non pas comme des servantes dignes d'un aussi grand palais que celui d'Ulysse et Pénélope.



Le personnage de la nourrice est un personnage important je trouve puisque c'est elle qui reconnaît Ulysse grâce à sa cicatrice et que c'est elle qui l'a élevée, elle serait un peu comme sa seconde mère. Seulement je trouve que dans son parti pris Martinelli a trop essayer d'illustrer l'image de la vieille dame malade fatiguée de la vie avec sa canne à la main et en âge de mourir, ce que je trouve trop illustratif pour le coup.



Les trois femmes en noir puis en beige sont des figures énigmatiques, elles ont été ajoutées au texte d'Homère ainsi on ne sait pas vraiment comment interpréter leurs échanges mais on peut suggérer qu'il s'agit de muses ou d'érinyes ou peut être même de déesses et à un certain moment où elles habillent Ulysse et à un autre Pénélope on pourrait penser qu'il s'agit de suivantes. Cependant elles portent chacune une sorte d'écaille brillante au niveau d'une partie spécifique du corps (genou...)ainsi elles pourraient représentées chacune des parties du corps de Pénélope. Leur rôle est principalement celui du narratrices elles disent ce qu'il se passe derrière les rideaux et à certains moments elles décrivent les sentiments de Pénélope comme si elles voyaient et savaient tout ce qui pourrait advenir dans la pièce. J'ai trouvé intéressant par rapport à notre travail de plateau: la façon dont a été traité l'unificité de leur personnage.

Extrait d'Analyse Ithaque, Jean-Louis Martinelli par Valentine



  • Tout d'abord, le sujet que nous allons traiter est celui de l'oscillation permanente entre le contemporain et l‘antiquité. En effet, nous ne pouvons parler d'actualisation puisqu'il s'agirait de mettre à jour une épopée écrite il y a plus de 29 siècles. Au contraire, la mise en scène de Martinelli tend à concorder les deux époques, et je dirais même à étendre la pièce et l'histoire d'Ulysse sur tout l'espace temps qui nous éloigne de celui-ci. Il rend cette épopée intemporelle, ce qui est le propre d'une œuvre classique : être universelle et intemporelle. Dans la scénographie de Martinelli, on entrevoit concrètement cette pensée. Nous sommes face à un espace scénique à la fois spectaculaire et étrange car nous ne sommes ni dans une Grèce d'il y a deux mille ans, ni en 2011. Assurément on retrouve des éléments dit authentiques. Premièrement, les grandes marches, symbolisant le somptueux palais d'Ulysse, ou devrait-on dire de Pénélope, nous ancrent dans un univers de richesse et de pouvoir. Elles représentent la séparation entre Pénélope et les prétendants et donc entre la noblesse de celle-ci et la décadence de ces derniers. Par ailleurs, elle ne descendra jamais de son trône en présence des prétendants. Les marches s'avanceront vers eux avec violence en les poussant dans l'eau, siégée à l'avant scène. Cette image est frappante lorsque l'on connaît la fin de l'histoire et ce qui arrivera aux prétendants. Effectivement, on pense immédiatement aux marches avançant comme on penserait à Ulysse marchant sur ses rivaux. Les marches deviennent la métaphore du retour d'Ulysse qui tuera les prétendants, en marchant vers eux sans pitié. Les marches sont symboliques et nous font en effet penser à la représentation d'un palais grec. Cette pensée est accentuée par les six colonnes géantes entourant la scène. Nous avons, en combinant les marches et les colonnes, l'image d'une grande habitation grecque, comme il est coutume de voir. Mais, alors qu'elles auraient pu être en grosses pierres, comme l'est le Parthénon, Martinelli choisit de les construire en une sorte de métal, de béton, qui donne un aspect à la fois très robotique et métallique, mais aussi un aspect onirique. Car cette matière ambigüe n'est pas véritablement la représentation du réel ou du contemporain, mais doit être davantage associée à une « non existence », à une matière illusoire, ou appartenant à un imaginaire. En cela, Martinelli cherche à développer l'imaginaire du spectateur. Selon lui, cet imaginaire doit « prendre le relais ». D'ailleurs, le metteur en scène citera Georges Banu en disant que « là où le concret se dérobe, l’imaginaire se développe ». C’est ce que nous tendons à expliquer : Martinelli ne cherche pas à reproduire le réel ou à actualiser l’épopée d’Ulysse. Au contraire, il aspire à placer le héros grec dans un espace imaginaire, entre l’authentique et le contemporain. Martinelli tente de donner « des traces de l ’Antique de façon indicielle, et de montrer comment elles vont contaminer l’espace contemporain ».


