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mardi 23 novembre 2010

samedi 19 juin 2010

LES PHOTOS DU SPECTACLE !



Bon, d'accord, la plupart sont floues, peu lisibles, bougées, mal cadrées, à peine perceptibles, mal éclairées.
Mais au moins elles gardent trace de ce beau moment.
Consultez-les aussi en suivant le lien suivant : http://picasaweb.google.com/prof.julien.dieudonne/UlysseRaconteParPenelopeS17Juin2010?feat=directlink

vendredi 18 juin 2010

LAST BUT NOT LEAST

Bravo une troisième fois que vous avez été si dynamiques et si enlevées au milieu de la foule déchaînée !!!
Moi je suis fier comme tout et content et très fatigué et aussi un peu triste que ce roboratif travail soit derrière nous.
Bref : je me sens tout drôle.
Pas vous ?

mercredi 16 juin 2010

EYES WILD SHUT

Hey, les filles !
Il faut impérativement apporter demain un oeil de boeuf tout frais : j'ai du jeter ceux qui restaient et qui infestaient le frigo de l'administration ! Une horreur !
Qui s'y colle ?
Dites-moi vite, que je sache.

mardi 15 juin 2010

Nausicaa : aïe aïe aïe

Finalement, la salle 311 sert pour le bac...
Il a donc fallu l'évacuer : les agents de service ont tout mis dans le dépôt...
Il faudra donc la réinstaller jeudi (enlever les tables d'examen, installer, désinstaller, remettre les tables d'examen).
Haut les coeurs ! Souquons ferme sans faiblir !
Le théâtre est un sport de combat.

lundi 14 juin 2010

En route pour la joie

Deuxième à l'énergie : de la joie, de l'envie, du rythme, du plaisir.
WOOOOOOOOOOOOOOOOOW : bravo !
Bon, y a bien eu une défection inédite (c'est qui la prochaine ? qu'elle le dise, qu'on sache à l'avance, qu'on ne s'angoisse pas.... NON, en fait : INTERDIT d'être malade, patraque, pas bien , un peu chougneuse, migraineuse, dérangée, perturbée, nerveuse à mort, crampée du ventre, un peu vomiteuse, ou quoi que ce soit jeudi : INTERDIT !) quelques petits soucis techniques, quelques couacs : autant de défis pour la dernière !!!!
Faudra mettre le feu pour les courageux qui zappent France-Mexique !
Cette dernière, on la dédicacera à Marc "allez les Bleus" P. !
On emporte tout, on remballe l'année dans un grand coup de vent et on chante en coeur : "Mais si c'est vraiment Ulysssssssssssssseuh rentrééééééééééé chez LUI...."

mercredi 9 juin 2010

En route vers la deuxième...

Bravo que vous avez été comme ça tellement énergiques et joyeuses et engagées et concentrées !
Des athlètes, vraiment !
Le public a été littéralement ravi et moi-même je suis resté bouche bée comme un enfant devant certains tableaux qui fonctionnent incroyablement même (surtout ?) quand on en connaît les ficelles.
Maintenant, il faut souquer ferme vers la deuxième !
Lundi, sur le pont, 17 heures pétantes !
D'ici là, si certaine sont l"envie et le courage de ranger un peu le local, de mettre de l'ordre pour préparer les mises, ce ne serait pas du luxe.
Moi, je suis bloqué en conseil de classe entre 17h45 et 19h45... (c'est la classe dont je suis P.P. : impossible d'y échapper...)
Mais Marc sera là et bien là et comme il sèche la dernière il est puni : il devra être avec vous sur tous les fronts !
Dès que ça joue, je suis là, bien sûr.
Et bien là.

mercredi 2 juin 2010

Ithaque - 1 / France - 0

Vous ne l'avez sans doute pas encore remarqué : le jeudi 17 juin, il y a un match de la Coupe du Monde de football avec la France...
Et ça, ce n'est pas bon pour nous : c'est une rude concurrence !
Je vous propose de lutter contre les éléments déchaînés et de faire de cette représentation l'occasion d'un manifeste des 18 Pénélope(s) : toutes ensemble contre le règne machiste du foot !
Invitez les copines et les copains allergiques au foot (il y en a), les professeur(e)s à vous soutenir en venant en priorité ce jour-là.
Bien sûr, il ne faut pas non plus qu'il n'y ait personne les autres jours...
Mon petit doigt me dit qu'un illustre metteur en scène préférera le foot au théâtre... devinez qui ?

lundi 31 mai 2010

RUSH HOUR !

