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mardi 12 octobre 2010

Pacifique de Nasser Martin-Gousset jeudi 14 octobre


N'oubliez pas que nous sortons ce jeudi !
RDV bus à 18h30.
Retour prévu 21h30.
Un spectacle qui promet de dépoter !






mercredi 6 octobre 2010

Analyse de spectacle : Les Chaises Ionesco/Bondy

Comment parler des Chaises de Ionesco dans la mise en scène par Luc Bondy que l'on a vue mercredi 6 octobre aux amandiers de Nanterre ?













En appliquant rigoureusement les outils d'analyse de spectacle !
Appuyez-vous sur les documents ci-contre pour construire par exemple une analyse approfondie de la scénographie et de son évolution : au début du spectacle; au milieu ; à la fin.

Commentez le parti pris concernant les costumes et le type de jeu des comédiens dont les documents ci-dessous doivent vous rappeler la radicalité (à droite : Micha Lescot dans La Seconde surprise de l'amour, Marivaux/Bondy, 2007).














N'oubliez pas le travail sur le son et les lumières.
Ramenez l'ensemble de ces partis pris aux enjeux de signification de la pièce, et notamment au motif principal de la vieillesse et de l'approche de la mort.
(Re)lisez Fin de partie de Beckett, qui entre vivement en écho avec la proposition de Bondy et le texte de Ionesco.
Et le tour est joué !
Bon courage. Votre truc est à rendre pour le jeudi 21 octobre.

mercredi 26 mai 2010

Sortie Cartoucherie : rdv 11h30 dimanche !

Les informations pour se rendre au théâtre du Soleil, à la Cartoucherie de Vincennes :


Afin d’éviter les embouteillages qui sont fréquents y compris dans le bois de Vincennes, notamment le samedi et le dimanche, nous vous conseillons d’utiliser autant que possible les transports en commun :

En métro : "Château de Vincennes", sortie en tête de train vers la gare d’autobus où notre navette (qui stationne le long de l’avenue) fait son premier voyage 1h15 avant le début du spectacle, et le dernier, 10 minutes avant. Pour nos amis étrangers peu familiers de notre langue, le mot navette ne désigne pas ici un petit bateau, ni un élément de notre métier à tisser, ni un pousse-pousse, mais un autobus avec une pancarte "Cartoucherie" qui fait plusieurs voyages aller-retour avant et après le spectacle.

Sinon, autobus 112 jusqu’à l’arrêt "Cartoucherie".
Attention, si vous empruntez le bus 112, et si vous êtes muni d’un passe navigo zone 1 et 2, sachez qu’il vous faudra acheter dans le bus un ticket pour vous rendre à la Cartoucherie, qui, malgré sa situation dans le Bois de Vincennes, c’est-à-dire dans le 12ème arrondissement de Paris, se trouve en zone 3.
Les contrôles sont très fréquents et "impitoyables".

Vous pouvez calculer votre itinéraire RATP en suivant ce lien (inscrivez CARREFOUR DE LA PYRAMIDE, PARIS pour l’adresse d’arrivée)

En vélib’ : Station au métro Château de Vincennes. Déposez votre vélo en face de l’entrée principale du Parc Floral, route de la Pyramide. Puis 9 mn à pied pour rejoindre la Cartoucherie.

En voiture (si vous ne pouvez vraiment pas vous en passer !!!) Esplanade du Château de Vincennes puis suivre la signalisation. Un parking arboré (et gratuit…) est à votre disposition à l’intérieur de la Cartoucherie.

Un plan est disponible sur ce lien : http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/bienvenue/pour-venir-a-la-cartoucherie

jeudi 13 mai 2010

Klaxon, trompettes et pétarades de Dario Fo mis en scène par Marc Prin : la rencontre !