  • C’est ce qui se produit dans le choix des costumes. Nous sommes une fois encore plongés dans un entre deux. Par exemple, Pénélope et Eumée portent des costumes qui se rapprocheraient de « reproductions ». Au contraire, les prétendants sont vêtus de costumes que l’on pourrait qualifier de plus « moderne ». Les termes sont à choisir avec précaution car il ne s’agirait pas de qualifier un costume de moderne ou de vrai, de réel. Ceux-ci pourraient représenter une évolution ou alors ne seraient que l’illustration, l’iconographie, d’une scène de la Grèce antique. D’autre part, ils représentent parfois une évolution qui symbolise l’empreinte, la contamination de l’espace contemporain. Par exemple, lors de la scène des trois générations sous l’arbre, avec l’aède, Ulysse et Télémaque, chacun est costumé d’une manière différente. L’aède est en toge, Ulysse en armure flambant neuve tandis que Télémaque, lui, porte des vêtements contemporains, comme un tee-shirt noir et un jean. Face à ce choix de costumes, on s’aperçoit que chaque personnage, dans la suite des âges, représente une époque. Nous ne pouvons pas parler d’une réelle suite logique du temps, mais plutôt d’une continuité ou d’une représentation du temps qui passe et de l’évolution que celui-ci engendre.


  • L’espace et la mise en scène consacrés aux prétendants, entrent eux aussi dans une pérennité du temps et de son influence. Mais Martinelli accentue le côté universel des prétendants, tout en gardant la notion d’intemporalité. Celle-ci est visible premièrement avec le buffet qui accompagne sans cesse les « squatteurs ». En effet, nous sommes face à des pichets de vin, à du raisin, à toutes sortes de nourritures et de boissons en abondance. De plus, l’atmosphère festive, allant jusqu’à en être orgiaque, avec les danses des femmes et la relation entre les prétendants et les servantes, prenant à de nombreuses reprises des pauses luxurieuses, nous plonge, certes à effet moindre, dans un espace semblable aux fêtes romaines, excessives et exubérantes, un espace de tout les excès. L’intemporalité de cette débauche est bien entendu présente encore aujourd’hui. Nous pouvons prendre comme exemple celui des rave party, qui font chaque année des dizaines de morts dus à la drogue, à l’alcool et à la violence qui y règnent. Cette intemporalité est présente dans la mise en scène de Martinelli. En effet, nous sommes face à un buffet et à des divertissements comparables à ceux des grecs, mais les prétendants boivent dans des coupes à champagne, mangent avec des fourchettes, bref, utilisent des éléments contemporains. Une notion voisine à celle d’intemporalité est celle d’universalité. Cette notion apparaît avec le cosmopolitisme qui règne parmi les prétendants. Ceux-ci on presque tous un accent, qu’il soit du sud ou allemand. Nous sommes donc face à une mixité qui rappelle l’universalité des prétendants. Mais nous devons nous poser une question : pourquoi faire le choix de rendre les prétendants universels et intemporels? La réponse est liée à la représentation politique de ceux-ci. Effectivement, ils sont tous des jeunes hommes politiques qui ne cherchent qu’à prendre le pouvoir. Pour cela , ils ont recours à un outil efficace et manipulable : le langage. Les prétendants se servent de celui-ci afin d’arriver à leur fin, et pour cela, toutes les ruses sont permises. Face à ce parti pris du metteur en scène, nous sommes proches de la mise en scène d’Agamemnon de David Géry. Celui-ci place les protagonistes dans un procédé autour duquel s’enclenchent deux éléments : le pouvoir et les médias. L’un étant au service de l’autre à la manière d’un cercle vicieux et pervers. La politique se sert du langage au travers des médias pour se donner une image de paillette qu’elle n’a pas. C’est un rapprochement possible avec la représentation des prétendants de Martinelli, qui choisit de les représenter comme des jeunes coqs, prêts à tout pour accaparer le trône d’Ulysse.