Affiche de Morgane
Affiche d'Alice 1
Affiche d'Alice 2
Ca y est : tout s'accélère !
Le théâtre est un art de l'urgence...
Je poste ici les affiches format A4 d'Alice et de Morgane (mais pas les grands formats, mon scan ne veut pas... ni celle de Clémence, qui est très réussie aussi, n'a pas le bon titre et contient une faute d'orthographe problématique sur le nom d'Homère, transformé en héros de dessin animé...). Je les trouve super toutes les trois.
Je veux bien d'autres propositions (je note les affiches qu'on me rend...) pour celles qui auraient "oublié" de me les confier ce lundi...
Ce serait bien de faire un flyer à partir de l'une d'entre elles (ou même de plusieurs) : un format A5 recto/verso avec au verso l'affiche format réduit de moitié (A5 = 1/2 A4) et au verso un court texte de présentation, une sorte de note d'intention qui explique rapidement les extraits retenus (peut-être la liste des épisodes représentés ?) et le parti pris de m/s (le côté "raconté par Pénélope(s)", la déambulation ?)
Ce doit être en N/B.
Il faut le faire vite et me le donner pour que je le fasse photocopier : l'idée est de le distribuer après la bande annonce apéritive et, éventuellement, en guise de programme au moment des représentations.
QUI S'Y COLLE ?

Autre chose : Demain, TEMPÊTE DANS LA SALLE POLY : pensez à apporter de quoi faire souffler tous les vents de Poséidon !

jeudi 13 mai 2010

Le titre...

Après une longue et disputée délibération avec Marc, nous avons retenu le titre suivant pour notre chef d'oeuvre :
Ulysse raconté par Pénélope(s)
A vos affiches !

dimanche 11 avril 2010

Tissus Banquet

Bonjour,
Voici quelques tissus que je suis allée chercher chez Mondial Tissus hier pour la scène du Banquet chez Alcinoos.
Je pensais mettre celui avec les têtes de Boudha sur les rideaux du fond ... ?!

Voilà voilà.

Ce tissu pour accrocher au rideau noir du fond de la salle Poly







lundi 5 avril 2010

La Reine, Banquet chez Alcinoos - Episode III



Un petit aperçu de la future Reine d'Alcinoos...
Des idées de costumes pour le Roi (Nataly) ?
Des remarques sur le choix du costume de la Reine ?

J'étais partie sur l'idée d'une Reine avec une natte ! Oui, je voulais vraiment cette fichue natte... Mais, manque de cheveux, j'ai trouvé une perruque, une perruque "grecque". J'y ai ajouté le petit ruban doré (sois dit en passant, trouvé par hasard !). J'ai rajouté quelques accessoires sans trop en mettre non plus... Ma robe est rouge et longue, je l'aurais plutôt consacrée à une Médée plus qu'à la femme du Roi Alcinoos, mais j'aime le côté "rouge terre" qui, à mon avis, colle assez bien avec l'image que "l'on" peut se faire des Grecs !
Pour le maquillage... Je voulais à la base quelque chose de bronze, mais le résultat était moyen, on ne voyait pas beaucoup, et cela m'écrasait terriblement le regard... J'ai opté pour du doré, qui rappelle le côté Riche, Reine, et qui claque un peu ! Un petit trait d'eye liner marron pour rehausser tout ça, un peu d'ombre à paupière marron pailleté et noire sur les côtés et voilà. C'est plutôt "sobre" mais ça rend bien. J'ai associé le marron au doré pour faire comme un petit rappel de la robe !