Dario Fo
Je vous confirme que Marc viendra accompagné de la traductrice de la pièce de Dario Fo pour parler de leur travail d'adaptation et de son projet de mise en scène,
le lundi 31 mai de 9h30 à 10h30
Il faut absolument avoir lu la pièce (à télécharger sur viescolaire.net) et avoir préparé des questions sur tout ce que vous voulez relatif à Dario Fo, à la pièce, à son contexte historique et politique, à la traduction, à l'adaptation, au projet de mise en scène (distribution, scénographie, décors, costumes, musique, etc.), à la farce, etc.
Vous trouverez une première présentation du projet dans la brochure du théâtre :
Je compte sur vous pour que cette rencontre soit fructueuse et intéressante.

samedi 13 mars 2010

Casimir et Caroline par Demarcy-Motta : quelques pistes pour l'analyse de spectacle

Les pistes ci-dessous ne sont pas exhaustives mais elles sont incontournables.
Elles confirment qu'il est décisif de posséder un bagage culturel et esthétique suffisant pour percevoir les références, allusions, citations à certains mouvements ou artistes que manque rarement de ménager une oeuvre artistique pour en mesurer les effets et les enjeux de signification et mieux en comprendre l'intention.
1. La question du contexte historique
Il devrait être possible de montrer que Demarcy-Motta, contrairement à Koek/Simons, prend le parti de bien ancrer la pièce dans son contexte historique : celui de l'Allemagne du début des années 1930, notamment à travers les costumes (cf les costumes des deux policiers, d'Eugène, etc.) et des allusions très précises à l'art de l'époque (la séance de cinéma renvoie à un mouvement artistique que je vous laisse le soin d'identifier), à l'esthétique des années 1930 (le jeu des ombres, etc...) voire à des artistes précis (les noms de Lang et Murnau sont cités, montrez que le personnage d'Eugène renvoie à M le maudit, film culte de Lang qui date de 1931 t qu'il est impératif d'avoir vu au moin sune fois dans sa vie).

Peter Lorre dans M le Maudit, Firtz Lang, 1931

2. La question scénographique

Décrivez le dispositif scénographique.

Montrez la différence des partis pris scénographiques concernant la représentation de la foire et des attractions foraines entre Simons et Koek d'une part et Demarcy-Motta d'autre part : quelle(s) place(s) nouvelle(s) tiennent les attractions, les manèges, les échoppes et le moment de l'exhibition des monstres de foire ? Comment interprétez-vous ce choix ?

Il est intéressant aussi de réfléchir sur l'importance de certains figures géométriques dans la scénographie : montrez notamment l'importance du cercle, figure particulièrement déclinée, et commentez sa signification.

Commentez l'épisode du cheval.

L'échafaudage qui occupe le fond de scène est surmonté de fils barbelés : comment l'interprétez-vous ?

3. La musique, le son, les chansons

Quelle place tiennent-ils dans la pièce ?

Les chansons vous paraissent-elles apporter joie, harmonie, légèreté ?

mercredi 17 février 2010

Nouvelles réchauffantes pour temps de grand froid

Pendant que vous vous gelez les pieds et le coeur dans la boue d'Oradour,
j'ai démarché longtemps le théâtre du Soleil
pour les supplier de nous laisser venir voir leur dernière création
Les Naufragés du fol espoir
le dimanche 30 mai à 13 heures
Cartoucherie de Vincennes

Paris-12e. M° Château-de-Vincennes, puis navette.
(rdv sur place : pique nique ?)
Voir un spectacle de Mnouchkine une fois au moins dans sa vie...
Pour vous mettre l'eau à la bouche, cet article du Monde du 16 février :









"Quel voyage ! Quand vous sortez du Théâtre du Soleil, après avoir vu les quatre heures des Naufragés du Fol Espoir, vous êtes secoué, pensif et comblé, comme après une lecture qui vous a emmené dans une enfance ouverte à tous les vents du voyage, au bout du monde et de l'utopie, avec "de l'inconnu, de l'amour, de l'aventure, de l'ambition, du danger, de l'amitié", comme l'annonce le programme.