  • En conclusion, nous nous appuierons sur une phrase de Botho Strauss, qui dira que la société des grecs est « régie par le sport, la frime et la débauche ». C’est un constat à faire à notre société également, elle même régie par l’apparence, avec les médias devenus souverains bien de nos existences. Ainsi, on comprend mieux l’incidence des sociétés antiques sur nos sociétés modernes, et le choix de Martinelli à vouloir retranscrire cela dans sa mise en scène.

Analyse de spectacle/ Ithaque/Jean-Louis Martinelli/ Nanterre

Ithaque est un extrait de l'Odyssée racontant le retour d'Ulysse dans sa patrie. Jean-Louis Martinelli a reprit une traduction contemporaine de Botho Strauss. Cela change la dimension donnée à ce passage de l'Odyssée. Il choisit donc à la fois de moderniser l'histoire, tout en conservant, ou faisant référence à des éléments de l'Antiquité. Nous pouvons alors nous poser la question de comment adapter à notre époque l'Odyssée d'Ulysse, récit datant de la Grèce Antique ? Nous allons tout d'abord voir que cette mise en scène est à la fois esthétique voir spectaculaire. Ensuite nous verrons qu'elle ne se déroule pas concrètement dans une époque spécifique. Enfin, nous verrons quelle vision de l'Odyssée apporte cette mise en scène.


Critique JDD d'Ithaque


Lorsque la scène nous apparaît pour la première fois, nous apercevons en avant scène une marée d'eau, d'où Ulysse arrive. On ne voit que cela au début, et elle reste tout au long de l'oeuvre. Elle représente à la fois la mer autour de l'île d'Ithaque, mais elle peut aussi représenter de ce fait le long et rude d'Ulysse. Durant ce voyage, la met est extrêmement importante puisque c'est grâce à elle qu'il pourrait rentrer mais Poséidon en parti, par exemple, l'en empêche. Cette eau en avant scène est donc symbolique du périple d'Ulysse qui l'a ramené en Ithaque après 20 longues années. C'set comme si la pièce naissait en sortant de cette eau (c'est en effet en quelque sorte le cas dans l'histoire même), du moins elle débute par cette belle image.


Une sorte de voile se trouve derrière cette marrée d'eau, apparemment en mailles. L'eau se reflète alors dessus et apporte une image intéressante, comme si nous voyons l'horizon et la mer à perte de vue. On croirait aussi voir des rochers. On aperçoit vaguement derrière un grand escalier et sa femme Pénélope, comme si nous étions dans les songes d'Ulysse. Ce voile peut faire écho à l'espère de "brouillard" dans lequel se trouve Ulysse à cet instant jusqu'à ce qu'Athéna le lui dise. Alors le spectateur en même temps que lui découvre (redécouvre pour Ulysse) Ithaque, avec ce voile qui disparaît.

De grandes marches dominent donc l'arrière de la scène. En haut de celles ci se trouve Pénélope pendant la majorité de la pièce. Le seul meuble présent s'y trouvant et le lit conjugal, endroit dont il est en effet très souvent question dans l'Odyssée. C'est le lieu de l'union entre Pénélope et Ulysse. Il symbolise aussi ce que cherchent à atteindre les prétendants d'en bas. On peut d'ailleurs remarquer que les marches sont légèrement décalées au niveau du lit et personne ne monte par cet endroit si ce n'est Ulysse et Pénélope à la fin de la pièce lorsqu'ils se retrouvent. Ce lieu finalement quasi inatteignable (peu de gens y montent), s'élevant vers la hauteur, semblerait presque être un lieu sacré entre le monde réel un au delà. C'est d'ailleurs l'état dans lequel se trouve Pénélope avant qu'elle ne retrouve son Ulysse : entre la vie et la mort. On pourrait aussi peut être penser qu'elle s'élève vers les Dieux pour que ceux ci lui viennent en aide.