Des questions ?

mercredi 17 mars 2010

LA SCENE DU MASSACRE : LES PHOTOGRAPHIES DE CINDY SHERMAN

Le tableau du massacre des prétendants abordé hier est prometteur. Il sera d'autant plus réussi que la vision des cadavres sera saisissante pour le spectateur, créera un malaise mêlé d'effroi : oeil figé, corps démantibulé, etc.
Dans cette optique, le travail de la photographe contemporaine américaine Cindy Sherman (elle est née en 1954) peut constituer une source d'inspiration.
La spécificité de son travail, c'est qu'elle se met soigneusement en scène en s'affublant de postiches, perruques, maquillages dans des compositions dérangeantes qui questionnent notamment la place assigné à la femme et la part du simulacre et du masque dans la société et les mass-médias contemporains.
Sa série des Untitled Film Stills (1978), où elle pastiche les photographies de plateau des films américains de série B des années 1950 peut nourrir votre imaginaire et vos propositions.
Mais il est intéressant de découvrir son travail, au-delà même du prétexte de notre création, tant elle fait partie des plus grands photographes et artistes de sa génération. Sa récente série de Clowns, par exemple, est très puissante : elle provoque un rire grotesque, un rire étranglé, un rire d'effroi.

samedi 13 mars 2010

SCOOP : la chanson de la comédie musicale

A parler/chanter à la manière de Jacques Demy...

Pénélope
Le saisissement est dans mon âme,
Je ne puis prononcer un mot ni questionner
Ni même le regarder en face

Ulysse
Parce que je suis sale et couvert de haillons,
Elle ne peut me respecter ni croire que c'est moi

Pénélope
Mais, si c'est vraiment Ulysse...

Ulysse
Parce que je suis sale et couvert de haillons,
Elle ne peut me respecter ni croire que c'est moi

Pénélope
Mais, si c'est vraiment Ulysse rentré chez lui,
Nous nous reconnaîtrons l'un et l'autre sans difficulté
Car il est entre nous certains signes cachés
Que nous sommes seuls à connaître.

Ulysse
Parce que je suis sale et couvert de haillons,
Elle ne peut me respecter ni croire que c'est moi

Pénélope
Malheureux, ce n'est point indifférence ni hauteur
Ni dépit de ma part : je sais ce que tu fus
Quand tu quittas Ithaque sur la barque aux longues rames

Ulysse
Ô femme !

Pénélope
Portez le lit solide hors de la chambre
Garnissez-le de toisons, de manteaux et de draps chatoyants.

Ulysse
Femme, ce mot que tu as dit m'a meurtri l'âme.
Qui donc a déplacé mon lit ? C'eût été malaisé
Même au plus habile homme...

Pénélope
Ne m'en veux pas Ulysse...

Ulysse
Car il est un secret dans la structure de ce lit:
Je l'ai bâti tout seul
Dans la cour s'élevait un rejet d'olivier feuillu
Dru, verdoyant, aussi épais qu'une colonne.
Je bâtis notre chambre autour de lui,
De pierres denses, je la couvris d'un bon toit.

Pénélope
Ne m'en veux pas Ulysse...

Ulysse
Je coupai la couronne de l'olivier
Et en taillant le tronc à la racine, avec le glaive
Je la planai savamment et l'équarris au cordeau
Pour faire un pied de lit

Pénélope
Ne m'en veux pas Ulysse...

Ulysse
Pour l'achever, je polis le reste du lit
En l'incrustant d'argent, d'ivoire et d'or.
Voilà le secret dont je te parlai ;
Mais je ne sais si mon lit est encore en place,
Ô femme, ou si déjà un autre, pour le déplacer,
A coupé la racine.