Mais il y a beaucoup plus : ce sentiment de bonheur extraordinaire que donne le théâtre quand il est porté par un élan collectif comme celui du Soleil. Un élan capable de tout réinventer devant les spectateurs, l'enfance de l'art, le mouvement de la vie, l'envol des idées, et des images, des images, mamma mia !, aussi belles que celles de Jules Verne, dont la lecture a inspiré le spectacle d'Ariane Mnouchkine.

Les Naufragés du Fol Espoir empruntent leur titre aux Naufragés du "Jonathan", un roman difficilement trouvable (sauf par Internet), signé Jules Verne mais écrit par son fils Michel, d'après En Magellanie (Folio n° 3201), un manuscrit laissé par son père à sa mort, en 1905, et jugé trop noir par l'éditeur Hetzel. Ariane Mnouchkine et Hélène Cixous, coauteur du spectacle, se sont inspirées de ces deux livres, tout en puisant aussi dans Le Phare du bout du monde (Folio n° 4036). Mais le spectacle est totalement celui de la troupe, qui navigue entre la Terre de Feu et une guinguette bien française, Le Fol Espoir, le 29 juin 1914.

"Jamais jour n'avait été aussi lumineux !", dit une voix off. Eh oui, rien ne semble alors devoir arrêter le progrès : chaque jour apporte son lot de nouveautés - zeppelin, chemin de fer, téléphone, gramophone et cinéma, cet art naissant dont est fou Félix, le patron du Fol Espoir. Cet homme enthousiaste prête le grenier de sa guinguette à Jean, qui veut réaliser un film. Jean ne doute pas que l'art a sa part dans le grand mouvement vers l'avenir, où l'espoir de la fraternité s'ouvre aux nouvelles générations. Il se lance dans son entreprise : tourner l'histoire d'émigrants partis en bateau de Cardiff, en 1895, pour rejoindre l'Australie, et échoués en Terre de Feu, dans un désert d'eau et de glace.

Ainsi, le plateau du Soleil est porté par un double mouvement, liant le théâtre et le cinéma. Et c'est merveille de voir comment tout cela s'agence et avance. Il n'y a rien dans le grenier de la guinguette. Il faut bricoler des décors, trouver les comédiens, dompter la technique. Tout le monde s'y met, accrochant des filins à des poulies, tirant des décors peints, inventant mille astuces. La première scène montre Rodolphe de Habsbourg dans le pavillon de chasse de Mayerling, en Autriche, en 1889. Il est assassiné à cause de son credo révolutionnaire, qu'il partage avec son ami Jean Salvator : "Au XXe siècle, il y aura une nation extraordinaire, elle s'appellera l'Europe. Deux siècles plus tard, elle s'appellera l'Humanité."

Jean Salvator échappe aux meurtriers de Rodolphe. On le retrouvera en Terre de Feu, où se croisent des utopistes et des requins capitalistes, des missionnaires et de pauvres hères, des amoureux et des solitaires, sur cette terre des Indiens Alakalufs menacés par la cupidité des colonisateurs. C'est fou tout ce qu'on traversera, dans cette épopée tournée en France au moment où l'Europe bascule. Au fil des jours, la vie devient électrique dans le grenier où le temps presse : la guerre est déclarée le 3 août 1914, et le film n'est pas terminé.

