
N'oubliez pas que nous sortons ce jeudi !
le blog de la 1L et de la TL théâtre du lycée Montesquieu d'Herblay






Les informations pour se rendre au théâtre du Soleil, à la Cartoucherie de Vincennes :
Afin d’éviter les embouteillages qui sont fréquents y compris dans le bois de Vincennes, notamment le samedi et le dimanche, nous vous conseillons d’utiliser autant que possible les transports en commun :
En métro : "Château de Vincennes", sortie en tête de train vers la gare d’autobus où notre navette (qui stationne le long de l’avenue) fait son premier voyage 1h15 avant le début du spectacle, et le dernier, 10 minutes avant. Pour nos amis étrangers peu familiers de notre langue, le mot navette ne désigne pas ici un petit bateau, ni un élément de notre métier à tisser, ni un pousse-pousse, mais un autobus avec une pancarte "Cartoucherie" qui fait plusieurs voyages aller-retour avant et après le spectacle.
Sinon, autobus 112 jusqu’à l’arrêt "Cartoucherie".
Attention, si vous empruntez le bus 112, et si vous êtes muni d’un passe navigo zone 1 et 2, sachez qu’il vous faudra acheter dans le bus un ticket pour vous rendre à la Cartoucherie, qui, malgré sa situation dans le Bois de Vincennes, c’est-à-dire dans le 12ème arrondissement de Paris, se trouve en zone 3.
Les contrôles sont très fréquents et "impitoyables".
Vous pouvez calculer votre itinéraire RATP en suivant ce lien (inscrivez CARREFOUR DE LA PYRAMIDE, PARIS pour l’adresse d’arrivée)
En vélib’ : Station au métro Château de Vincennes. Déposez votre vélo en face de l’entrée principale du Parc Floral, route de la Pyramide. Puis 9 mn à pied pour rejoindre la Cartoucherie.
En voiture (si vous ne pouvez vraiment pas vous en passer !!!) Esplanade du Château de Vincennes puis suivre la signalisation. Un parking arboré (et gratuit…) est à votre disposition à l’intérieur de la Cartoucherie.