Pénélope
Ne m'en veux pas, Ulysse, toi qui fut toujours le plus sensé des hommes :
Les dieux nous ont élus pour le malheur,
Nous enviant la douceur de rester auprès l'un de l'autre
Pour goûter la jeunesse et atteindre le seuil de l'âge.
Et aujourd'hui, ne va pas te fâcher ni me blâmer
De ne pas t'avoir tout de suite ouvert les bras !
En effet, tout au fond de moi, mon coeur toujours
Redoutait que quelqu'un ne vint ici pour me tromper
De ses discours : il en est tant qui ne pensent qu'à mal !
Maintenant que tu m'as décrit le signe indubitable
De notre lit qu'aucun mortel n'a vu,
Mon coeur est convaincu.

Ulysse
Ô femme, viens, allons au lit, pour qu'enfin
Etendus, nous goûtions aux douceurs du sommeil...

Pénélope
Ton lit te recevra aussitôt qu'il plaira
A ton âme !


jeudi 4 février 2010

Faire des recherches iconographiques : des pistes pour le massacre des prétendants

L'enjeu pour le groupe qui va s'atteler à l'épisode 9 (Marine, Natali, Cynthia et Charlène), c'est de parvenir à construire un tableau saisissant dans l'amphithéâtre du Lycée : le spectateur doit être saisi d'effroi et d'horreur et l'image doit être composée de façon à marquer les esprits et à entrer en écho avec le récit du massacre déclamé par une récitante.
Bien sûr, il faut revenir au texte (le massacre occupe la totalité du chant XXII ! Ni Homère ni Ulysse n'y vont pas de main morte).
Mais on peut aussi chercher du côté de la peinture puisqu'il s'agit bien de créer et de composer un tableau, d'organiser des matières, des volu
mes, des couleurs et des formes à partir des corps des camarades.
En tapant "massacre des prétendants" dans Google, on tombe sur des images directement inspirées d'Homère, comme celle-ci, qui provient d'un vase grec du IVème siècle avant J-C et où la profusion et la confusion des corps, l'impression de mouvement et de mêlée chaotique est intéressante à analyser.
Mais une recherche iconographique ne se contente pas d'être littérale. Par association d'idées, on peut aller du massacre des prétendants à celui des Innocents, épisode de la Bible qui a inspiré beaucoup de peintres parmi les plus grands, et où la recherche
d'une expression saisissante de la violence par le mouvement des corps et l'orchestration des volumes et des lignes ne peut qu'inspirer.

On rencontre alors les célébrissimes tableaux de Rubens.
Ce qui nous amène, en élargissant encore d'un cran la recherche et en suivant le fil de nos idées, à une autre célébrissime toile : Guernica de Picasso, où l'expression de la tragédie sanglante a trouvé une apogée.
Bien sûr, collecter des images ne suffit pas : ce qui compte c'est d'analyser les moyens convoqués par l'artiste pour exprimer la violence et de s'en inspirer en les transposant sur le plateau.
Mais cela, c'est votre affaire...