Voilà tout ce que raconte le spectacle du Soleil, qui revendique l'innocence et donne autant que les rêves peuvent imaginer : les vagues furieuses du cap Horn, des tempêtes de neige et des scènes d'aventure restituées avec une invention et une beauté à couper le souffle, des moments graves et d'autres burlesques. Mais, plus fort que tout, il y a cet esprit de troupe porté par le désir de ne jamais renoncer. En ce sens, Les Naufragés du Fol Espoir racontent aussi l'histoire du Théâtre du Soleil, qui fête ses quarante-cinq ans. Là aussi, quel voyage !"Brigitte Salino

vendredi 29 janvier 2010

Les Règles du savoir vivre dans une société moderne de Jean-Luc Lagarce dans la mise en scène de François Berreur







Hey, pssssssitttt !
Vous trouverez des ressources pour l'inévitable analyse de spectacle sur www.lagarce.net.
Un extrait vidéo (le début) et beaucoup de photos du spectacle qui peuvent être un bon support mémoriel.
Par exemple, les deux images ci -dessus peuvent être d'une bonne aide pour vous rappeler le trajet accompli par le personnage principal et comment il se marque dans le corps et le jeu de l'actrice, dans son costume et dans la scénographie.
Bon courage !

dimanche 24 janvier 2010

Piqûre de rappel

DON't FORGET
Nous allons voir
Les Règles du savoir-vivre
de Jean Luc Lagarce (auteur contemporain décisif au programme de Terminale cette année encore)
mise en scène de François Berreur
au théâtre de Sartrouville
jeudi 28 janvier prochain à 19h30
RDV car 18h45 Retour prévu 22h15
Et vous savez quoi ?
On va rire !
(pour une fois...)

dimanche 13 décembre 2009

Approche du burlesque

Le tuyau jaune enroulé en boucle de La Cantatrice chauve de Lagarce me pousse à vous parler du burlesque.
Car cette présence insolite et voyante est à mon sens un clin d'oeil de Lagarce au burlesque cinématographique dans une mise en scène qui fait par ailleurs des allusions incessantes à l'univers de Jacques Tati.
L'une des premières fictions cinématographiques est en effet un film burlesque de Louis Lumière intitulé L'Arroseur arrosé : le film date de 1895. Un tuyau d'arrosage y joue le premier rôle...

Qu'est-ce que le burlesque ?
Le mot vient de l'italien burlesco, venant de burla, « farce, plaisanterie ». Le burlesque est un art du décalage.
Il est lié aux origines du cinéma : les grands maîtres du burlesque appartiennent à l'ère du muet (Charlie Chaplin, Harold Loyd, Buster Keaton, Laurel et Hardy) même si certains metteurs en scène contemporains ont prolongé leur héritage au temps du parlant - comme Jacques Tati et son Monsieur Hulot ou Blake Edwards - il faut voir ABSOLUMENT The Party dont vous trouverez ci-dessous une scène d'anthologie.

Le film burlesque repose sur un enchaînement de gags qui déclenchent des catastrophes spectaculaires et délirantes. Partant d'une situation simple et quotidienne, le burlesque enfile les événements extraordinaires jusqu'à l'irrationnel sans jamais laisser la cohérence ou la "normalité" s'installer et reprendre ses droits. Le comique qu'il met en place est violent : chutes, coups, bagarres, poursuites.
La charge explosive du burlesque vient de sa dimension corrosive et satirique : agent corrupteur, facteur de désordre, le burlesque est d'essence anarchiste : il remet en cause l'ordre établi, fait tomber les masques et les décors des apparences convenables, affole les représentants de l'ordre social et politique. C'est pourquoi la victime récurrente du gag burlesque est un agent des forces de l'ordre.
Pour le plaisir et l'efficacité de la démonstration, un petit bijou du plus grand des burlesques selon moi : Buster Keaton ou l'art de semer la zizanie dans un défilé de policiers : c'est Cops, et ça date de 1922.