Ce désir de représenter Ithaque de manière à la fois esthétique et spectaculaire rappelle évidement le théâtre antique. Le "Palais" n'est pas représenté comme un monument de l'Antiquité grec cependant on y retrouve des éléments qui y font référence. Ce n'est ni un décors "d'époque" ni un décors véritablement moderne. C'est comme si la pièce se trouvait dans un chemin entre les deux. Par exemple, les grands escaliers sont fait d'une matière qui n'est pas vraiment définissable, entre la pierre et le béton. Les 4 colonnes de chaque côté rappellent celles des monuments de la Grèce Antique, mais elles sont en béton, ou bien nous voyons carrément un "échafaudage". Il y'a même un ascenseur dans l'une d'elle (dans lequel Athéna monte). On retrouve aussi des meubles contemporains comme les tables et chaises.


Les haches dans lesquelles veulent tirer à l'arc les prétendants ont une allure ancienne, mais lorsque Ulysse tire dedans, cela provoque un feu avec des pétards qui traversent ces haches. Moderne et plus ancien sont mélangés pour rendre une assez belle image. D'autre part le fait que le massacre ne soit pas à vue rappel le fait que dans le théâtre antique, les meurtres n'étaient pas à vue.


Trois femmes racontent souvent l'histoire. Elles m'ont un peu fait penser aux Muses. Elles sont grandes, aux cheveux longs tressés, portent des robes noirs mais qui n'ont pas la même forme. Elles se déplacent en même temps, symétriquement, comme si une femme se reflétait dans plusieurs miroirs. Cependant elles se partagent le textes et ne sont physiquement pas identiques. Elles ne sont pas une seule personne mais forment une unité tout de même. Ensemble, elles pourraient former un seul corps. Elles sont marquées à un endroit différent de celui-ci. L'une a un serpent au niveau de la clavicule, une autre a un bracelet au poignet et l'autre a une sorte de genouillere en métal. Elles chantent parfois. Elles rappellent les choeurs de l'Antiquité. C'est 3 femmes sont harmonieusement différentes. Elles sont les seules à ne pas être des personnages de l'Odyssée d'Homère. Leur fonction est de raconter l'histoire, un peu comme un aède. Elles créent un lien avec le spectateur, ce qui rappel à nouveau le choeur dans l'Antiquité. De plus elles parlent dans un micro ce qui les détachent un peu des autres acteurs. J'ai eu l'impression qu'il y avait l'histoire, et qu'elles venaient au milieu de celle ci sans y participer réellement. Elles commentent juste ce qu'il se passe, voir aident les acteurs (quand elles habilles Pénélope par exemple). Elles sont en quelque sorte aussi spectatrices.





Jean Louis Martinelli à donc décidé de ne pas présenter une pièce qui se situe clairement dans un contexte temporel. Il a choisit de prendre une traduction de l'Odyssée très moderne, qui rend peut être le message de la pièce plus important pour notre époque mais qui de se fait aussi, prive le spectateur de la beauté du texte d'origine. C'est une pièce assez impressionnante qui nous montrent beaucoup d'images, on se croirait presque devant un film parfois, le risque est peut être d'être un peu éblouit par tout cela et ne plus vraiment voir l'essentiel.

Analyse de Spectacle : Ithaque/Jean Louis Martinelli/Nanterre.

Tout d’abord, ce spectacle a été mis en scène dans un décor épuré et froid. Nous étions placés devant un dispositif scénique imposant conçu selon trois plans : le rivage où échoue Ulysse, le plateau central où s'agitent les prétendants au trône et, au sommet d'un escalier géant, la chambre à coucher de Pénélope. L’absence de couleurs, de beauté et de raffinement donnait une image assez contemporaine du récit. Une image qui pouvait plaire ou ne pas plaire. En tout cas, cet aspect de la pièce ne reflétait aucunement ma version de ce chant. Effectivement, je m’attendais à être emportée et éblouit par des paysages fleurissants et harmonieux d’une patrie retrouvée. Au lieu de cela, nous avions juste à notre vue des murs en béton sombres. Ce parti pris était risqué dans le sens où il ne représentait absolument pas l’univers « féérique » apporté par Homère.