mercredi 27 janvier 2010

Réécriture Chant IX

Voilà la réécriture du Chant IX (les Cyclopes)
-Morgane, Élodie, Alice, Amanda-

" (L'ingénieux Ulysse alors lui répondit:)
« Nous reprîmes alors la mer avec tristesse,
heureux d'être vivants mais pleurant nos compagnons morts.
Nous atteignîmes un pays de hors-la-loi, les Cyclopes.
Ils habitent le haut des plus hautes montagnes
en des antres profonds.
Lorsque parut la fille du matin, l'aube aux doigts roses,
je réunis mes gens et je leur déclarai:
« Restez ici pour le moment,
Moi avec mon bateau et mes seuls compagnons,
j'irai sonder ces gens, apprendre qui ils sont,
si ce sont des violents et des sauvages sans justice
ou des hommes hospitaliers, craignant les dieux. »
Sue ces mots je montai à bord, et j'invitai mes gens
à monter à leur tour et à larguer l'amarre.
Mais comme nous touchions à cette terre peu lointaine,
au bout du cap, nous vîmes une grotte sur la mer.
Là vivait un géant.
C'était un monstre gigantesque.
Bientôt nous arrivâmes à son antre; il n'était pas
chez lui car il menait ses gras troupeaux dans les pacages.
Il rentra, nous aperçut et nous demanda:
« Qui êtes-vous? D'où venez vous? »
A ces mots, notre cœur éclata,
effrayés par sa voix profonde et sa grande taille.
Néanmoins je luis dis en guise de réponse:
« Nous sommes des Achéens venant de Troie.
Nous voici donc à tes genoux
dans l'espoir que tu nous accueilles et que, de plus,
tu nous fasses un don, selon la coutume des hôtes. »
Je dis. Ce cœur cruel ne me répondit rien
mais, sautant sur mes gens en étendant les bras,
il en pris deux d'un coup, et comme de chiots, sur le sol
les assomma. La cervelle en giclant le sol mouilla le sol.
Découpés membre à membre, il en fit son souper.
Il les mangea sans rien laisser, entrailles, chair et os remplis de moelle.
Puis, lorsque le Cyclope eut bien rempli sa vaste panse de chair humaine,
il s'étendit dans l'antre.
Lorsque parut l'aube divine
il fit sortir ses gras troupeaux,
sans peine déplaçant la grande porte,
puis il la ferma sur nous comme un couvercle
et je restais à chercher ma revanche.
Or voici le projet que mon cœur jugea le plus sage:
Nous aiguisâmes un pieu d'olivier,
ensuite j'ordonnai à mes gens de tirer au sort
celui qui oserait avec moi le soulever
et le tourner dans l'œil quand le doux sommeil le prendrait.
Vers le soir le cyclope revint, ramenant ses brebis laineuses.
Puis, soulevant l'énorme bloc il, il en boucha l'entrée.
Il attrapa deux autres de mes gens pour son repas.
C'est alors que j'approchai pour lui parler,
tenant entre mes mains la jatte de vin noir:
« Tiens Cyclope, bois ça pour arroser ces chairs humaines. »
Il prit la jatte, la vida, le doux nectar
le ravi à tel point qu'il en redemanda:
« Sois gentil, donne m'en encore, et dis moi ton nom,
que je te fasse un cadeau qui te plaise! »
Ainsi dit-il, trois fois je l'en servis, et trois fois l'imprudent le but.
Puis, quand le vin lui eut embrumé les esprits,
je lui soufflai ces mots aussi doux que du miel:
« Je m'appelle Personne , et Personne est le nom
que mes parents et tous mes autres compagnons me donnent. »
A ces mots, il repartit d'un cruel cœur:
« Eh bien, je mangerai Personne le dernier
et les autres d'abord. Voilà le don que je te fais! »
Le sommeil le gagna, de sa gorge du vin jaillit
et des morceaux de chair humaine.
Mes compagnons, s'emparant du pieu d'olivier acéré,
l'enfoncèrent dans l'œil; moi, appuyant par en dessous,
je tournai.
Ainsi, tenant dans l'œil le pieu affûté à la flamme,
nous tournions, et le sang coulait autour du pieu brûlant.
Partout sur la paupière et le sourcil grillait l'ardeur
de la prunelle en feu; et ses racines grésillaient.
Il poussa un rugissement, la roche en retentit,
nous nous enfuîmes apeurés; alors, il arracha
le pieu qu'un sang nombreux salissait de son œil.
En entendant ses cris, les Cyclopes habitant les grottes des alentours
accoururent de partout et, demeurés dehors, lui demandèrent se ennuis:
« Quel mal t'accable Polyphème, pour que tu cries ainsi
dans la céleste nuit, et nous empêche de dormir?
Serait-ce qu'on te tue par la ruse ou la force? »
Du fond de l'antre, le grand Polyphème répondit:
« Par la ruse, et non par la force, amis! Mais qui me tue? Personne! »
En réponse, on lui dit ces paroles:
« Si tu est seul et si nul ne te fait violence,
contre la maladie qui vient de Zeus, on ne peut rien. »
Ils s'éloignèrent sur ces mots, et mon âme riait
de les voir abuser par mon nom et par ma personne.
Le Cyclope geignant et torturé de douleur,
Vint enlever en tâtonnant le bloc d'entrée.
Sans bruit, je liai mes hommes sous des béliers d'épaisse toison.
Les bêtes aussitôt bondirent vers le pâturage.
Embarqués promptement
mes compagnons frappèrent de leur rame la mer grise.
Mais, quand on se trouva à la portée d'un cri,
je lançai ce discours moqueur à Polyphème:
« Cyclope, si jamais quelque mortel
t'interroge sur ta cécité,
dis-lui que tu la dois à Ulysse, Fléau des villes,
fils de Laërte et noble citoyen d'Ithaque! »
A ces mots, il me répondit en gémissant:
« Hélas! Voilà les vieilles prédictions réalisées!
Il y avait ici un noble et grand devin.
C'est lui qui me prédit que des mains d'Ulysse je perdrait la vue...
Mais moi je m'attendais à voir venir ici
un grand et beau guerrier, doué d'une extrême vigueur:
et c'est un petit homme, un lâche, un rien du tout
qui vient me crever l'œil en me noyant de vin!
Mais viens un peu, ami, que je te fasse mon cadeau!
Je demanderai ton retour au Maître de la terre, il est mon père. »
A ces mots, il pria le seigneur Poseidon.
« Écoute Poseidon , Maître des terres!
Si je suis vraiment ton fils, toi qui prétend m'avoir fait
empêche de rentrer chez lui cet Ulysse, Fléau des villes!
Mais, si son sort est de revoir les siens,
de revenir dans sa belle demeure et sur le sol de son pays,
que ce soit après bien de maux, tous ses compagnons morts,
pour trouver chez lui d'autres peines! »
Telle fut sa prière, et le dieu sombre l'exauça. "