Peter Lorre dans M le Maudit, Firtz Lang, 1931
2. La question scénographique
Décrivez le dispositif scénographique.
Montrez la différence des partis pris scénographiques concernant la représentation de la foire et des attractions foraines entre Simons et Koek d'une part et Demarcy-Motta d'autre part : quelle(s) place(s) nouvelle(s) tiennent les attractions, les manèges, les échoppes et le moment de l'exhibition des monstres de foire ? Comment interprétez-vous ce choix ?
Il est intéressant aussi de réfléchir sur l'importance de certains figures géométriques dans la scénographie : montrez notamment l'importance du cercle, figure particulièrement déclinée, et commentez sa signification.
Commentez l'épisode du cheval.
L'échafaudage qui occupe le fond de scène est surmonté de fils barbelés : comment l'interprétez-vous ?
3. La musique, le son, les chansons
Quelle place tiennent-ils dans la pièce ?
Les chansons vous paraissent-elles apporter joie, harmonie, légèreté ?
Pendant que vous vous gelez les pieds et le coeur dans la boue d'Oradour,"Quel voyage ! Quand vous sortez du Théâtre du Soleil, après avoir vu les quatre heures des Naufragés du Fol Espoir, vous êtes secoué, pensif et comblé, comme après une lecture qui vous a emmené dans une enfance ouverte à tous les vents du voyage, au bout du monde et de l'utopie, avec "de l'inconnu, de l'amour, de l'aventure, de l'ambition, du danger, de l'amitié", comme l'annonce le programme.
Mais il y a beaucoup plus : ce sentiment de bonheur extraordinaire que donne le théâtre quand il est porté par un élan collectif comme celui du Soleil. Un élan capable de tout réinventer devant les spectateurs, l'enfance de l'art, le mouvement de la vie, l'envol des idées, et des images, des images, mamma mia !, aussi belles que celles de Jules Verne, dont la lecture a inspiré le spectacle d'Ariane Mnouchkine.
Les Naufragés du Fol Espoir empruntent leur titre aux Naufragés du "Jonathan", un roman difficilement trouvable (sauf par Internet), signé Jules Verne mais écrit par son fils Michel, d'après En Magellanie (Folio n° 3201), un manuscrit laissé par son père à sa mort, en 1905, et jugé trop noir par l'éditeur Hetzel. Ariane Mnouchkine et Hélène Cixous, coauteur du spectacle, se sont inspirées de ces deux livres, tout en puisant aussi dans Le Phare du bout du monde (Folio n° 4036). Mais le spectacle est totalement celui de la troupe, qui navigue entre la Terre de Feu et une guinguette bien française, Le Fol Espoir, le 29 juin 1914.
"Jamais jour n'avait été aussi lumineux !", dit une voix off. Eh oui, rien ne semble alors devoir arrêter le progrès : chaque jour apporte son lot de nouveautés - zeppelin, chemin de fer, téléphone, gramophone et cinéma, cet art naissant dont est fou Félix, le patron du Fol Espoir. Cet homme enthousiaste prête le grenier de sa guinguette à Jean, qui veut réaliser un film. Jean ne doute pas que l'art a sa part dans le grand mouvement vers l'avenir, où l'espoir de la fraternité s'ouvre aux nouvelles générations. Il se lance dans son entreprise : tourner l'histoire d'émigrants partis en bateau de Cardiff, en 1895, pour rejoindre l'Australie, et échoués en Terre de Feu, dans un désert d'eau et de glace.
Ainsi, le plateau du Soleil est porté par un double mouvement, liant le théâtre et le cinéma. Et c'est merveille de voir comment tout cela s'agence et avance. Il n'y a rien dans le grenier de la guinguette. Il faut bricoler des décors, trouver les comédiens, dompter la technique. Tout le monde s'y met, accrochant des filins à des poulies, tirant des décors peints, inventant mille astuces. La première scène montre Rodolphe de Habsbourg dans le pavillon de chasse de Mayerling, en Autriche, en 1889. Il est assassiné à cause de son credo révolutionnaire, qu'il partage avec son ami Jean Salvator : "Au XXe siècle, il y aura une nation extraordinaire, elle s'appellera l'Europe. Deux siècles plus tard, elle s'appellera l'Humanité."
Jean Salvator échappe aux meurtriers de Rodolphe. On le retrouvera en Terre de Feu, où se croisent des utopistes et des requins capitalistes, des missionnaires et de pauvres hères, des amoureux et des solitaires, sur cette terre des Indiens Alakalufs menacés par la cupidité des colonisateurs. C'est fou tout ce qu'on traversera, dans cette épopée tournée en France au moment où l'Europe bascule. Au fil des jours, la vie devient électrique dans le grenier où le temps presse : la guerre est déclarée le 3 août 1914, et le film n'est pas terminé.
Voilà tout ce que raconte le spectacle du Soleil, qui revendique l'innocence et donne autant que les rêves peuvent imaginer : les vagues furieuses du cap Horn, des tempêtes de neige et des scènes d'aventure restituées avec une invention et une beauté à couper le souffle, des moments graves et d'autres burlesques. Mais, plus fort que tout, il y a cet esprit de troupe porté par le désir de ne jamais renoncer. En ce sens, Les Naufragés du Fol Espoir racontent aussi l'histoire du Théâtre du Soleil, qui fête ses quarante-cinq ans. Là aussi, quel voyage !"Brigitte Salino





Le mot kitsch est un mot allemand, introduit en 1960 dans la langue française.
Dans le vocabulaire esthétique, le mot kitsch s'applique souvent à des oeuvres ou des objets surchargés, baroques, inauthentiques et de mauvais goût. En histoire de l'art, au XIXème siècle, on parlait de "style pompier" (ce qui renvoie directement à Ionesco !)
Kitsch connote de façon plus contemporaine l’artifice, l’inauthenticité, la superficialité. En ce sens, il a aussi une acception morale : le kitsch est un monde artificiel et clinquant où tout est faux et truqué, un monde vide et obscène.
Pour mieux en saisir la dimension esthétique et la charge satirique et corrosive, on peut aller voir du côté d'un très grand photographe britannique contemporain, Martin Parr.
Voici quelques unes de ses images, plus parlantes que tout commentaire...