Cependant, plusieurs dispositifs de la représentation l’ont rendu plus ou moins intéressante. Dans un premier temps, le fait qu’une étendue d’eau sur le devant de la scène soit mise en place était recherché dans le sens où il y avait une allusion à la mer, élément essentiel dans le voyage d’Ulysse le menant à travers divers pays et territoires maléfiques : C’est de par l’eau qu’il est parti et qu’il est également revenu. Un parti pris qui m’a interpellé par son originalité et sa connotation par rapport au récit. De plus, cet aspect du spectacle possédait une fonction particulière. En effet, il avait pour rôle, à mon sens, de mettre en avant les personnages, le chœur et les combats par le bruit que l’eau provoquait. Dans un second temps, les rideaux en mailles de métal souple renvoyaient une image cinématographique de la pièce. Effectivement, ce dispositif donnait l’impression que la scène présentée, que l’on pouvait distinguer à travers les mailles, était semblable à une séquence d’un film des années 50, du moins c’est vraiment l’impression que ça m’a donné au tout premier abord. Ensuite, à un moment de la pièce, après le massacre des prétendants, une trappe s’est ouverte : les comédiens jouant les prétendants se sont tous avancés vers cette trappe donnant, de loin, à un trou béant, et, un par un, ils s’y sont jetés sans scrupule. Cette idée était vraiment époustouflante, elle laissait penser que cette trappe était la porte ouvrant sur les Enfers ou le monde des morts. C’était recherché, culoté et très beau visuellement parlant. Nous avions clairement une image d’une entrée vers un au-delà et cela m’a beaucoup plu.

Par ailleurs, la comédienne qui jouait Pénélope, bien que belle et pleine de charme, était quelque peu perturbante par sa voix grave, cassée et son accent étranger qui ne lui permettait pas d’articuler clairement sa partition, de ce fait, son jeu était déroutant, à la limite du grotesque et nous ne pouvions pas comprendre parfois, la portée de ses paroles et ce qu’elles dégageaient. En revanche, sa présence imposante, sa majesté et son élégance rendait là pièce vivante. Par ailleurs, la modernité de son personnage était réellement ancrée dans son jeu par le fait qu’elle fumait dans son lit des cigarettes de notre époque en plein milieu d’une scène entre Ulysse et le vieillard.

Concernant Ulysse, j’ai été surprise de découvrir un homme vulnérable, maigrelet, à l’allure peu impressionnante. Effectivement, par le récit d’Homère, je m’imaginais un Ulysse grand, fort, imposant et beau. Malgré cela, son jeu était vivant, rempli de sincérité et grandiose. Parfois, il me donnait des frissons. Je pense que c’est le passage du massacre qui m’a montré à quel point ce comédien avait de la rigueur mais aussi une façon de joueur profondément juste et humaine.

Les huit comédiens interprétant les prétendants, quant à eux, avaient une présence et une assurance qui a souvent attiré mon attention. Leur agressivité, leurs costumes très contemporains et leurs actions ont été le pilier de cette pièce à mon sens. Les instants de combats, de moqueries et de cruauté effectués par ces comédiens ont donné de la vie à cette pièce et du mouvement..

Le chœur, composé de trois jeunes femmes, toutes vêtues de robes longues et noires, chantaient les chants de l’Odyssée sans forcément conter l’histoire. Leurs passages étaient beaux, sensuels et délicats. En effet, pleine de grâce, elles se réunissaient comme pour montrer au public qu’elles formaient à elle trois un être entier et elles venaient nous chanter le récit d’Homère. Par conséquent, nous pouvons prétendre que le chœur de Martinelli était semblable à une chorale de voix féminines car leurs paroles, sans chants, se faisaient rares voir inexistantes. De plus, les femmes formant le chœur faisaient également office de servantes, notamment auprès de Pénélope. Elles étaient quelques fois là pour la rassurer, la baigner dans une atmosphère paisible et sereine. Elles avaient donc deux rôles bien distincts qui leur donnaient un coté protecteur. Nous avions donc sur scène un chœur qui nous emmitouflait dans un doux cocoon protecteur avec ces doux chants.