Si vous en pensez quelque chose, dites-le! :)

lundi 18 janvier 2010

LE SYNOPSIS COMPLET DU TRAVAIL DE CREATION

Pour relancer un blog moribond depuis les congés de Noël, rien de mieux qu'un scoop !
Voici donc le synopsis complet de notre travail d'adaptation de l'Odyssée d'Homère en avant première.
Demain, vous en aurez copie papier.
Lisez, rêvez, imaginez pour pouvoir proposer.


Prologue – Les Dieux – Une mission sacrée (chants I et II)

Dans le hall du Lycée

Les spectateurs sont accueillis par les compagnons d’Ulysse, des marins.

Voix off : les dieux profitent de l’absence de Poséidon pour délibérer sur le sort d’Ulysse et décident son retour. Surgit Télémaque, qu’Athéna enjoint de retrouver son père.

Télémaque s’adresse à la foule des prétendants pour les avertir de son départ et les menacer.

Il part : déambulation

Episode 1 – Chez Calypso – Des adieux déchirants (chant V)

Dans une salle du Lycée : la grotte de Calypso.

Calypso tâche de retenir Ulysse, qui reste inébranlable : il rompt, et part.

Déambulation.

Episode 2 – Chez Nausicaa – Coup de foudre en Phéacie (chant VI)

Dans une autre salle : les rivages de Phéacie

Nausicaa et ses suivantes sont sur la plage et étendent du linge.

Surgit hors champ Ulysse, nu et défiguré par la saumure.

On prend un spectateur par la main, on l’élit Ulysse : on le conduit derrière des voiles, on le lave, on le vêt.

On le conduit jusqu’à la cour d’Alcinoos

Episode 3 – Chez Alcinoos – Un banquet de roi (chant VII et VIII)

Dans la salle polyvalente

Ulysse/spectateur et les autres spectateurs à sa suite sont conduits jusqu’aux pieds d’Alcinoos et Arété, souverains de Phéacie.

On les nourrit, on les sustente.

La reine invite Ulysse à se présenter, c’est-à-dire à chanter son histoire.