Dans sa mise en scène de La Cantatrice chauve, Lagarce convoque le burlesque par divers procédés : l'allusion cryptée (le fameux tuyau d'arrosage), la citation du cinéma de Jacques Tati (les costumes années 50, le jeu sur les couleurs), le gag visuel (le chapeau de la voisine au-dessus de la haie, l'apparition tronquée du capitaine des pompiers, l'écroulement du décor).
Et c'est par le burlesque qu'il réamorce la charge explosive de la pièce de Ionesco qui s'était diluée et engluée dans la ritournelle d'une mise en scène académique.

vendredi 11 décembre 2009

Incendies de Wajdi Mouawad : des documents pour l'analyse


Hier, spectacle et pièce chocs à Sartrouville.
En ce qui me concerne, un mélange d'émotions fortes : je retrouvai aussi un texte que nous avions monté avec Marc et vos prédécesseurs en 1L il y a deux ans et le souvenir de notre travail en surimpression augmentait encore l'intensité d'un spectacle qui fonctionne déjà très bien tout seul.
Pour vous aider à analyser ce travail, animé d'une si belle confiance dans le théâtre et dans l'homme (c'est la même chose...), malgré tout, malgré l'homme lui-même, je compte vous poser quelques questions précises.
Et je vous propose aussi quelques documents qui vous aideront à vous remémorer le spectacle et à réfléchir.
Plusieurs proviennent du Sang des promesses (Actes Sud, Léméac, 2009), un livre regroupant divers documents relatifs à la mise en scène du quatuor Littoral, Incendies, Forêts et Ciels que Mouawad, artiste associé, a présenté dans la cour d'honneur du Palais des Papes en Avignon l'été dernier.
La perspective de retrouver Mouawad l'an prochain avec vous me serre le coeur.

Maquette de la scénographie d'Incendies pour la représentation à la Cour d'honneur du palais des Papes, Avignon, 2009

mercredi 2 décembre 2009

SORTIE MOUAWAD : APPEL A CANDIDATES

Nous n'irons pas voir la trilogie Mouawad le samedi 12 décembre comme initialement prévu : un dysfonctionnement a empêché que nos réservations soient validées !!!
Tant pis.
Mais le théâtre de Sartrouville propose un lot de consolation : 25 places pour aller voir
JEUDI 10 DECEMBRE A 20h30 (vraiment 20h30)
GRATUITEMENT
Incendies
,
du même Mouawad, un des volets de la trilogie, une pièce magnifique, dense, une sorte de réécriture contemporaine de la tragédie de Roméo et Juliette.
Il faut vous débrouiller pour y aller par vos propres moyens : impossible d'obtenir un car dans un si bref délai.
Qui est intéressée ?
Je vous rappelle que le-dit Mouawad sera au programme de Terminale spécialité théâtre l'an prochain : c'est à dire demain, pour vous...
Répondez-moi vite via ce blog ou mail après avoir organisé un petit sondage dans votre groupe.

mardi 1 décembre 2009

Sortie du mercredi 2 décembre : Médée à Nanterre

Nous avons un nouveau et dernier rendez-vous avec MÉDÉE demain.
C'est une variation africaine : le texte d'Euripide est revisité par un auteur contemporain, Max Rouquette, et Jean-Louis Martinelli, le patron du théâtre des Amandiers de Nanterre, le met en scène avec des comédiens africains.
Evidemment, il sera intéressant pour nous en quoi et comment la figure de Médée est reconfigurée par ce double geste.
Et d'envisager le travail de la mise en scène à l'aune des questions dramaturgiques que l'on s'est posé : la représentation de l'infanticide, par exemple.
RDV devant le lycée pour prendre le car à 19h.
Représentation à 20h30.
Retour au lycée à 23h.

vendredi 27 novembre 2009

La Cantatrice chauve dans la mise en scène de Jean-Luc Lagarce reprise par François Berreur : la notion de kitsch

Hier soir, donc, ce fut La Cantatrice chauve.
En guise d'analyse de spectacle, j'ai l'intention de vous poser quelques questions relatives à la scénographie, aux costumes et à la matière sonore.
En partant de cette photographie du spectacle :
On en reparle lundi.
Mais je voulais vous parler du kitsch, notion mouvante et difficile à cerner sur laquelle Lagarce paraît bien avoir construit une bonne partie de sa mise en scène.
Qu'est-ce que le kitsch ?