Puis, concernant Athéna, l’adjuvant d’Ulysse, nous pouvons dire que ces apparitions étaient, dans un premier temps, gracieuses et rassurantes. Sa chevelure, d’une blondeur flagrante, nous donnait l’impression que c’était un ange venu du ciel. Son envol et le fait qu’elle soit, à un moment de la pièce, dans une sorte d’ascenseur aux vitres transparentes accentuaient ce côté et renforçaient son statut de déesse. De plus, Athéna, en plus d’être perçue comme une figure angélique, possédait un aspect sensuel à la limite de l’érotisme par une de ces apparitions, un peu kitch, où elle portait un bustier métallique en or.

lundi 17 janvier 2011

Cassandre/Clytemnestre










Ces images ne seront peut être pas d'une grande utilité mais voici ce que chacun des rôles ci-dessus évoquent pour moi:

Deuxième image: extraite du film La Reine Margot de Patrice Chéreau, elle rejoint un peu l'idée de Marine, une Cassandre masquée cependant je suis sûre qu'avec de la peinture c'est aussi réalisable, qui serait prisonnière de ses visions, de sa folie. Ce masque noir permettrait aussi de faire ressortir le blanc des yeux, ainsi les Cassandre(s) pourraient écarquiller leurs yeux au maximum comme pour faire ressortir une "démence".

Les autres images: Rien de nouveau pour Clytemnestre, du sang, avec la jaquette du livre La Reine Margot (image 1), donc comme je l'avais proposé jeudi, du blanc, cheveux détachés, peut être sous la combinaison on aurait un marcel blanc et nous pourrions rajouter un drap blanc autour de la taille, ca féminise un peu et c'est pratique il n'y a pas beaucoup a faire. Et puis pourquoi cette image? elle me fait penser, en plus du crime très sanglant, une phrase de mon texte qui dit "il y a assez de souffrance, assez de sang sur nous". Les image 3 et 5 reprend les idées que je viens d'expliquer. C'est une photographie tirée du film Carrie au bal du diable de Brian de Palma. Elles correspondent tout à fait à la Clytemnestre que je prévois de représenter.
L'image 4 (très belle) me fait penser a une Clytemnestre qui vomirait son crime, comme dans la mise en scène de Peter Stein où l'encyclène vomit les cadavres! Cette aussi une facon d'interpréter, de représenter le meurtre d'Agamemnon.
L'image 6 représente toujours Carrie dans le film de Brian de Palma. Cependant elle représente les deux facettes de Clytemnestre. Une première facette (gauche) reine/épouse aimante (d'ailleurs Carrie est aussi la reine dans ce passage) et une autre facette (droite) meurtrière.
Cynthia

vendredi 14 janvier 2011

Maquillage Cassandre.



















: Le porté de Nataly dans. Rappelez vous c'était l'année dernière! Des recherches de maquillages pour les sirènes. Pourquoi pas les transposés à Cassandre que nous avons dit noire ! Noire car elle vient d'une terre brulée et noircit par Agamemnon, parce qu'elle a été souillée, salie par celui-ci. Elle est perdue entre ses visions et la réalité, noir, pour les cendres, pour son futur, parce qu'elle n'est plus qu'une ombre qui s'avance vers son irrémédiable destin.
Elle est esclave, elle est témoin du futur, elle est impuissante... Elle voit tout mais personne ne croit ce qu'elle rapporte de ses visions! L'obscurité grandit autour d'elle! La réponse pour Cassandre c'est la couleur noire! Tantôt, la bouche porte de la parole, tantôt, les yeux, réceptacle de ses visons, toujours une partie d'elle la plonge dans les ténèbres.

La photo avec le maquillage autour des yeux le front etc.... peut rapporter le phénomène des visions de Cassandre, cela contribue aussi aux thèmes du masque et des apparences comme pour Clytemnestre. Cela durcit le regard déforme légèrement le visage, ici le nez est tordu l'expression exagérée, comme si Cassandre lorsqu'elle rentrait en transe se défigurait.
La photo avec le masque sur la bouche donne l'impression que le véritable mal est là! Celui de l'impuissance, car personne ne la croit. Cela donne un effet de muselière et rappel sa position d'esclave.
Séparant le visage en deux, les propositions mettent en avant l'opposition et le déchirement de Cassandre entre ses visions et son incapacité à se faire comprendre. L'opposition de la vision, la vérité et la parole. Cela met en avant la complexité du personnage de Cassandre.