Episode 4 enchâssé – Chez Polyphème (chant IX)

Dans la salle polyvalente : une table/un écran

On raconte et on projette le combat d’Ulysse et du cyclope

Episode 5 enchâssé – Sur la mer déchaînée (chant X)

Une tempête s’abat sur Ulysse, ses compagnons, et sur la salle polyvalente.

Episode 6 enchâssé – Sirènes (chant X)

Les Sirènes traversent l’espace de leur enchantement.

Episode 7 enchâssé – Chez les Cimmériens (chant XI)

Ulysse et ses compagnons vont jusqu’aux Enfers entendre la prophétie de Tirésias. Voyage dans une nuit fantastique : le spectateur plongé dans le noir entend Ulysse convoquer les spectres d’Achille, de sa mère et de Tirésias

Episode 3 (fin) – Chez Alcinoos – Un banquet de roi (chant XIII)

Dans la salle polyvalente

Touchés par le récit d’Ulysse, Alcinoos accepte sa requête : il sera conduit jusqu’aux rivages d’Ithaque par les Phéaciens.

Déambulation.

Episode 8 – Rivages d’Ithaque – Une rencontre intrigante (chant XIII)

Sur le chemin, les spectateurs croisent un mendiant crasseux et dépenaillé, qui quête parmi eux, avant de les inviter à le suivre : c’est Ulysse déguisé (on le comprend en entendant la voix off d’Athéna)

Déambulation : Ulysse mendiant conduit les spectateurs jusqu’aux prétendants.

Episode 9 – Salle de banquet à Ithaque – Le massacre des prétendants (chant XXII)

Dans l’amphithéâtre

Par la vitre obstruée, les spectateurs devinent et entendent le massacre des prétendants : hurlements, giclements de sang, supplications et vociférations d’Ulysse.

Les portes s’ouvrent : l’amphithéâtre et ses marches sont jonchés de cadavres, parmi lesquels les spectateurs s’installent.

Ulysse maculé de sang trône au-dessus des cadavres.

Au centre, un récitant raconte la scène.

Episode 10 - Salle de banquet à Ithaque – Happy end (chant XXIV)

Dans l’amphithéâtre

Ulysse, ensanglanté, et Pénélope se retrouvent dans un finale de comédie musicale à la Jacques Demy : les cadavres se relèvent en marins, qui dansent et chantent pour accompagner le couple vedette.


mardi 15 décembre 2009

Choses à faire entre la bûche et le gui

Après cette séance où l'on a vu de belles choses et défini des axes de travail que j'espère clairs, rendez vous à la rentrée avec des propositions reprises, nourries, retravaillées, approfondies, précisées.
Et en sus, deux défis :
1° plus de textes en main ! Tous les textes devront être sus.
2° avoir fini ces 6 premiers tableaux aux vacances de février pour pouvoir passer à la suite
Bises au père Nono.

dimanche 13 décembre 2009

Approche du burlesque

Le tuyau jaune enroulé en boucle de La Cantatrice chauve de Lagarce me pousse à vous parler du burlesque.
Car cette présence insolite et voyante est à mon sens un clin d'oeil de Lagarce au burlesque cinématographique dans une mise en scène qui fait par ailleurs des allusions incessantes à l'univers de Jacques Tati.
L'une des premières fictions cinématographiques est en effet un film burlesque de Louis Lumière intitulé L'Arroseur arrosé : le film date de 1895. Un tuyau d'arrosage y joue le premier rôle...

Qu'est-ce que le burlesque ?
Le mot vient de l'italien burlesco, venant de burla, « farce, plaisanterie ». Le burlesque est un art du décalage.
Il est lié aux origines du cinéma : les grands maîtres du burlesque appartiennent à l'ère du muet (Charlie Chaplin, Harold Loyd, Buster Keaton, Laurel et Hardy) même si certains metteurs en scène contemporains ont prolongé leur héritage au temps du parlant - comme Jacques Tati et son Monsieur Hulot ou Blake Edwards - il faut voir ABSOLUMENT The Party dont vous trouverez ci-dessous une scène d'anthologie.