Le mot kitsch est un mot allemand, introduit en 1960 dans la langue française.

Dans le vocabulaire esthétique, le mot kitsch s'applique souvent à des oeuvres ou des objets surchargés, baroques, inauthentiques et de mauvais goût. En histoire de l'art, au XIXème siècle, on parlait de "style pompier" (ce qui renvoie directement à Ionesco !)

Kitsch connote de façon plus contemporaine l’artifice, l’inauthenticité, la superficialité. En ce sens, il a aussi une acception morale : le kitsch est un monde artificiel et clinquant où tout est faux et truqué, un monde vide et obscène.

Pour mieux en saisir la dimension esthétique et la charge satirique et corrosive, on peut aller voir du côté d'un très grand photographe britannique contemporain, Martin Parr.

Voici quelques unes de ses images, plus parlantes que tout commentaire...


Série Playas, 2009


Série How we are : Photographing Britain, 2007


Ocean Dome Bath center (Centre nautique Dôme Océan), 2007


Pig Pink Cakes, 1989, Série "Common Sense" ("sens commun")




mercredi 25 novembre 2009

ALERTE SORTIE !!

Alerte !
Un bug dans le tableau distribué en début d'année est en train d'enclencher des catastrophes en série.
Les optionnaires théâtre de 1L1 (vous !) doivent aller voir demain
JEUDI 26 NOVEMBRE
A SARTROUVILLE
"LA CANTATRICE CHAUVE"
A 19H30
RDV CAR 18h45 RETOUR PREVU 23h
Faites passer d'urgence...

lundi 19 octobre 2009

Quelques mots sur Casimir et Caroline

Un enfant fiévreux m'empêche de vous retrouver aujourd'hui.
Voici ce que je comptais vous dire en guise de reprise des questions d'analyse dramaturgique autour de Casimir et Caroline.

1. Le choix de l'adaptation

Le parti pris est clairement celui de l'adaptation contemporaine et non celui de la reconstitution historique. Les signes du contemporain sont multipliés, techniques et technologiques notamment : néon, voiture, chaises plastiques, ordinateur. Les costumes renvoient soit à la dimension festive, carnavalesque (comme ceux des musiciens-saltimbanques), soit à une époque indéterminée, mais plutôt contemporaine. Le costume n'a pas de fonction référentielle historique.

La volonté est donc de favoriser l'effet de miroir tendu d'une époque à l'autre : comme si le contexte d'aujourd'hui, celui de la crise financière et de la désespérance sociale, répétait celui de la société munichoise de 1932, càd de la grande Crise de 1929, du chômage de masse et de la montée d'Hitler et du nazisme.

Ce choix énonce donc un parti pris politique : les metteurs en scènes cherchent à faire un théâtre d'intervention qui met en débat la société d'aujourd'hui, oblige les spectateurs à s'interroger sur les valeurs dominantes de la société, les relations sociales et entre les sexes, etc. Mettre en scène Casimir et Caroline, c'est adresser une mise en garde.


2. Scénographie

La fête foraine est présente par les lumières, les bruits, le mouvement, mais n'est pas représentée. Les attractions notamment sont suggérées hors champ. Ce sont les bruitages, les cris et/ou le jeu des comédiens, le jeu de leurs regards qui créent implicitement les attractions sans les montrer de façon réaliste : on voit le Zeppelin à travers les yeux des personnages, le jeu du comédien transforme les tubulures de la structure en jeu de force, les montagnes russes s'imposent par bruitages et cris.

Ainsi, le pari quasi impossible de montrer les attractions énoncées par le texte est-il résolu par la suggestion : l'imagination du spectateur supplée les indices et lui permettent de reconstituer mentalement un hors scène.