Une soirée Novarina à votre porte !

Notre partenaire nous gâte : à L'Apostrophe, une Soirée Novarina - notamment rencontre avec quatre metteurs en scène qui ont tous monté du Novarina : Claude Buchwald, Marie Ballet, Jean Bellorini et Thomas Quillardet
C'est le 27 janvier à 18h
à L’-Théâtre des Arts / Cergy-centre

Petit point technique

J'ai enregistré vos prénoms dans les libellés : pour signer votre message, faites le dans la case "libellés pour ce message". Ce serait bien de libeller ainsi tous vos précédents messages : j'ai commencé, mais c'est trop laborieux pour un homme seul. Si chacune le fait pour ses propres messages, ça ira plus vite !
N'oubliez pas non plus quand vous publier un message d'entrer en libellé les mentions "jdb" ou "jdb créatif", le titre de l'oeuvre au programme concerné. Il faut penser aux libellés comme à une indexation qui permettra au jury (et à nous) de circuler de différentes manières dans le blog : par auteur, donc, par rubrique, par oeuvre, etc.
Tout cela prend en tout cas une densité et une ampleur de très bonne augure : je félicite toutes les contributrices !

Le Mausolée de l'empereur Qin.



Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO il à été découvert en 1974. S'étendant sur environ 56km², creusé dans la montagne, le mausolée du premier empereur chinois Qin Shi Huandgi de son vrai nom Zhen Ying (IIIème siècle av J-C) est composé du tombeau et de grandes fausses contenant huit mille statues de soldats datant de 210 av. J-C. Cette armée, dite « l'armée enterrée » était destinée à garder le tombeau de l'empereur. Ceux qui participèrent à la construction du mausolée, près de 700 000 personnes furent tous emmurés dans les vestiges pour ne pas divulguer ce qu'ils contiennent.





Ces huit mille statues en terre furent cuites dans des fours à une chaleur d’environ 900 °C, puis décorées et colorées. La plupart de ces statues en terre cuite représentent des fantassins, on y trouve également des archers, des chars, des cavaliers et généraux. Ils peuvent mesurer jusqu'à 2m. Aucune de ces statues n'a le même visage, et tous portent un arme (épée, arc, arbalète), certaine d'entre elles sont toujours affûtées grâce à une fine couche de chrome qui permit de conserver le tranchant de ces armes.
Il semblerait que l'empereur ait souhaité être entouré, jusque par-delà la mort de moyens pour affronter l'éternité. Dans certaines légendes, l'armée reprendrait vie dès lors qu'un intrus pénétrait dans le mausolée. Un imposant dispositif, pour un grand trésor!







La tombe elle-même se trouve à environ 1,5 kilomètre à l'ouest de l'armée enterrée. La tombe contiendrait, le corps de l'empereur Qin Shi Huangdi, une reproduction de son empire, avec des rivières de mercure coulant éternellement, et un plafond constellé de perles, représentant la voûte étoilée. On dit aussi qu'elle contiendrait les tombes de 48 concubines, enterrées vivantes avec lui. La tombe serait gardée également par des pièges et des trappes équipées d’arbalètes, installées, par l'empereur pour protéger sa dépouille des pillards. En effet le mausolée entier contiendrait des trésors de grandes valeurs. Le piège le plus connu et le plus insurmontable reste un lac de mercure qui surplombe la tombe et protège l'entrée de la tombe où repose le sarcophage et la momie de Qin. Toute pénétration entraînerait le déversement de ce lac de mercure à l'intérieur de la tombe, le détruisant à jamais.






Dans notre travail l'armée enterrée fait notamment échos à la mise en scène d'Agamemnon d'Ariane Mnouchkine où elle reconstitue en moins grand évidement une armée de statues. Un élément qui prolonge son idée de transposer la distance historique, en distance géographique, avec ces nombreuses références à la culture asiatique. Cela fait bien sure référence à l'armée dévastatrice d'Agamemnon. Une masse dans laquelle le spectateur circule avant de rejoindre les gradins afin d'amorcer la magie du dépaysement.