Le film burlesque repose sur un enchaînement de gags qui déclenchent des catastrophes spectaculaires et délirantes. Partant d'une situation simple et quotidienne, le burlesque enfile les événements extraordinaires jusqu'à l'irrationnel sans jamais laisser la cohérence ou la "normalité" s'installer et reprendre ses droits. Le comique qu'il met en place est violent : chutes, coups, bagarres, poursuites.
La charge explosive du burlesque vient de sa dimension corrosive et satirique : agent corrupteur, facteur de désordre, le burlesque est d'essence anarchiste : il remet en cause l'ordre établi, fait tomber les masques et les décors des apparences convenables, affole les représentants de l'ordre social et politique. C'est pourquoi la victime récurrente du gag burlesque est un agent des forces de l'ordre.
Pour le plaisir et l'efficacité de la démonstration, un petit bijou du plus grand des burlesques selon moi : Buster Keaton ou l'art de semer la zizanie dans un défilé de policiers : c'est Cops, et ça date de 1922.

Dans sa mise en scène de La Cantatrice chauve, Lagarce convoque le burlesque par divers procédés : l'allusion cryptée (le fameux tuyau d'arrosage), la citation du cinéma de Jacques Tati (les costumes années 50, le jeu sur les couleurs), le gag visuel (le chapeau de la voisine au-dessus de la haie, l'apparition tronquée du capitaine des pompiers, l'écroulement du décor).
Et c'est par le burlesque qu'il réamorce la charge explosive de la pièce de Ionesco qui s'était diluée et engluée dans la ritournelle d'une mise en scène académique.

jeudi 26 novembre 2009

LE FINALE : un feu d'artifice musical


Quelques mots sur Jacques Demy dans l'optique du projet de finale "comédie musicale".
Demy est l'un des très rares en dehors des américains à avoir abordé avec succès le genre du film musical.
Affichette promotionnelle américaine du film Les Demoiselles de Rochefort
Mais il le fait à sa manière : ses films sont moins des comédies musicales au sens américain (c'est-à-dire des films émaillés de séquences chorégraphiées et chantées) que ce qu'il appelle des films chantés : dans Les Parapluies de Cherbourg (1964), tout fait musique, tous les dialogues sont chantés, toutes les séquences sont sinon dansées du moins chorégraphiées.

C'est moins vrai pour Les Demoiselles de Rochefort (1967), même si la musique et la danse y tiennent une place primordiale.
Evidemment, ce parti pris, c'est à la fois l'étrangeté et la grâce des films de Demy : il y a toujours quelque chose de très singulier voire de d'abord grotesque à voir des scènes quotidiennes et prosaïques chantées (le premier commence dans un garage si mes souvenirs sont bons...). On peut y voir du kitsch et de l'artificiel comme sur l'affiche :
Affiche du film Les Demoiselles de Rochefort
Mais passée la première gêne, il y a un véritable enchantement, quelque chose de très profondément vivant et gracieux, qui va même jusqu'à certaine gravité (le deuxième n'hésite pas à aborder des questions très graves comme la guerre en Algérie). Comme si la danse et le chant relevaient d'une politesse du désespoir et d'une foi affirmée avec force dans la vie malgré tout.
Bref, c'est une expérience à vivre.
Dans le cadre de notre projet, il faut surtout voir les Demoiselles de Rochefort, parce qu'il y a des séquences de danse collective qui mettent en scène des marins et qu'il y a là un esprit à capturer pour tâcher de les réinvestir dans notre happy end /feu d'artifice.
Une des séquences collectives des Demoiselles qui met en scène couples d'amoureux au coeur
d'une foule
Ensuite, rien n'empêche de voir l'un des plus beaux films français des dernières années par un héritier direct de J Demy : Les Chansons d'amour de Christophe Honoré.
Bonnes projections !