Série Playas, 2009

Série How we are : Photographing Britain, 2007

Ocean Dome Bath center (Centre nautique Dôme Océan), 2007

Pig Pink Cakes, 1989, Série "Common Sense" ("sens commun")
1. Le choix de l'adaptation
Le parti pris est clairement celui de l'adaptation contemporaine et non celui de la reconstitution historique. Les signes du contemporain sont multipliés, techniques et technologiques notamment : néon, voiture, chaises plastiques, ordinateur. Les costumes renvoient soit à la dimension festive, carnavalesque (comme ceux des musiciens-saltimbanques), soit à une époque indéterminée, mais plutôt contemporaine. Le costume n'a pas de fonction référentielle historique.
La volonté est donc de favoriser l'effet de miroir tendu d'une époque à l'autre : comme si le contexte d'aujourd'hui, celui de la crise financière et de la désespérance sociale, répétait celui de la société munichoise de 1932, càd de la grande Crise de 1929, du chômage de masse et de la montée d'Hitler et du nazisme.
Ce choix énonce donc un parti pris politique : les metteurs en scènes cherchent à faire un théâtre d'intervention qui met en débat la société d'aujourd'hui, oblige les spectateurs à s'interroger sur les valeurs dominantes de la société, les relations sociales et entre les sexes, etc. Mettre en scène Casimir et Caroline, c'est adresser une mise en garde.
2. Scénographie
La fête foraine est présente par les lumières, les bruits, le mouvement, mais n'est pas représentée. Les attractions notamment sont suggérées hors champ. Ce sont les bruitages, les cris et/ou le jeu des comédiens, le jeu de leurs regards qui créent implicitement les attractions sans les montrer de façon réaliste : on voit le Zeppelin à travers les yeux des personnages, le jeu du comédien transforme les tubulures de la structure en jeu de force, les montagnes russes s'imposent par bruitages et cris.
Ainsi, le pari quasi impossible de montrer les attractions énoncées par le texte est-il résolu par la suggestion : l'imagination du spectateur supplée les indices et lui permettent de reconstituer mentalement un hors scène.
Du coup, l'attraction foraine fonctionne surtout ici comme une métaphore. Par exemple, aller sur les montagnes russes pour Caroline, c'est céder à la tentation de quitter Casimir et de le tromper avec plus puissant et plus prometteur que lui, de vivre une vie plus intense et plus « haute », bref de « s'envoyer en l'air ». De même, le jeu de force qui ouvre la pièce met-il en exergue le problème central du personnage de Casimir : ce colosse est au pied d'argile, fragilisé par son licenciement. ; sa démonstration de force ne peut s'exercer que dans le cadre dérisoire d'une attraction de foire.
Mais ce qui intéresse visiblement scénographe et metteur en scène dans l'espace de la fête foraine c'est le fait que ce soit un espace publique de circulation, de rencontres et d'échanges où les rapports sont à la fois apparemment libérés des contraintes sociales et rendus plus brutaux par cette licence. Et l'évacuation des événements les plus festifs, même s'ils sont transposés en chansons et moment de comédie musicale, font que d'emblée la fête sonne aigre, menace de virer mal, est triste, voire sordide, glauque, dangereuse : c'est avant tout un moment de libération des affects et des désirs, des pulsions. Ce qui circule, ce sont bière, nourriture, désir et argent (le plateau est souillé successivement par la bière, la glace et les billets de monnaie).
Le dispositif présente de vastes et hauts échafaudages superposés qui offrent autant d'espaces de jeu simultanés et/ou alternés, multiplient les plans et les actions. Le regard du spectateur, dynamisé par la circulation incessante des comédiens et des musiciens (à part celle de Casimir, accidentelle mais significative : il est cloué au sol), est sans cesse attiré par de micros-événements ou des mouvements annexes, à la fois cadré et décentré.
Bien sûr, c'est d'abord une façon de rendre le contexte singulier de la fête, de la foire, de la masse des fêtards et des actions : mouvements, circulations, traversées – un tourbillon.
C'est aussi une façon de poser l'interaction qui est au coeur de la pièce entre intimité du couple et de l'amour et situation sociale : la rupture entre Casimir et Caroline se fait sous les yeux d'autres personnages, en public, en accord ou en contraste avec le contexte immédiat de la fête. D'une certaine façon, l'intimité amoureuse est posée dans l'espace publique et devient une question indémaillable de la question sociale et politique.
3. Musique
La musique est omniprésente. Le niveau sonore est élevé : bruitages, musique, voix amplifiées, voix fortes.
Ainsi est rendu le malstrom d'une fête foraine. C'est sa première fonction – représenter une fête que le dispositif scénographique a choisi de suggérer. Ainsi la musique crée de l'espace : ses effets de bruitage suggèrent des attractions hors champ, son assourdissement crée soudain une frontière entre un espace intérieur et un espace extérieur.
Elle accompagne les moments joués ; elle joue comme contrepoint ou amplification. C'est sa fonction dramatique, voire lyrique : elle assure la montée dramatique; elle crée de l'émotion.
Elle alterne moment de chants collectifs et moment de chansons solitaires : c'est sa fonction dramaturgique. Elle recoupe ainsi un des enjeux centraux de la pièce qui est la contiguïté et l'interprénétrabilité des espaces intimes et publiques, privés et collectifs, amoureux et sociaux.
Elle propose aussi des intermèdes: elle est au coeur de moments chantés et fait du spectacle une comédie (ou une tragédie?) musicale, un opéra populaire. C'est du théâtre musical.