Du coup, l'attraction foraine fonctionne surtout ici comme une métaphore. Par exemple, aller sur les montagnes russes pour Caroline, c'est céder à la tentation de quitter Casimir et de le tromper avec plus puissant et plus prometteur que lui, de vivre une vie plus intense et plus « haute », bref de « s'envoyer en l'air ». De même, le jeu de force qui ouvre la pièce met-il en exergue le problème central du personnage de Casimir : ce colosse est au pied d'argile, fragilisé par son licenciement. ; sa démonstration de force ne peut s'exercer que dans le cadre dérisoire d'une attraction de foire.

Mais ce qui intéresse visiblement scénographe et metteur en scène dans l'espace de la fête foraine c'est le fait que ce soit un espace publique de circulation, de rencontres et d'échanges où les rapports sont à la fois apparemment libérés des contraintes sociales et rendus plus brutaux par cette licence. Et l'évacuation des événements les plus festifs, même s'ils sont transposés en chansons et moment de comédie musicale, font que d'emblée la fête sonne aigre, menace de virer mal, est triste, voire sordide, glauque, dangereuse : c'est avant tout un moment de libération des affects et des désirs, des pulsions. Ce qui circule, ce sont bière, nourriture, désir et argent (le plateau est souillé successivement par la bière, la glace et les billets de monnaie).

Le dispositif présente de vastes et hauts échafaudages superposés qui offrent autant d'espaces de jeu simultanés et/ou alternés, multiplient les plans et les actions. Le regard du spectateur, dynamisé par la circulation incessante des comédiens et des musiciens (à part celle de Casimir, accidentelle mais significative : il est cloué au sol), est sans cesse attiré par de micros-événements ou des mouvements annexes, à la fois cadré et décentré.

Bien sûr, c'est d'abord une façon de rendre le contexte singulier de la fête, de la foire, de la masse des fêtards et des actions : mouvements, circulations, traversées – un tourbillon.

C'est aussi une façon de poser l'interaction qui est au coeur de la pièce entre intimité du couple et de l'amour et situation sociale : la rupture entre Casimir et Caroline se fait sous les yeux d'autres personnages, en public, en accord ou en contraste avec le contexte immédiat de la fête. D'une certaine façon, l'intimité amoureuse est posée dans l'espace publique et devient une question indémaillable de la question sociale et politique.


3. Musique

La musique est omniprésente. Le niveau sonore est élevé : bruitages, musique, voix amplifiées, voix fortes.

Ainsi est rendu le malstrom d'une fête foraine. C'est sa première fonction – représenter une fête que le dispositif scénographique a choisi de suggérer. Ainsi la musique crée de l'espace : ses effets de bruitage suggèrent des attractions hors champ, son assourdissement crée soudain une frontière entre un espace intérieur et un espace extérieur.

Elle accompagne les moments joués ; elle joue comme contrepoint ou amplification. C'est sa fonction dramatique, voire lyrique : elle assure la montée dramatique; elle crée de l'émotion.

Elle alterne moment de chants collectifs et moment de chansons solitaires : c'est sa fonction dramaturgique. Elle recoupe ainsi un des enjeux centraux de la pièce qui est la contiguïté et l'interprénétrabilité des espaces intimes et publiques, privés et collectifs, amoureux et sociaux.

Elle propose aussi des intermèdes: elle est au coeur de moments chantés et fait du spectacle une comédie (ou une tragédie?) musicale, un opéra populaire. C'est du théâtre musical.


jeudi 8 octobre 2009

Analyse de spectacle : Casimir et Caroline


Je vous ai promis pour mardi trois questions sur Casimir et Caroline d'Ödön von Horvath dans la mise en scène de Johan Simons et Paul Koek que nous avons vue mercredi 7 octobre au théâtre des Amandiers de Nanterre.
Conseils pour vous y préparer :
- (re)lisez le programme du spectacle
- reprenez vos notes et synthétisez ce que vous avez pu observer concernant les trois axes sur lesquels je vais vous interroger : la question du contexte historique de la pièce (fête de la bière à Munich en 1932); la scénographie; la musique.
Bon courage !